‹ Le chasseur d'insectesChapitre 23 sur 26 · DES INSECTES · texte numérisé non relu

DES INSECTES

Presque tous les insectes que Pou prend à la chasse doivent être préparés immédiatement et placés dans les boîtes qui renferment la collection. On prend avec les doigts tous les coléoptères ; en les saisissant par le milieu du corps., aucun d'eux ne peut faire de mal ; on passe l'épingle à travers l'élytre droite, de manière à ce qu'elle soit entre la deuxième paire de pattes (fig. 41). Cependant, comme les gros insectes, surtout ceux qui sont accoutumés à fouir dans la terre, ou ceux qui vivent de matières animales, tels que les Bon-

ziers, les Géotrupes, les Carabes, etc. , qui ont une assez grande force, parviendraient à détacher Pépin gle du fond de la boîte de chasse, dérangeraient, briseraient et même dévoreraient les plus petites espèces qui les environnent, on les piquera provisoirement par dessous le corps, comme l'indique la fi g. 42. Dans cette position ils ne pourront se soulever sur leurs pattes, mais il faut néanmoins avoir le soin de laisser autour d'eux un espace vide assez convenable qui les empêche en se remuant d'atteindre les autres épingles.

Lorsqu'on est de retour de la chasse, on arrache l'épingle de ceux qui sont ainsi piqués par dessous, et on repasse cette épingle par dessus dans le même trou.

Les insectes des autres ordres doivent être piqués sur le milieu du corselet.

On retire de la fiole les insectes de couleurs sombres et non veloutés qui y ont été déposés, et on les pique comme les premiers, de manière à ce que le dessus du corps se trouve aux deux tiers de la hauteur de l’épingle (fig. 43).

Lorsque les insectes ainsi piqués sont une fois morts, on les place, avant qu’ils ne dessèchent, sur un morceau de liège, et avec la pince on étend leurs pattes, au moyen de petites épingles, comme l'indique la fig. 44. Ils sèchent promptement dans

cette bonne position, et alors on les place dans la collection.

Certains insectes, surtout dans les familles des Lamellicornes, des Prions, des Moloës , ont le corps d'une telle grosseur, qu'il est prudent de détacher, en coupant avec des ciseaux, le corselet de l'abdomen, de vider ce dernier; et après y avoir introduit du préservatif et un peu de coton pour remplacer les parties que l'on vient d'enlever, on le rajuste au corselet au moyen d'un peu de pâte. Cette opération est indispensable pour la conservation de toutes les espèces qui ont le corps volumineux et mou.

Lorsque les insectes n'olit subi d’autres préparations que celle d'avoir été piqués, sans qu'on ait pris la peine de donner une bonne position à leurs antennes ou à leurs pattes, il est impossible de les replacer convenablement si on ne les ramollit pas auparavant ; pour y parvenir, on prend une assiette creuse, on y verse de l'eau, dans laquelle on met une poignée d'étoupes, ou du grès pulvérisé, ou du sable très-lin, et on pique dessus l'épingle qui porte l'insecte, sans qu'il touche à la matière humide. On recouvre ensuite le tout avec une cloche de verre ou un couvercle quelconque ; au bout de quelques heures l'insecte est aussi flexible qu'au moment de sa mort, et on le

met alors en position sur la planche de liège.

Si par un accident quelconque quelques-uns des appendices [d’un insecte, antennes ou pattes, ou une partie plus considérable, comme la tête, par exemple, venait à se détacher ou à se briser, on le replacerait avec de la pâte (voir page 49). îl suflit d’en prendre un peu sur le bout d’une allumette pointue, ou même d’une épingle, d’en mettre sur la partie détachée et sur celle qui doit la recevoir, et la jonction se fait alors facilement et solidement.

Si l’on s’aperçoit qu’il se forme au- dessous de quelques-uns des insectes placés dans une collection un petit dépôt de poussière, ou si l’on voit courir au fond des boîtes quelques petits insectes, c’est un indice certain d’un commencement de destruction, et il faut se bâter d’y remédier.

O11 délaye alors du savon arsenical, et on en passe un peu sous l’abdomen des insectes attaqués, surtout autour des épingles qui les traversent. Cette composition fera périr les rongeurs.

L’essence de serpolet produit souvent le même résultat, et peut être employée pour prévenir le développement de ces redoutables ennemis de l’entomologiste.

Les papillons exigent une préparation particulière. Ils doivent être piqués sur le corselet, et

fixés au milieu de l'une des rainures de la planche dont la coupe est représentée fig. 43, de manière que le corps y entre jusqu'à la naissance des ailes; on place les ailes dans leur position naturelle ; il faut avoir soin de les relever et d'étendre les pattes, afin de donner plus de grâce au papillon ; ensuite on pose sur les ailes une petite bande de carte j ou de fort papier bien lissé., qu’on fixe au liège avec des épingles, comme l'indique la fig. 45. Au bout de deux ou 'trois jours on ôte les bandes de papier et les épingles, on enlève le papillon et on le place dans la collection.

Quand on possède deux individus de la môme espèce, on pique l'un en dessus, l'autre en dessous, afin de laisser voir la face supérieure et la face inférieure des ailes; cette dernière est, dans plusieurs papillons, beaucoup plus belle et plus brillante que l’autre.

Pour obtenir le même résultat sans 1 avoir d'espèces doubles, on les place dans une boîte vitrée en dessus et en dessous, on fixe sur le verre du fond de petits cylindres de moelle de sureau, sur lesquels on pique les épingles qui portent les papillons.

Si l'on a des papillons qui ont subi d'autre préparation que d'avoir été piqués, sans que les ailes ni les pattes aient été convenablement disposés, il

est indispensable de les ramollir , en employant le moyen des étoupe s ou du grès humide, que nous avons indiqué plus haut pour les autres insectes.

On peut encore conserver les papillons ou plutôt leur image, en les fixant sur un carton-carte ou sur une feuille de fort papier vélin. On coupe les ailes d’un papillon en ayant bien soin de ne pas les gâter, puis on les place sur le carton ou le papier que Ton a enduit d’abord avec un petit pinceau d'une dissolution de belle gomme arabique dans laquelle on mêle un peu de sel commun. On laisse entre les ailes la place exacte^ du corps, on recouvre le tout d'une feuille de papier de soie très-fin et très-lisse, puis d'une feuille de carton-carte lissée sur laquelle on pose une planche que l'on charge fortement afin d'obtenir une pression suffisante. Après cela on découvre les ailes, et avec un instrument délié et pointu, on enlève doucement la membrane des ailes, et le papier conserve les écailles coloriées ; on dessine ensuite le corps du papillon, ce qui le reproduit parfaitement.

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