‹ Le Château d'Eu (volume 3)Chapitre 66 sur 73 · DUCHESSE DE NEVEUS · texte numérisé non relu

DUCHESSE DE NEVEUS

Catherine de Lorraine, fille de Charles, due de Mayenne, et de Henriette de Savoie, naquit en i585. Elle fut mariée, en février 1^99, à Louis de Gonzague, prince de Mantoue, duc de Nevers , gouverneur de Champagne, qui avait été envoyé à Rome, comme ambassadeur, en 1693, pour assurer le pape de la sincère conversion de Henri IV.

Tourmentée de la manie de briller à la cour, la duchesse de Nevers se jeta dans les intrigues que la vanité blessée de la comtesse de Soissons avait ourdies contre Marie de Médicis, pour se venger de n'avoir pas été admise dans les divertissemens dont la régente avait confié la direction à la princesse de Conti. Le duc de Nevers s'était d'abord joint au parti du marquis d'Ancre : la duchesse profita de son ascendant sur son esprit pour lYn de

lâcher , et il entra dans la cabale des princes contre Marie de Médicis. Le traité de Sainte-Menehould , du i5 mai i6i4? avait un moment assoupi l'audace des factions; mais, à cette époque, une affaire d'étiquette, une question de préséance, un caprice ou un coup d'œil d'une dame de la cour décidaient de la fidélité des grands seigneurs au trône, et des bannières sous lesquelles ils se rangeraient. La duchesse de Nevers avait conservé son ressentiment; aussi fut-elle comprise dans la déclaration royale qui fut rendue contre son époux le 17 janvier 161 7. On y lit : « La duchesse de Nevers se se- » roit présentée le quatorzième jour de novembre » aux portes de la ville de Rheims, où, arrivant, » elle auroit commandé au lieutenant de ville, et » autres habitans, de se saisir du marquis de la » Vieuville, notre lieutenant -général; et sur ce » qu'il l'auroit priée de se retirer, lui disant ne la » pouvoir laisser entrer en ladite ville, elle auroit » usé envers lui de plusieurs menaces et injures. » Morte en 161 8, elle ne put assister à la fortune brillante où fut appelé son époux , lorsque le duc de Mantoue et de Montferral lui légua ses états. Elle avait laissé une Mlle, la princesse Marie de Gonzague, dont Gaston de France, frère du roi,

parut un moment épris. Marie de Médicis, dont

cette inclination contrariait les vues politiques, s'emporta jusqu'à la faire enlever pendant la nuit, et enfermer au château de \ incennes. L'inconstant et faible Gaston ne tarda pas à faire le sacrifice de son amour pour regagner les bonnes grâces d< mère.

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