SV! E U B L ES ET BOITES
Destinés à contenir les Collections
La première de toutes les conditions pour conserver intacte une collection d'insectes est de la préserver entièrement du contact de l'air.
La plupart des entomologistes ont adopté des boîtes de carton, ayant une profondeur de 6 à 7 centimètres, de 30 centimètres environ de longueur et de 20 à 22 centimètres de large ; elles ferment hermétiquement et peuvent se placer
droites sur des rayons, comme des livres dans une bibliothèque ; des inscriptions placées sur le dos de ces boîtes indiquent l'ordre, la famille et le genre des insectes qu'elles contiennent.
J'ai trouvé plus commode de faire faire un meuble composé d'un corps de tiroirs de 60 centimètres de largeur sur 30 centimètres de profondeur.
Ces tiroirs, en bois blanc léger, ont un fond garni de liège, ferment hermétiquement, se tirent au moyen de deux anneaux, et sont recouverts par une porte qui ferme le tout et empêche l'air et la poussière de pénétrer dans le meuble.
Les insectes placés dans ce meuble depuis quinze ans n'ont pas souffert la moindre altération , et cela sans le secours d'aucune préparation ni préservatif.
Presque tous les lieux servent de retraite k quelques espèces d^insectes; presque toutes les plantes en nourrissent d'autres. Les unes vivent seulement pendant quelques jours, les autres ne se montrent qu^à certaines heures ; plusieurs cherchent les plus ardents rayons du soleil, et il en est beaucoup qui, au contraire, ne se plaisent que dans l'obscurité. Ainsi partout, et presque en tout temps, Pentomologiste peut trouver de Inoccupation et employer utilement des connaissances qu'il devra plutôt à ses observations qu^aux instruc-
tiens qui lui seraient données. Les pages suivantes indiquent cependant, aussi complètement qu'il est possible de le faire, la direction que le naturaliste doit donner à ses recherches pour les rendre fructueuses, et les espèces qu'il doit trouver dans chaque saison aux différentes heures du jour et dans les diverses localités.
Il trouvera ensuite les méthodes les plus convenables pour recueillir, élever et conserver les larves et les chenilles, ce qui est indispensable pour obtenir particulièrement de beaux papillons.
Dès les premiers jours du mois de mars, on peut commencer des recherches avec succès, surtout quand la température est douce; on trouvera à cette époque, sous les pierres, derrière les parties d’enduit qui se détachent des vieux murs, sous les amas de broussailles humides, sous les écorces de vieux arbres, des larves et des insectes parfaits de différentes espèces.
On visitera le pied des arbres, et en creusant avec soin les terres, poussières mobiles et brindilles qui y sont souvent amassées, on trouvera à 4 ou 6 centimètres de profondeur des larves et des insectes.
Plus tard, et lorsque la végétation commencera à se développer, on verra paraître avec elle les insectes qu'elle nourrit. On trouvera dans les
terres labourées, dans les sillons qui bordent les sentiers et sous les mottes de terre, des Méloës, des Mélyresâtres, des Byrrhes et (plusieurs espèces de Carabiques ; et quand il fait une forte chaleur, le Grillon champêtre., et un grand nombre de mouches diverses.
Tous les Coléoptères peuvent se prendre sans danger avec les * doigts, mais les insectes munis seulement d'ailes membraneuses sont en grande partie armés de dards don b la piqûre est fort douloureuse ; il faut donc les prendre au vol avec le filet de gaze. On le lance avec vitesse à la rencontre de l'insecte, qui voltige le plus ordinairement autour des plantes qui ont nourri ses larves, en faisant en sorte qu'il se présente à lui dans toute la largeur de son ouverture ; dès qu'il y est entré, on tourne rapidement le poignet de manière que l'ouverture du filet se: trouve fermée par ce mouvement •; on saisit alors i'inseéte captif, soit avec lês doigts, soit avec la pince avec laquelle on lui presse le corselet au-dessous des ailes, et on le pique avec une épingle pour le placer dans la boîte de chasse.
