‹ Le chateau d'Angers, au temps du rois RenéChapitre 29 sur 36 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

Alléluia douce mélodie.

Chant de Téternelle joie.

Alléluia louange sua^e^ Partage des chœurs célestes Que chantent les tenants De la maison de Dieu dans la durée des siècles.

Alléluia joyeuse mère.

Concitoyenne de Jérusalem, Alléluia voix de tes Concitoyens pleins d'allégresse ; PauTres exilés nous pleurons Car les rives du fleuve de Babylone nous y convient.

Alléluia ! nous sommes indignes De te chanter toujours ;

AUeluia ! la voix du péché Nous force à tlnterrompre ; Le temps approche où nous Devons pleurer nos fautes passées.

C*est pourquoi nous te prions, très-louable

Et bienheureuse Trinité,

Qu*il nous soit donné de voir

Au jour de ta pâque, dans le ciel,

Ce signe qui nous fera chanter Au sein de Pallégresse, Tétemel Alléluia. Amen.

Saint Udalric nous apprend que dans Tordre de Cluny, à la Septuagésiœe, on ensevelissait l'usage du gras avec V Alléluia : in Septuagesima adeps simul cum Alléluia sepelitur.

Le carême commençait autrefois à la Septuagésime S et ceci nous explique pourquoi l'enterrement de V Alléluia se faisait à cette époque.

Cette cérémonie était la mise en action de cette idée que les jours de joie finissaient, et que l'Église allait jusqu'à Pâques convier ses fidèles à l'abstinence et au jeûne.

Ces petits drames, à l'époque où les livres étaient d'une extrême rareté, avaient l'avantage de rappeler au peuple d'une façon saisissante, ses devoirs et ses obligations à certains temps de Tannée.

Il ne faut pas s'empresser de condamner des usages qui présentement nous ferfiiient rire, je Tavoue, mais qui, lorsqu'on les connaît bien, ont eu leur raison d'être. On comprend donc parfaitement que certaines églises particulières aient institué primitivement ces sortes de représentations, et que plus tard elles aient voulu les abolir.

^ Dkt, de Trévoux, au mot : Septuagésime.

Du reste^ il faut reconnaître que Rome ne s'est généralement jamais montrée favorable à ces usages ; dépositaire des vérités éternelles» elle n'aimait pas qu'on les rapetissât au rôle de comparses, en les personnifiant. Mais son action bienfaisante était en ce temps-là même, souvent méconnue.

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