DUC DE MAYENNE ET D^A IGUIL LON
Henri de Lorraine, fils de Charles, duc de Mayenne, et de Henriette de Savoie, devint, à la mort de son père en 161 1 , chef de la maison de Lorraine. Jeune, ambitieux, ami des plaisirs, il entra en i6i3 dans la cabale formée contre le marquis d'Ancre, avec tousceux, dit Gr^monà^quibus calebal amore sanguis (à qui l'amour faisait bouillir le sang). C'étaient en effet des femmes, pour la plupart piquées de n'être pas admises aux plaisirs des petits appartemens de Marie de Médicis, qui employaient toutes les ressources de la coquetterie pour soulever les jeunes seigneurs contre la régente et son favori : de ce nombre était la comtesse de Soissons. Quoique mère d'un fils prêt à marier, elle n'était pas encore dépourvue d'attraits :
elle en essaya l<- pouvoir sur Le duc <lc Mayenne,
lans l'intention de l'enlever au parti de la rein* ;
elle le reçut chez elle avec un air de préférence, i i
souffrit qu'il lui parlât de mariage. Ce manège de galanterie dura jusqu'à ce que le duc fiït ;hv z engagé avec les mécontens pour ne pouvoir plus se dédire.
Lorsqu'en 1G1 5 Condé quitta la cour, sous Je prétexte que le mariage projeté entre Louis Mil et Anne d'Autriche ne convenait pas aux intérêts de la couronne de France, Mayenne (i) se retira à Soissons, tandis que Bouillon se rendait à Sedan, et Longueville à Amiens; il fut, vers celte époque, déclaré criminel de lèse-majesté, avec ses adhérens, par un éditdu parlement de Paris; niais la paix de Loudun les réhabilita comme innocent et bons serviteurs du roi. De semblables raccommodemens n'étaient que des trêves passagères données à l'animosité. Bassompierre osait reprocher à Marie de Médicis de sommeiller : « Je vous ferai » bien lot voir, répondit-elle, que je ne dors pas tou- » jours. » Son réveil fut marqué par l'arrestation
(1) C'est pourtant le duc de Mayenne qui avait été envoyé en ambassade à Madrid, en 1612, pour disposer la cour d'Espagne ace mariage. (Voir, dans le Mercure français, la mciveillcuse description de celte ainbass.ulr.
du prince de Condé : Thémines l'arrêta au Louvre le ier septembre 1616. Cette mesure devait être commune aux ducs de Vendôme, de Joinville, de Guise, de Bouillon et de Mayenne; mais, avertis à temps, ils quittèrent Paris.
En 161 9, les intrigues de la cour et les levée* de bouclier avaient pris une autre direction : Condé était à la tête de l'armée royale, et marchait avec le jeune roi contre Marie de Médicis.
Mayenne s'était jointà d'Épernon pour recueillir et défendre la reine-mère : ils lui proposaient de quitter Angers, où elle se trouvait, pour se retirer soit dans la Guienne, soit dans l'Angoumois : ils se flattaient que, dans ces provinces, où ils étaient tout-puissans, ils deviendraient assez redoutables pour forcer Louis XIII à éloigner de Luynes, son favori, et à les appeler à la direction des affaires. Marie de Médicis, toujours défiante, toujours irrésolue, écouta d'autres conseils, et accepta la paix que lui dicta son fils. « Mayenne vint trouver le » roi à Poitiers, le 6 septembre 1620; S. M. lui » dit: «J'oublierai le passé en me servant fidèlement » à l'advenir. » « Ce qui dit, il la mena chez la » royne sa mère. »
En 1621, Louis XIII, conformément aux résolu 23
lutions prises a Hngers, tourna ses forces contre les huguenots. \j>ns aile suite de victoires, son
armée vint échouer contre Montauhan. Ces! là que le duc de Mayenne fut lue d'un COUp de mousquet dans l'œil.