Ce procédé est employé pour tous les insectes que l'on peut prendre au vol, et pour les papillons qui, par la nature de leurs ailes fragiles, exigent un soin particulier.
Les Coléoptères à couleurs sombres peuvent être jetés dans la fiole décrite ci-dessus, ce qui éviterat les pertes de temps et l'encombrement de la boîte.
Les lieux arides et sablonneux, comme on en rencontre dans les forêts de Fontainebleau et de Saint-Germain, au bois de Boulogne, à Romainville, etc., offrent des Cicindèles, qu'il est assez difficile de prendre à cause de leur vol irrégulier, de leurs poses assez fréquentes et de leur extrême vivacité ; desCimbex, des Lethrus, Céphalotes, des Staphylins, etc. Si les sables sont mobiles, on y trouve le Carabe arénaire, le Sphex arénaire, le Manticore; la Iule, l'Hélops glabre, les Scarites. Si dans ce terrain sablonneux il existe une exploitation, un trou, un fossé profond et aux bords rapides, [il faut en visiter le fond, on y trouvera toujours un nombre plus ou moins considérable d'insectes, qui, après y être tombés, ne peuvent plus en sortir parce que leur pattes font ébouler le sable qui ne leur présente pas de point d'appui.
Les bois et les forêts offrent de nombreuses richesses à l'entomologiste ; dès les premiers rayons du jour il rencontrera des insectes sur le bord des chemins, il approchera avec précaution des buissons, des touffes isolées, tenant toujours son il let prêt à envelopper les insectes qui s'offriront
à sa vue; il doit^ dans cette circonstance y agir avec vivacité, car beaucoup d'espèces se laissent tomber au moindre bruit et disparaissent dans les feuillages, tandis que d'autres prennent leur vol et fuient rapidement.
Les tiges des hautes herbes portent des Charançons, des Taupins, des Coccinelles; il faut visiter avec soin le dessous des feuilles, derrière lesquelles se réfugient les insectes qui évitent le grand jour ou la chaleur. On peut étendre avec précaution un morceau de toile blanche sous l'abrisseau ou le buisson, puis frapper fortement le pied de ces plantes, tous les insectes qu'ils recèlent tombent à l'instant, et on les ramasse aisément sur le linge; à l'aide de ce procédé, indiqué par Bosc, on obtient souvent des espèces très -curieuses qu'on se procurerait difficilement d'une autre manière, à cause de leur petitesse ou de leur couleur qui, étant analogue à celle des feuilles ou des tiges, empêche de les distinguer.
Les écorces des vieux arbres, celles surtout qui commencent à se détacher du tronc, cachent presque toujours des insectes, tels que les ïps, les Bostriches les Scolytes, les Termites, les Follicules, les Buprestes et plusieurs espèces qui en font leur habitation ordinaire ou qui y ont trouvé un abri contre les rigueurs de l'hiver.
Dans les trous de ces vieux arbres, et parmi les détritus de la substance ligneuse dubois, on trouve des larves, des Calosomes et plusieurs espèces de Carabes.
L'été, à la chute du jour, et surtout quand le ciel est couvert et le temps très-chaud et lourd, les Cérambix sortent des trous des vieux arbres, voltigent ou se promènent sur les écorces ; souvent on aperçoit les longues antennes des Lamies et des Capricornes qui s'avancent au bord des trous ; on les saisit avec lès pinces, mais sans les tirer brusquement, car l'insecte se cramponnerait dans l'intérieur et on casserait l'antenne sans le faire sortir, mais il faut l'amener doucement par de petites secousses réitérées qui le fatiguent et l'entraînent de plus en plus hors de sa retraite. Ces insectes et les Lucanes (Cerf-volant) sont communs dans les environs de la mare d'Auteuil au bois de Boulogne.
On ramassera dans les champignons les Diapères, les Sphérides, les Nitidules.
Dans les jardins, la corolle des fleurs offrira des Cétoines, des Clytres, des Lagris, des Bombix, des Nomades, des Criocères , etc., et une assez grande variété de papillons : c'est le cas de faire [usage de la pince à filet ; on saisit à 1a, fois, entre les deux côtés, la fleur et l'insecte,
et Ton s'empare alors facilement de ce dernier.
