PREMIER DU NOM
PRINCE DE CONDÉ
(Peint d’après un portrait de la collection de Condé, qui appartient à S. A. R. le duc d’Aumale.)
Henri I de Bourbon , prince de Condé , duc d’Enghien , gouverneur de Picardie , naquit à La Ferté-sous-Jouarre le 29 décembre i55s.
Il était fils aîné de Louis de Bourbon , premier du nom , et d’Eléonore de Roye , sa première femme.
Après que son père eut été tué à la bataille de Jarnac, en 1^69, il alla joindre, avec son cousin, Henri de Navarre, l’armée de l’amiral de Coligny. Jeanne d’Albret y amena les deux princes, dont le jeune âge (ils avaient à peine seize ans) intéressait et enthousiasmait les troupes.
Lorsque la paix de Saint-Germain eut été conclue entre les deux partis, le 8 août i5yo, le jeune
prince de Condé se retira à La Rochelle , où la reine de Navarre veillait attentivement à sa sûreté, ainsi qu’à celle de son fils. Enfin ils ne purent résister plus long-temps aux invitations réitérées de la cour, et ils se rendirent au château de Blois, où elle les attendait.
Pendant le massacre de la Saint-Barthélemy, on résolut d’épargner les deux princes, mais on les retint prisonniers au Louvre, et on les contraignit, à force de menaces, à changer de religion. En 1 574? ils s’entendirent avec le duc d’Alençon et Marguerite de Valois pour s’enfuir de la cour et s’emparer de quelques villes au nom des huguenots. Mais une entreprise inutile sur Mantes et une dénonciation de La Mole, favori du duc d’Alençon, déconcertèrent leurs projets. Les trois princes furent arrêtés. Le prince de Condé, au milieu du tumulte , parvint à se sauver. Après avoir séjourné quelque temps en Allemagne, il rentra en France avec une armée de reîtres, mit Dijon à contribution, ainsi queLa Chartreuse, rasa la maison du seigneur de Tavannes, et déclara qu’il obéirait au roi de Navarre, qui, devenu libre en s’échappant durant une chasse , avait abjuré le catholicisme et s’était mis à la tête des protestans. Le duc d’Alencon, reconnu d’abord par
les huguenots pour leur chef, se voyait effacé par le Béarnais, et cette rivalité jetait la division dans le parti. Catherine de Médicis profita de l’occasion pour négocier, et une nouvelle pacification eut lieu lé 1 4 mars 1576. Le prince de Condé fut nommé gouverneur de Picardie; mais cette province, qui était toute catholique, ne voulut pas le recevoir.
11 fut excommunié en 1 585 avec son cousin par le pape Sixte-Quint. Il continua de combattre pour le calvinisme. En 1 586, il perdit beaucoup des siens , et plusieurs capitaines distingués, comme Rieux, Laval et Tanlay, dans une charge qu’il fit près Saintes contre le régiment de Tiercelin.
Il mourut à l’âge de trente-six ans , le 5 mars 1 588 , à Saint-Jean-d’Angely, empoisonné par ses domestiques. Sa jeune épouse , Charlotte de La Trémouille , qu’il laissait grosse, fut accusée d’avoir payé le crime pour cacher ses amours avec un page, d’autres disent avec Henri IV lui-même. Mais le Parlement reconnut son innocence. Henri IV avait, diton, fait jeter au feu les pièces du procès.
Henri de Condé était actif et vaillant, et, quoique mort bien jeune, il marcha dignement sur les traces de son père. « Ce prince, dit L’Estoile, étoit
» homme de bien en sa religion, et avoit un cœur » royal. »
Il avait épousé : i° en juillet 1572, Marie de Clèves, fille de François I, duc de Nevers, et de Marguerite de Bourbon; 20 le 16 mars i586, Charlotte-Catherine de La Trémouille, fille de Louis III, seigneur de La Trémouille, et de Jeanne de Montmorency.
FRANÇOIS DE BOURBON
PRINCE DE CONTI
(Peint sur bois.)
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François de Bourbon , prince de Conti, souverain de Château-Regnault, seigneur de Bonnestable et de Lucé , chevalier des ordres du roi , gouverneur d’Auvergne, de Paris et du Dauphiné; troisième fils de Louis de Bourbon, premier du nom, prince de Condé, et d’Eléonore de Roye; naquit à La Fertésous-Jouarre le 19 août 1 558.
Il était aux premiers états de Blois en 1^77. Il se joignit au parti du roi de Navarre en 1 587, et s’en retira l’année suivante pour revenir à la cour. Après l’assassinat de Henri III, il reconnut le premier Henri IV roi de France. En i5go, il assista à la bataille d’Ivry, d’où il se rendit à Tours avec une armée dont le roi lui avait donné le commandement, en le
nommant son lieutenant-général dans l’Anjou, la Touraine, le Maine, le Poitou , le Perche, le Berri, le Blaisois , le Vendômois, le Limousin et la Marche. Il s’empara de La Ferté-Bernard, de Châteaudun, et s’en alla retrouver le roi au siège de Paris. Revenu à Tours, il attaqua Savigny, investit Lavardin, démantela le château de Montoire , se rendit maître de Moléon, de Chemillé, du château de Vaux, de Montmorillon, de Cliauvigny, de Mirebeau, de Selles et de Menethon. Vainqueur alors sur tous les points, il retourna à Tours. En iâga, il assiégeait Craon , lorsque le duc de Mercœur, venu au secours de la ville, lui livra combat et le força à la retraite en lui tuant beaucoup de monde. Le prince de Conti se retira à Château-Gontier et de là à Angers.
François de Bourbon assista, en 1 5q4 ? au sacre de Henri IV, à Chartres , fut nommé gouverneur de Paris le 17 mai 1 5q5 7 et représenta le duc de Normandie au couronnement de Louis XIII.
Il mourut à Paris , sans postérité , le 3 août 1 6 1 4 , dans l’hôtel de l’abbaye de Saint-Germain -des- Prés. Il fut enterré dans T église de cette abbaye, au côté droit du grand autel.
Il avait été marié deux fois : i° en janvier i58s, à Jeanne de Coëme, veuve du comte de Monlafié;
a0 le 24 juillet i6o5, à Louise-Marguerite de Lorraine, fille du Balafré.
Le prince de Conti avait une difficulté à parler, et ce fut une des raisons que les ligueurs firent valoir devant le pape, en i5gi , pour le déterminer à donner la couronne de France au cardinal de Bourbon plutôt qu’à ce prince, qui pourtant était son aîné.