‹ Le château d'Eu (volume 4)Chapitre 16 sur 89 · JEAN I · texte numérisé non relu

JEAN I

DUC DE BOURBON

Jean I, duc de Bourbon, comte de Clermont, de Montpensier et de Forez, seigneur de Beaujolais, Dombes et du pays de Combrailles, pair et chambrier de France, fils aîné de Louis II, duc de Bourbon, et d’Anne, dauphine d’Auvergne, né en mars i38o, marié le 24 juin i4oo à Marie de Berri, fille de Jean de France duc de Berri, et de Jeanne d’ Armagnac, laquelle Marie de Berri était veuve de Louis III de Châtillon, comte de Dunois, et de Philippe d'Artois, comte d’Eu.

En i4t4, au siège de Soissons, défendu par Enguerrand de Bournon ville , le plus ardent capitaine de la faction bourguignonne , Hector de Bourbon , fils naturel de. Louis II de Bourbon, avait été assassiné par un archer du gouverneur. Jean , qui ai- «

niait beaucoup son frère, prince, accompli, vengea sa morten faisant livrer au pillage la ville dont son courage l’avait rendu maître : il poursuivit l’armée bourguignonne et les Anglais jusqu’en Flandre, et en fit un horrible carnage.

Il se trouva au siège d’Arras , dont Jean de Luxembourg était gouverneur. Plus tard, il acheva de délivrer les provinces méridionales des brigands à qui la misère mettait sans cesse les armes à la main.

A la cour, il partageait la faveur d’Isabelle de Bavière et la puissance du duc d’Orléans. Il était galant et magnifique , et donnait à la reine les plus brillantes fêtes.

Un enthousiasme romanesque pour la chevalerie lui fit former le vœu de passer en Angleterre et de combattre tous les chevaliers qui se présenteraient avec la lance, l’épée, la dague et la hache d’armes. Il fit publier ses lettres de défi dans toute l’Europe : « Désirant (disait-il) échiver oisiveté, et » explecter notre personne, en avançant notre hon- » neur par le métier des armes, pensant y acquérir » bonne renommée et la grâce très-belle de qui » nous sommes serviteurs. »

Il fut fait prisonnier par les Anglais, en 1 4 1 5 , à la bataille d’Azincourt, où il commandait l’avant-

garde-française. Le roi Henri V le lit enfermer au château de Pomfret pour se venger du peu de succès de la mission dont il l’avait chargé auprès du roi de France : il mourut dans les fers, en 1 433 , à l’âge de cinquante-trois ans. Ses cendres, d’abord inhumées dans l’église des Carmes de Londres, furent, dix-huit ans après, transportées au prieuré de Souvigny en Bourbonnais.

LOUIS DE BOURBON

COMTE DE VENDOME

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