‹ Le chasseur d'insectesChapitre 8 sur 26 · ORGANES DES SENS · texte numérisé non relu

ORGANES DES SENS

La vue est de tous les sens le mieux constaté., et presque tous les insectes donnent des exemples que cet organe est très-compliqué., et agit avec une étonnante perfection.

U ouïe est très-développée chez plusieurs espèces qui produisent certains sons pour annoncer leur présence ou pour appeler les individus de l'autre sexe . Souvent aussi on les voit s'effrayer et fuir en entendant le moindre bruit. Quant à l'organe qui perçoit la sensation, il n'est pas encore exactement déterminé, mais on présume que son siège est à la base des antennes.

if odorat est un sens fort exquis. A peine des

matières animales ont-elles été déposées dans un lieu qu'on voit aussitôt se diriger vers ce point un grand nombre de ces petits animaux ; la vue les guide si peu dans cette circonstance qu'ils s'obstinent quelquefois à trouver sur des fleurs à odeur fétide et cadavéreuse une nourriture convenable, et que, trompés par ce sens qu'aucun autre ne sait rectifier, ils déposent des œufs dans l'intérieur de ces plantes. C'est aussi l'odorat qui souvent avertit mutuellement les sexes de leur présence. On peut croire que dans les insectes cette sensation s'effectue comme dans les animaux plus élevés, c'est-à-dire sur le trajet de l'organe de la respiration ; et comme les insectes respirent par des stigmates , aboutissant à des trachées , lesquelles se répandent dans toutes les parties du corps, on peut penser que l'animal perçoit les odeurs par tout l'intérieur de son corps ; quelques naturalistes pensent au contraire que le siège de l'olfaction est dans les antennes, aussi est-il utile de faire de nouvelles observations à ce sujet.

Le goût se manifeste d'une manière évidente chez les insectes; on voit plusieurs d'entre eux goûter les liquides, s'en nourrir ou les abandonner, selon qu'ils les jugent bons ou mauvais ; il est impossible d'assigner encore le siège de cet organe : les uns le trouvent dans les palpes, parce

que ces parties de la bouche sont continuellement en mouvement et appliquées sur tous les points de l'aliment, à mesure qu'il est divisé et broyé par les mandibules et les mâchoires ; les autres le plaçent à l'origine du pharynx.

Le toucher, dans les insectes, paraît être l'un des sens le moins développé. La surface extérieure, qui est l'organe essentiel de cette fonction, varie singulièrement dans la série des êtres ; tantôt elle est molle , alors elle paraît être le siège d'une sensation assez délicate qui se trouve quelquefois augmentée par des poils, dont le contact avec les corps étrangers semble transmettre à l'animal une vive impression, tantôt elle est plus ou moins solide et offre quelquefois une telle consistance qu'elle devient un organe protecteur très-efficace ; dans ce cas le toucher doit être fort obscur et il ne parait qu'imparfaitement remplacé par certains appendices du corps , par exemple, les antennes, qui, lorsqu'elles sont allongées et formées d'un grand nombre d'articles, semblent être des espèces de tentacules que l'animal met continuellement en mouvement pour explorer sa route et pour connaître les obstacles, Les tarses ne seraient-ils pas propres à donner à l'insecte l'idée de la nature des corps sur lesquels ils s’appliquent ?

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