Les prairies à hautes herbes et les luzernes sont riches en Crysomèles, Coccinelles, Taupins, Charançons, Mantes, Phalènes, Papillons, etc. On les recueillera en grand nombre, en faisant usage du troubleau. On passe vivement ce filet sur les plantes, comme si on les fauchait et on lui donne en le relevant un mouvement de rotation qui empêche de sortir les insectes qui y sont tombés ; cette manœuvre procure souvent des espèces rares qu'il ne serait pas facile d'obtenir autrement, surtout sur les plantes aquatiques qui bordent les ruisseaux, les canaux, ou qui avoisinent les étangs; ces dernières localités sont peuplées de Libellules, de Tipules, de Doncies, de Géléruques, d'Éophores, etc.
On ne doit approcher d'un étang ou d'un dépôt d'eau stagnante qu'avec précaution, sans faire de bruit, et dans une direction telle que les rayons du soleil ne puissent projeter l'ombre de votre corps sur la surface de l'eau. Les Hydrophiles, les Dystiques, les Notonectes, les Coxises, les Driops, les Nèpres, les Gyrins, qui les habitent, s'effrayent pour la plupart facilement et disparaissent au moindre danger.
Plusieurs de ces insectes se montrent à de courts intervalles à la surface de l'eau, où ils
viennent respirer* puis s'enfoncent pour reparaître bientôt; il faut saisir avec vivacité le moment favorable de les prendre avec le troubleau., et quand on n’en aperçoit plus venir, quand on s’est emparé des Gyrins qui tournent avec une incroyable vivacité, et des autres espèces visibles, on plonge l’instrument sur les bords de l’étang, ou de la mare, on le retire avec précaution , et il est rare qu’il ne rapporte pas des insectes et des larves.
Les espèces aquatiques se trouvent surtout dans les mares des forets où l’eau, sans être corrompue, est peu profonde, chaude et tranquille, dans les fossés remplis de roseaux et de plantes. Plusieurs endroits de la forêt de Montmorency sont fort riches en espèces variées ; on en trouve aussi sur les bords du canal de l’Ourcq et dans les fossés qui l’avoisinent.
Les Monocles , les Crevettes marécageuses, les larves des Friganes , des Libellules, des Cousins, etc., habitent de préférence les eaux bourbeuses des marais.
Plusieurs espèces de Carabiques vivent sur les sables humides, près des cours d’eau, dans lé voisinage des étangs ou des marais, et dévorent les larves aquatiques et les corps d’insectes noyés ; ils se rassemblent en grand nombre sous les pierres
les plus près de l'eau, sous les débris de roseaux, de paille et de brindilles du rivage, qu'il faut soulever et écarter avec célérité, pour ne pas donner le temps de fuir aux individus qu'ils recouvrent.
c( Quelques-unes des plus rares s'enterrent dans le sable, ou n'en sortent que lorsque avec un bâton enfoncé dans le sol on démolit leurs retraites. » %
En général les lieux humides, tels que les bords de la rivière des Gobelins, les marais de la Glacière, les ruisseaux autour de Saint-Denis, surtout à l'est, quelques ruisseaux des bois de Meudon et les localités analogues, doivent être visités par les entomologistes de Paris qui pourront y accroître considérablement leurs collections.
Une récolte particulière appelle le chasseur d'insectes sur les terrains où paissent les bestiaux et surtout les vaches les bouzes de ces animaux renferment ou recouvrent une très-grande variété de Scarabées, de Bousiers, d'Escarbots, ainsi que des Staphy liens , des larves de plusieurs espèces de Diptères.
Dans la journée il faut soulever les bouses ; on trouvera entre elles et le sol une multitude de petits insectes et des trous ronds, de quelques millimètres de diamètre, qui sont Feutrée de retraites de plusieurs autres que l'on pourra découvrir à
Paide d'un couteau ou de tout autre instrument qui puisse servir à fouir la terre.
