DES CHENILLES
On prend un vase de tôle fait en forme d'entonnoir ; on place ce vase dans de la cendre bien chaude, de manière à ce que le sommet de cette espèce de cône se trouve en bas, et son ouverture en haut; lorsqu'il est suffisamment chauffé, on prend la chenille que l'on veut préparer, et après avoir pratiqué une ouverture à l'extrémité infé rieure de l’abdomen, on presse le corps dans toute sa longueur et on fait aisément sortir tous les viscères et les intestins. Lorsque la chenille est vidée, on introduit dans l'ouverture qu'on a faite
le bout d'un tube de verre ou d un chalumeau de très-petit diamètre. On maintient le tube dans la peau en faisant un nœud avec du fil, ensuite on souffle par l'autre ouverture du tube jusqu'à ce que la peau soit remplie d'air ; en meme temps on introduit la chenille dans l'intérieur du vase de tôle, et on l'y tient plongée en roulant le tube entre ses doigts et en continuant de souffler. La chaleur dégagée par les bords du vase enlève bientôt toute l'humidité de la peau. Lorsqu'on s'aperçoit que la chenille est assez desséchée pour que la peau conserve la forme qu'on lui a donnée en la soufflant, on retire le chalumeau du corps, et la chenille est préparée ; on la place dans une boîte ou sur un carton, et au moyen d'un peu de gomme on la colle sur un morceau de liège.
On peut encore, quand la chenille est vidée comme ci-dessus, et à l'aide d'une très-petite seringue en verre, injecter dans le corps un mélange de cire fondue avec de la térébenthine, ou bien, au lieu de l'injecter, mettre un peu d'arsenic et d'alun calciné dans du coton haché trèsmenu et en emplir le corps de la chenille.
Ou bien faire un préservatif composé de :
Esprit de vin . ...... 6 onces.
Eau distillée. ...... % livre.
Sublimé corrosif. . 1 gros.
Alun calciné . 2 onces.
On fait macérer, pendant vingt-quatre heures, les chenilles dans ce liquide ; on tes place ensuite dans de petits tubes de verre d'un diamètre un peu plus grand que l'épaisseur du corps de l'insecte. On remplit le tube de la même composition et l'on bouche hermétiquement.
L'abdomen mou et gonflé des araignées rend leur conservation difficile. Latreille indique la méthode suivante : « On se procure, un tube de verre de 16 centimètres de longueur sur 20 ou 24 millimètres de diamètre ; on ajuste deux bouchons à ses deux ouvertures ; on saisit ensuite l'araignée avec les pinces, mais sans la déformer, et l'on coupe avec des ciseaux fins le mince pédicule qui attache l'abdomen au corselet; on prend un petit ^ morceau de bois très-mince et on le taille en pointe à ses deux extrémités ; on enfonce une des pointes du morceau de bois dans l'abdomen et l'autre dans le bouchon, puis on l'introduit dans le tube, et on le maintient au milieu du verre en plaçant le bouchon. On allume un flambeau et on fait tourner le tube à la flamme jusqu'à ce que l'abdomen soit entièrement desséché ; on laisse re-
froidir, on débouche avec précaution, et on ôte le ventre de dessus le morceau de bois pour le coller avec un peu de pâte au corselet. »
Nous aurions pu nous étendre davantage sur certaines parties de ce traité, mais nous avons cherché à dire seulement le plus brièvement et le plus clairement possible tout ce qui est utile pour guider ceux qui veulent s’adonner à la chasse des insectes et à la formation des collections. Comme pour toutes choses, cette occupation si attrayante demande de la pratique. Dans les premiers temps on ne trouvera presque pas de Coléoptères, on manquera les papillons ; mais, après un peu d’exercice et d’observation, les uns et les autres se présenteront en grand nombre ; on saura découvrir les premiers dans tous les lieux, et les autres seront saisis avec facilité.