‹ Le chateau d'Angers, au temps du rois RenéChapitre 8 sur 36 · HORLOGERIE, INSTRUMENTS ET OUTILS · texte numérisé non relu

HORLOGERIE, INSTRUMENTS ET OUTILS

Au folio 26, verso, on lit : Item une petite orloge.

« Jusqu'au xv© siècle, dit M. VioUet-le-Duc dans son Dictionnaire du mobilier français, ce meuble était un objet assez rare pour qu'on ne le trouvât que dans des palais, des monastères ou des châteaux. »

Les plus anciennes horloges, nommées clepsydres, avaient l'eau pour moteur. On se servit également de sable pour le mouvement, et ce genre de petit meuble s'appelait sablier.

Le Roman de la Rose parle d'horloges à rouages.

« Et refait sonner ses orloges, par ses sales et par ses loges, à roes trop sotivement de perdurable movem^nt. »

Les statuts de l'ordre de Citeaux mentionnent des horloges mues par des rouages et des poids.

L'horloge de notre inventaire appartenait sans doute à ce genre.

Le cadran solaire était également en usage, témoin cet article de notre inventaire, folio 25 : t Item ung petit cadran de leton en ung estuy de cuir, i»

soc. d'âg. 2

Au folio 18, vetso^ on troute celte descriptioil cftii semblé devoir indiquer une boussole : c Itert) une bouele de boys blanc à couvercle, en laquelle a dedans la faczon d'ung cadran branlant et dessus une vitre, i

La boussole 9 successivement suppéiée marinette, compas de mer, et eilfin boussole de Tltalien, bossolaj boàcd^ petite boîte, pafaît avoir été, mais avec moinis; de perfection qu'aujourd'hui, en usage dès le xiii* siècle; on en attribue l'invention à Flavio de Gioia, napolitain; néanmoins on voit dans Guyot de Provins, vieux poète français de la fin du xii^ siècle, que ce petit instrument, ou quelque chose s'y rapportant, était connu à cette époque ; voici ce passage :

« Icelle étoile ne se muet un art font qui mentir ne puet par vertu de la marînette une pierre laide, noirette ou li* fer volentiers se joint. »

Quelques écrivains attribuent la boussole aux Chinois, mais sans preuves valables.

Un article du folio 5, verso, s'éxjprime ainsi : « Item une table de leton sur laquelle a plusieurs lettres escriptes en iaczon d'astralabre. >

Nous pensons qu'il s'agit d'un astrolabe, « du grec aorpov, astre, constellation et Xaji.6ava), je prends, instrument astronomique dont les marins se servent pour prendre la hauteur et en conclure la latitude du lieu où ils font leurs observations. > (Napoléon Landais.)

Le Musée des antiquités d'Angers en possède un fort curieux de l'année 1415.

Au folio 24, verso, on trouve cette mention : « Item un petit compas de letoh. »

Le compas remonte à la plus haute antiquité, puisque

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Ton croit que Talaû$, aeveu du fabuleux Dédala» eq fut l'inveqteur.

Le folio 33 parle c d'une petites ballaacea avecqn^ les poys en ung estuy plat loogtiet tout marqtieté. t

Les balances paraissent avoir été employées de tout temps, des auteurs ne craignent pas d'en cbeFcher l'étymologie dans un mot hébreu.

En la petite chambre du haut retrait du roy, foUp» 5, existait une sorte de petit atelier composé :

€ 4"* lyung basset de boys sur lequel est uog fpyrneau pour ung orfeuvre et quatre petites tenailles de fer ;

€ 2o D'une petite establye pour ung orfeuvre sur laquelle a deux leaites qui se tirent Tuoe d^e ça, l'autre de là, sur laquelle a plusieurs petits ferremens, confine marteaux, tenailles, etc;

€ 3^ D'une celle à quatre pies en laquelle s| un petit tour. i>

Ces instruments, par leur situation dans la petite chambre du haut retrait du roy, nous laissent deviner qu'ils ont bien pu être i l'usage de René.

S'occuper d'orfèvrerie, tourner le bois ou les métaux, ne semblent d'ailleurs point choses étrangères à ses habitudes. Si plus d'une fois il a été comparé par sa spontanéité loyale, franche et généreuse à Henri IV, il pourrait l'être aussi à Louis XV.I par son goût pour les arts industriels, et quelque peu par ses infortunes.

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