LES MÊMES, TOINON, SUZON , MARCHANDS, MARCHANDES
(Marchands et marchandes arrivent avec des hottes sur le dos, des brouettes dans lesquelles ils porteront leur marchandise. Les uns étaleront des fleurs, les autres des fruits, du gibier : lièvres, canards sauvages, alouettes, etc., etc.; d'autres du beurre, des fromages, etc., etc. Tout ce monde débouche sur la scène pendant le dernier refrain.)
SUZON, se rapprochant, elle tient un pot de fleurs.
Chut! écoutez!
TOINON, marchande de gibier, se retournant.
Oh! mais, dites donc, qu'est-ce que j'aperçois là? Deux hommes qui chantent. Les drôles de figures! Approchons-nous un peu.
(Les marchands hésitent et ouvrent leurs boutiques.)
TOUS LES MARCHANDS, s'intorpellant.
Bonjour, les amis! Bonjour, Toinon! La vente marchera-t-elle aujourd'hui?
LE CHAT BOTTÉ, à part, à son maître, montrant les étalages.
Tiens, mais on dirait un marché! Ah! mais voilà une heureuse aventure. Regardez donc! Quelle aubaine pour des estomacs creux!
LUCAS, à part.
Gomment! est-ce que tu prétendrais acheter quelque chose ici? Et avec quel argent?
LE CHAï BOTTÉ
Vous verrez, laissez-moi faire ! un peu d'audace ! Cela réussit toujours. (A Toinon.) Combien ce lièvre, marchande? (D'un air dédaigneux.) Il est de petite taille, mais n'importe, je le prends. (A une autre.) Et vous^ qu'est-ce que vous avez? Des fruits! Bon, je choisis ces poires. ces pêches. Là! (A une autre.) Ici, voyons, qu'est-ce que je vais choisir encore?
(Les marchandes se regardent effarées.)
SUZON, très décidée.
Halte-là, mon beau muscadin, et l'argent pour payer tout ça?
L'argent? On vous paiera, morbleu! Est-ce qu'on ne VOUS fait pas un grand honneur de prendre votre marchandise ?
TOINON, les poings sur la hanche.
Oui-dà, un bel honneur, des aventuriers comme ça! Croyez-vous qu'on va vous faire crédit sur votre bonne mine? J'aurais plutôt envie d'appeler un agent de M. le lieutenant de police pour vous faire coffrer.
SUZOX, poussant.
Ne soyez pas si dure, ma chère. Regardez donc l'autre, est-ce qu'il ne fait pas pitié?
Elle montre Lnras qui rcsto assis ot baisse la tête. TOI.XON
Laissez donc, ce sont deux filous, et rien que raî Moi, je veux dire son compte à celui qui a osé s'attaquer à
mon gibier. Elle chante.
Air. : Ah ! c'cadef-là!'
Premier Couplet Regardez-moi ce museau-là,
La drôle de figure!
Les vilaines gens que voilà î
Que veut dire cela?
Chœur
Que veulent donc ces brigands-là,
Ces coureurs d'aventure?
Qui nous narguent comme cela.
Mettons-y le holà!
Tra la la la la la la la
Tra la la la la la la la