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terre dévastée par les taupes, soit avec la méthode de M. Dralet , soit avec celle de Lecourt , soit même avec les moyens employés par les jardiniers normands, on doit être convaincu que les mâles, les femelles et leurs petits, ne doivent point échapper à la destruction. Est-ce donc par ignorance où par incapacité qu'on laisse exister des taupes dans un endroit où on les attaque ?
Non, répondront les taupiers de Paris. Eh ! pourquoi donc 1l y a-t-1l toujours autant de taupes qu’il y en avait il y a centans, et mille fois plus de taupiers qu’on n’en voyait alors ? La réponse est facile à faire : 1Ÿ faut que tout le monde vive et que les espèces se con$ervent.
Le piége dont se servent les taupiers des environs de Paris, est une espèce de pincettes, fig. 17, constamment fermées par l'effet de l’élasticité du ressort, a; on tient ouvert les deux branches, d, au moyen d’une plaque de tôle, b, en la plaçant à l'extrémité, c. Le piége est mis dans le boyau communicateur , après en avoir enlevé la taupinière; Ja taupe, dans sa course, pousse la petite plaque, b, en essayant de passer par l'ouverture, e; la plaque se dérange, les pinces se ferment, et l'animal est pris.
Méthode de prendre les taupes selon Lecourt.
Lecourt fut un habile taupier, qui, dans le principe, fit cet état par délassement , et ensuite par profession; il légua , en mourant, sa science à sa nombreuse postérité, qui,
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marchant sur ses traces, est devenue, comme dit Bosc, aussi savante que lui.
Ce qu'on peut donner à Lecourt, par dessus les taupiers ordinaires , c’est un esprit observateur, un talent de juger et d'apprécier les difficultés de son art, et de les résoudre avec facilité et sans obstacle ; ce qui indique que son génie l'avait naturellement porté à l’occupation à laquelle il s’est donné : cependant Lecourt n’a rien inventé pour son art ; avant lui, les taupiers des environs de Paris se servaient d'unc houe, d’un couteau , d’une boîte pour emporter dans leurs courses les petits objets nécessaires à leurs opérations. Lecourt n’a point inventé de piége, il a perfectionné celui dont se servaient ses confrères ; il a innové quelque chose sur {a forme de cet instrument. Le piége de Lecourt ressemble en tout à celui des taupicrs des environs de Paris, fig. 17°; seulement les avant-branches des pinces sont plus allongées; 1l se tend de même, et la taupe s'y prend par les mêmes moyens; toute la différence de la méthode consiste à adosser deux piéges l’un contre l’autre. La tête est en acier aplati, les branches sont en fer, leur extrémité est armée de deux crochets ployés en contre-base et en angle droit de vingt lignes. La longueur du grand piége est de sept pouces six lignes ; il y en a de plus petits pour tendre dans les murs. La supériorité de ce piége fut reconnue, il yatrente ans, par la Commission d'Agriculture, elle l’approuva dans une de ses séances.
Pour opérer avec ses piéges, Lecourt fait à-peu-près comme tous les taupiers : 1l se met en chasse par un beau Jour, et aux heures les plus favorables ; est-il sur un héri-