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On se sert de fil d'archal ou de laiton, parce que de la ficelle ne conserverait pas la forme de cercle, et que d’ailleurs les taupes pourraient la ronger.
Quant à la cheville , elle doit toujours être placée avant que la taupière ne soit dans la tranchée , sans quoi on ne pourrait plus l’y mettre. Les laitons et la cheville étant arrangés , on place la taupière dans la tranchée, comme il a été dit ; on rapproche ensuite la terre, et on laisse le moins de Jour possible; comme il pourrait s’en trouver aux deux bouts de la taupière , on les bouche avec un peu de terre ou avec des gazons : il n’est pas absolument néces-
satre qu'il n’y en ait point du tout. Cela fait, la machine est tendue.
Quand la taupe vient, soit d’un côté, soit de l’autre, elle entre dans une arcade, et trouve dans son chemin la petite cheville qui est au milieu , elle la pousse pour passer et la fait tomber. Le bout de la ficelle n'étant plus retenu par la cheville , s'échappe par le moyen de la gaulette qui tire continuellement cette ficelle, et laisse à cette gaulette tout le jeu de son ressort, qui la fait redresser et tirer violemment les deux fils de laiton qui forment les deux arcades , au moyen de quoi l’animal se trouve pris au travers du corps par l’une ou l’autre arcade. Au surplus, tout ceci est beaucoup plus long à décrire qu’à exécuter.
Quand on arrive-dans le jardin, on voit si la perche est détendue , ce qui annonce la prise de l’animal.
Je finirai par une observation essentielle , qui est de ne
€HASSEUR TAUPIER: 6
nn a jamais placer la taupière à l'endroit même où l'animal a bouté et où il a poussé la terre en dehors, parce qu’alors il pousse la terre devant lui et en remplit la taupière, ce qui l'empêche de se prendre. Quelquefois la taupe passe à côté de la taupière, ce qui est pourtant rare, alors on déplace le piége et on le met dans un autre endroit.
Méthode des taupiers des environs de Paris.
C'est la même que celle des taupiers de la Touraine, et elle diffère peu de celle dont Lecourt fait usage. Les taupiers des environs de Paris, à l’exemple de ceux de Normandie, exercent leur talent sur les terres des fermiers de leur contrée. Ceux-ci leur donnent une certaine somme pour venir, tous les ans, chasser les taupes qui dévastent leurs champs; ils font cet ouvrage deux fois par an, au printemps et en automne. On sent bien qu'un taupier ayant, tous les ans, une certaine circonférence de terrain à exploiter, met dans son travail beaucoup de négligence, et, pour ses intérêts, beaucoup d’indifférence ; aussi, d'une année à l’autre, on ne s’aperçoit pas de la diminution des taupes sur l'héritage qu'elles ont coutume de fréquenter. J'ai resté dix ans dans le département de Seine-et-Marne, au milieu des fermiers; J'ai vu leurs taupiers, au printemps et en automne, faire la chasse aux taupes ; 1ls en détruisaient toujours quelques-unes, mais les petits restaient, et l’année suivante il y en avait
autant.
Cependant, en attaquant savamment. et habilement une