‹ Le Château d'Eu (volume 3)Chapitre 18 sur 73 · DUCHESSE DE MONTPENSIER · texte numérisé non relu

DUCHESSE DE MONTPENSIER

Jacqueline de Longwic, comtesse de Bar, en son propre droit, fille de Jean de Longwic, seigneur de Givry , et de Jeanne bâtarde d'Angoulême , fut mariée, en août i538, à Louis de Bourbon II, duc de Montpensier. Elle avait du mérite, de l'esprit et du caractère. « C'était, dit le président de La Place, » une femme de bon entendement , et clairvoyante » même aux affaires de l'État. » Comme favorite de Catherine de Médicis, elle exerçait à la cour une grande influence; et l'on s'accorde à penser que, si elle eût vécu davantage, elle aurait pu adoucir le caractère farouche de cette reine , et modérer le cours de ses vengeances et de ses cruautés : la mort l'enleva à la veille des grands troubles de la religion, le 9.8 août i56i. Elle fit connaître, pendant sa

ris longue maladie, a Fontainebleau , qu'elle était secrètement, ainsi qu'on l'avait soupçonné, de la religion reformée; elle demanda un ministre de cette

religion ; a on lui envoya Valu, qui refusa de lui ad- » ministrer le sacrement de la Cène, pour autant » qu'elle estoit seule ; remonstrant ledit Malo qui- » celuy sacrement n'estoit institué pour estre par- » ticulièrement administré , comme estoit le bap- » tesme, ains pour estre communié à plusieurs » fidèles ensemblement. » Elle déclara mourir dans la croyance des huguenots.

Elle avait cherché à inculquer les mêmes principes à ses filles ; et, pour y réussir, notamment à l'égard de Françoise de Bourbon , depuis duchesse de Bouillon, elle fit disputer devant elle deux ministres et deux docteurs de Sorbonne. « Cette eonfé- » rence, dit Bayle, ne put se tenir dans l'hôtel » Montpensier , parce que le duc voulut exiger que » les ministres ne priassent point Dieu avant l'ac- » tion, à quoi ils ne voulurent pas consentir : la » partie fut donc rompue; mais on la renoua quel- » que temps après, et elle eut lieu à l'hôtel de Ne- » vers, »

On lui a reproché d'avoir décidé Antoine, roi de Navarre, à abandonner la régence à Catherine de

Médicis : « Les persuasions de cette duchesse qu'on » appelait la Sirène (dit Varillas) l'emportèrent sur » toutes les remontrances ; » mais elle eut la gloire de faire choisir pour chancelier de France le vertueux Michel de L'Hôpital.

CATHERINE DE LORRAINE

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