Le soir, presque tous ces animaux sortent des matières qui les contiennent, voltigent, bourdonnent et peuvent être pris avec le filet.
Poursuivre avec fruit la branche de Phistoiré naturelle qui nous occupe, et obtenir la série complète des insectes, il ne faut pas reculer devant quelques inconvénients, mais vaincre au contraire certaines répugnances. Ainsi pour trouver cette classe assez nombreuse qui semble avoir été créée par la nature pour faire disparaître de la surface de la terre les restes hideux des êtres plus volumineux, et purger Pair des exhalaisons délétères, il ne faut pas s'éloigner des cadavres d'animaux qui gisent çà et là dans la campagne, et qui sont dévorés en peu de temps par les Nécrophores, les Boucliers, les Dermestes, les Escarbots et par les larves des Staphyliens et de plusieurs genres de mouches.
Les charognes offriront toujours à l'entomologiste des espèces qu'il ne pourrait pas trouver ailleurs, et qui s'éloignent et disparaissent aussitôt qu'elles ne trouvent plus sur un squelette desséché les moyens de satisfaire leur dégoûtante voracité.
Les dépôts d'ordures, les cloaques, servent de retraite et nourrissent les Forficules, les Trox, les Ténébrions, quelques Carabes, les Podures, les
Pimelies, les Hélops, les Iules, les Scolopendres. Les parties sombres et humides des maisons offrent les Blaps, les Elaphères, les Cloportes, les Erodies, les Lépismes ; celles au contraire qui sont chaudes et sèches montrent les Blattes, les Dermestes, les Grillons domestiques et plusieurs sortes de mouches.
On trouve encore dans l'intérieur des habitations : les Araignées, les Scolopendres, quelques pspèces d'Hémiptères, les Tipules, les Cousins, les Phalènes, les Teignes, les Pinces, les Mittes; enfin sur les animaux domestiques : le Taon, l'OEstre, l'Hippobosque, le Stomoxe, P Asile, le Pou.
Nous avons dit au commencement de cet article que la chasse aux papillons demandait quelques soins particuliers ; en effet, ces insectes sont si fragiles, il faut si peu de chose pour les gâter, leur enlever leur fraîcheur et leurs brillantes couleurs, qu'il est nécessaire de saisir le moment favorable de s'en emparer.
Les papillons diurnes cherchent l'ardeur du soleil, et c'est pendant que cet astre darde ses rayons qu'il faut les chasser, sur la lisière des bois, sur les fleurs des jardins, dans les prairies, et sur les terres cultivées, à l'époque de la floraison des plantes, et sur les arbres dont les feuilles ont nourri leurs chenilles. Il est assez difficile de
les prendre en Fair, à cause de Firrégularité de leur vol, mais comme ils se reposent fréquemment, on les suivra, et aussitôt qu^ils s'arrêteront sur une plante ou sur le sol on lancera le filet de gaze ; quand un papillon se trouve dans le filet, il faut Fy saisir, placer son corselet entre le pouce et Findex et le presser de manière à Fétouffer, sans écraser son corps, car si on le pique avant de Favoir tué, il se débat sur Fépingle, frappe des ailes et se décolore ou se brise en peu de temps. Quand il ne donne plus aucun signe de vie, on renverse le filet et on passe une épingle par le milieu du corselet pour le placer dans la boîte de chasse ; il faut ensuite Fétendre convenablement et lui donner une bonne position en employant les moyens donnés à Farticle Préparation et Conservation des insectes .
(( Quelques espèces on t la vie extrêmement dure, et cette précaution de les étouffer avec les doigts ne suffit pas; on emploie alors un autre moyen, qui consiste à leur passer une épingle en travers dans la poitrine, au-dessous de Finsertion des ailes, afin de maintenir celles-ci en position et de les empêcher de se gâter en battant continuellement sur le liège de la boîte ; enfin on emploiera tous les moyens que Fon pourra imaginer pour leur conserver de la fraîcheur et de Féclat. »
Dans la journée les papillons nocturnes se tiennent cachés dans i les lieux sombres* sur le tronc des arbres très-ombragés* sur les vieux murs qui offrent des enfoncements obscurs* sous les pierres ou sous les feuilles* dans les haies épaisses ; on peut les surprendre alors dans un état de parfaite immobilité* les couvrir facilement avec le filet* ou même les piquer en posant avec vivacité une pointe d'épingle sur le corselet.
