ETAT ACTUEL 1>L' CHATEAU
armes de Diane qui sortirent des ateliers de Fontainebleau. Les encadrements des portes reprodui-
sent celui de la porte de l'Orangerie, dessinée par Pli. de l'Orme. Les panneaux des ballants, en partie
LE Cil \TKM l> ANKT
dorés, sont du x \ r siècle, m;iis proviennent du château d'Eco uen. L'ameublemenl varié de style a le mérite de ne déparer nullement La beauté de l'ensemble. Quelques pièces offrenl même un réel
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Enfin vient la chambre d'honneur. C'est une bonne reconstitution d'une chambre du xvi" siècle;. Elle possède i\\\ beau plafond dont le panneau central vient de la Galerie de Diane. Le lit, delà même époque est remarquable comme travail de bois et s'orne d'une courte-pointe admirable l.
A gauche du vestibule sont aménagés les appartements particuliers, qui, quoique beaux, n'ofl'rent que peu d'intérêt pour l'histoire de l'art ou pour celle du château, et que du reste l'on ne visite pas.
Tel est l'intérieur du château. Malgré tout ce qu'il a eu à souffrir, il permet, en plus d'un endroit, de restituer, par la pensée et à laide de ce qu'il contient encore, la somptuosité artistique de la demeure de Diane.
Mais la partie la mieux conservée du château d'Anet et celle qui aujourd'hui présente le plus vif intérêt d'art est située en face de 1 aile subsistante ; c'est la chapelle2. Aucune œuvre de Philibert de l'Orme ne nous est parvenue en un tel état de conservation, puisque architecturalement elle est intacte. Toutefois son aspect jadis était différent, car engagée dans l'aile droite elle n'avait pas besoin
1 Pour plus de détails au sujet des Tapisseries, voir p. 46-49 pour le lit, page 45.
2 Pour plus de détails, voir pages 3o-^4
ETAT ACTUEL DU CHATEAU m')
de façade. Aujourd'hui qu'elle est isolée sur le côté
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Lit m; wi" siècli
de la grande cour, on lui a donné une façade en
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forme de portique <|ui, commandée par M. «le Ca l'aman, lui l'œuvre de Caristie. A ce détail près, ses pyramides, sa coupole sa forme arrondie apportera toujours la preuve qu'un style nouveau, venu
de II la lie ci inspire de l'an tique, va remplacer désormais la vieille forme française de la croisée d'ogive cl (les liauls clochers.
A L'intérieur, les verrières du xvi° siècle n'existent plus. Les statues des Apôtres, de la même époque, sont remplacées par des moulages qui du reste rendent avec fidélité l'aisance un peu trop emphatique et l'expression trop superficielle des originaux. La tribune a été restaurée el alourdie; les autels, œuvres encore de Caristie, accusent la même lourdeur. Enfin, les fameux émaux de L. Limosin ont quitté la sacristie pour aller, il y a un siècle, cà Saint-Père de Chartres. Mais les bas- reliefs des pendentifs et des arcades sont tels encore qu'ils sortirent du ciseau de Jean Goujon. La grâce nerveuse et fine, la délicatesse sans mièvrerie ni maigreur des Renommées si légères en leur corps assoupli restent les mêmes, comme sont demeurés aussi vrais, aussi savoureux les corps potelés des petits Anges porteurs des instruments de la Passion1.
Quelques fragments intéressants de sculpture en bas-relief sont réunis encore dans la chapelle.
Mais il est une seconde chapelle qui ne fut construite qu'après la mort de Diane de Poitiers et
1 Pour les statues des Apôtres, voir p. 84-87; — pour les émaux, voir p. f)2-f>5 ; — pour les bas-reliefs de Goujon, voir p. (>;-f>i.
ETAT ACTUEL DU CHATEAU i o~
qu'on peut voir, du côté opposé, au delà du pavillon
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Pà'NNEAUX 1)1 LA GRANDE PORTE DE LA CHAPELLE
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du Gouvernement, c'est la chapelle funéraire. En briques et pierres, elle est précédée (rime façade
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LE CHATEA1 I» \M. I
monumentale en pierre, <|ui, sans posséder la pureté de style qu'on voyait régner dans l<* reste du château, ae laisse pas de produire un effet assez noble
Photo A. Roux.
Vue du. parc
quoique un peu froid. C'est là que s'élevait le tombeau de la duchesse. Mais aujourd'hui elle a été complètement désaffectée l.
1 Pour les détails, voir p. 77-81.
ETAT ACTUEL DU CHATEAU i<>()
Pour qui veut connaître toutcequi reste du château il faut encore ajouter, à l'extrémité droite, la porte de Charles le Mauvais, qui, malgré le nom qu'elle porte, ne rappelle guère que la Renaissance. Il faut signaler aussi le cryptoportique, entre la cour d'honneur et le parc et, sur le terre-plein de celle-ci, la vasque du \\T siècle qui y fui montée sur un pied reconstitué d'après un support d'autel de la Renaissance.
Enfin, devant les yeux un très beau parc, mais plusieurs fois transformé, où les eaux de l'Eure se mêlent à la verdure des gazons et à l'ombre des grands arbres, s'étend à partir de la cour et donne à l'ensemble architectural qui le précède un cadre de nature qui s'harmonise avec lui.