DUC DE MONTPENSIER
François de Bourbon , duc de Montpensier, fils de Louis de Bourbon II , duc de Montpensier, et de Jacqueline de Longwic, né en 1 54a , épousa , en 1 566, Renée d'Anjou, marquise de Mézières et comtesse de Saint-Fargeau , fille unique et héritière de Nicolas d'Anjou et de Gabrielle de Mareuil.
Du vivant de son père , il portait le nom de Dauphin d'Auvergne. A l'âge de vingt ans, il assista au siège de Rouen : plus tard, en i56o,, il signala sa valeur dans les batailles de Jarnac et de Montcontour, où il servait dans l'armée du duc d'Anjou, depuis Henri 111.
En 1 582 , lorsque le duc d' Alençon , devenu à son tour duc d'Anjou, aspirait à la souveraineté des Pays-Bas et à la main de la reine Elisabeth, le duc
m de Montpensier, qui avait été envoyé en ambassade auprès de cette princesse, se rendit ;• son retour
auprès du frère du roi, avec une armée de dis mille
hommes. Le duc d'Anjou résolut (remployer ce renfort à se venger des habitans d'Anvers, qui avaient
massacre des Français, sur le soupçon que le coup de pistolet tiré sur le prince d'Orange, dans la cérémonie de la réception du duc d'Anjou conune duc de Brabant, avait été commandé par ce prince. « C'est Anvers, dit-il au duc de Montpensier, qu'il » faut surprendre et punir ! Je compte sur vous pour » animer la fureur du soldat. — Non, monsieur, » reprit le duc de Montpensier, je m'appelle Bour- » bon , et je ne démentirai point un sang aussi pur : » ne comptez sur moi que quand il s'agira d'en- » treprises justes et honorables. »
En 1589, après le rapprochement de Henri 111 avec Henri roi de Navarre, le duc de Montpensier se porta sur la Normandie avec un corps de trois à quatre mille hommes, et battit complètement le duc de Brissac, qui était venu prendre, au nom de la ligue, le commandement d'un corps de seize mille paysans, qu'on appelait les Gauthiers (du nom de Lachapelle-Gauthier, premier lieu de leur rassemblement). Après la mort de Henri III, il s<
rangea avec empressement sous les drapeaux de Henri IV, qu'il aimait autant qu'il l'admirait : il eut l'honneur de commander l'avant-garde de son armée au combat d'Arqués; et il se couvrit de gloire à la bataille d'Ivry, avec les Conti, les Biron, les La Trémouille, les Duplessis-Mornay.
Il mourut à Lisieux, le 4 juin 1 592 ; il n'était âgé que de cinquante ans. Il unissait à un brillant courage des talens militaires et les vertus de la vie privée. Il n'aimait pas la flatterie : si on lui rappelait ses succès : « Oui, disait-il, là peut-être j'ai bien » fait; mais, dans beaucoup d'autres occasions, j'ai » commis des fautes. »