On peut encore les faire sortir de leurs retraites en battant avec un bâton les buissons et les haies* et prendre* de l'autre main* les papillons qui s'envolent.
Le soir* par un temps chaud et calme* on place un flambeau, ou une lampe qu'on recouvre d'un entonnoir de verre* dans un endroit découvert à proximité des bois* des buissons ou des prairies* et bientôt beaucoup de phalènes viendront voltiger autour de la lumière ; ou se servira alors du filet pour s'en emparer.
Ceux qui veulent se livrer plus spécialement à la chasse aux papillons ne doivent pas négliger un moyen qui* s'il exige des soins et un peu d'embarras* donne à l'entomologiste des espèces précieuses et fraîches; il s'agit de prendre les chenilles* de les élever et de conserver les chrysalides jusqu'au moment où en sortiront les papillons.
Les chenilles se nourrissent des feuilles des végétaux, et le plus ordinairement chaque espèce s'attache à une plante particulière; ainsi on trouvera, par exemple :
Les Bombix feuille-morte, sur les ronces.
Les Bombix grand-paon , sur les ormes.
Les Botrys pourprées , sur le chêne.
Les Cossus gâte-bois , sur les saules.
Les Doloires , sur le chêne.
Les Faucilles , sur les bouleaux et les aulnes. Les Flambés , sur les pruniers et les pêchers. Les Hépiales , sur les houblons.
Les Herminies barbues, sur les bruyères.
Les Machaons, sur les carottes.
Les Mars, sur les peupliers.
Les Morios, sur les orties.
Les Nymphales, sur les violettes.
Les Phy laies, sur les pommiers et les rosiers. Les Polyommatestries, sur les haguenaudiers. Les Processionnaires, sur les chênes.
Les Smerinthes , sur les tilleuls.
Les Sphinx tête- de-mort , sur les pommes de terre, etc.
Beaucoup d'autres espèces portent les noms des végétaux qui servent à leur nourriture, et qui indiquent là où l'on doit les chercher.
Les feuilles rongées indiquent facilement les
arbres j arbustes ou plantes qui sont visités par des chenilles, qui, le plus communément, ne viennent s'en repaître que la nuit, et se cachent pendant le jour sous les écorces, la mousse, les pierres ou même dans des trous de la terre ; le matin de très * bonne heure, ou le soir après la tombée de la nuit, sont donc les moments les plus favorables pour les chercher ; cependant on en trouve en assez grand nombre sous les feuilles et sur les branches om bragées à toutes les heures du jour.
Les Chenilles ont une organisation extrêmement délicate, et peu de chose suffit pour les faire périr : on doit donc les toucher le moins possible, et pour cela il convient de couper la branche sur laquelle elles se trouvent et la mettre dans la boîte de chasse ; si la chenille que l'on veut prendre est à terre, sur un tronc d’arbre ou sur un mur, il faut avec la pince ou un petit bâton l'attirer doucement sur une carte, dans une petite boîte peu profonde, ou même sur une feuille d'arbre, mais ne lui faire éprouver ni choc ni pression.
En général, on doit s'abstenir de toucher les chenilles avec les doigts, parce que d'abord cela leur est nuisible, et qu'ensuite, à certaines époques, comme celles des mues et des transformations, leurs poils se détachent, s'introduisent dans
la peau et y causent une inflammation plus ou moins douloureuse.
Lorsque Ton rencontre sur la terre une chenille qui semble se diriger au hasard,, dont la marche est incertaine et pénible, dont les couleurs sont ternes et sombres, c’est une indication certaine qu’elle est au moment de se transformer en chrysalide ; alors on peut la placer dans mie boîte sans lui donner de nourriture, presque tout de suite elle commencera sa coque. Mais si l’on prend une chenille sur une plante ou un arbuste, il faut alors remarquer la nature de ce végétal, en prendre des feuilles que l’on place dans une des boîtes décrites plus haut, et renouveler ces feuilles de manière que l’animal en ait toujours de fraîches h sa disposition.
Le temps nécessaire à une chenille pour acquérir tout son accroissement, et changer alors de forme, varie entre quinze ou trente jours; elle reste ensuite plus ou moins longtemps en chrysalide; les papillons de jour se montrent le plus communément au bout d’une vingtaine de jours et quelquefois avant, ceux de nuit n’éclosent souvent que huit mois après leur ch rysali dation ; ainsi les chrysalides formées en automne ne donnent des papillons qu’au printemps suivant.
Dans l’arrière -saison on trouve souvent des
chrysalides toutes formées, dans les brindilles, au pied des arbres, sous les chaperons des murs, sous les pierres isolées, ou les écorces des gros arbres; on les prendra et on les transportera avec beaucoup de soins.
Les boîtes qui contiennent les chenilles ou les chrysalides doivent être placées dans un endroit sain, bien aéré, à b abri des gelées et de toute odeur.
On surveillera la boîte aux époques où doivent paraître les papillons, et chaque fois qu’il en sortira un de la coque on le piquera immédiatement.
« Quelquefois l’opération par laquelle ils se dégagent de la prison est très-difficile pour eux, et il n’est pas mauvais de leur porter un peu d’aide. Avec des ciseaux on élargit le trou que l’insecte, en se chrysalisant, a pratiqué à l’un des deux bouts de la coque ; mais on laisse dessus la pièce en forme d’opercule. »
À la manière dont se suspendent les chrysalides on peut reconnaître si elles renferment des diurnes ou des noctûrnes.
Les diurnes s’attachent par le milieu du corps aux parois latérales de la boîte, de manière qu’ils sont placés dans une position horizontale. Les autres se suspendent au couvercle de la boîte, la tête en bas.
La vie des papillons est très -courte ; après l'accouplement ils ne tardent pas à périr.
Certaines espèces ne sortent qu'à différentes heures de la journée. 11 en est qui commencent à voltiger dès l'aube du jour, d'autres qui ne se montrent que quand le soleil est dans son plein, d'autres enfin qu'on ne voit que vers la fin de la journée, et ceux qui volent à la nuit close.
Les uns ne vivent dans leur état parfait qu'à certaines époques de l’année, ne paraissent qu'une fois ou ont deux générations.
Dès le mois de mai on remarque des Machaons, Cratœgis, Pérides, Hyales, Dias, Ios, Morios, OEgerias, Héros, Xanthes, Lucinas, Sylvanus, Procris, Zigènes, Atropos, qui disparaissent bientôt pour revenir dans les mois de juillet et d'août.
.En juin apparaissent l'Ausonia, l'Artémis, le Didyma, les Limenilis, l'ilia, le Semelé, la Denanira, rArcanius, l’Arcis, l'GEgon, l’Argus, le Pruni, l'Aracenthus, l'Actéon, les Sésies et beaucoup d'autres qui aussi ont presque tous une nouvelle génération en août et septembre.
Le mois de juillet est celui où on trouve le plus de Pérides, de Paphias, d'Adippes, de Niobes, de Vanesses, de Janiras, d'Amyntas et autres Lycènes, d' Argus, d’Agestis, de Théclas, de Polyommates,
de Stéropes, de Syrichtes, de Sésiës, de Procrites, de Zigènes, de Deiléphiles, etc. C’est le mois le plus riche en espèces.
Le mois d’août, outre la plupart des papillons précédents, offre le Podalirius, le Lathonia, le Prorsa, les Tortues, PÀtalante, Actœa et d’autres Satyres, le Bœtica, l’Amyntas, l’Arion, l’Hylas, l’Adonis et quelques Polyommates.
En septembre il paraît quelques Sphinx et Sémérinthes nouveaux ; mais le nombre des papillons diminue sensiblement pendant ce mois, et vers sa fin on n’en trouve que très-rarement.