REINE D*>ÉCOSSE
M ('Peint d’après un portrait qui est au Musée Royal.)
Magdeleine, fille de François I et de Claude de France, née à Saint - Germain -en- Laye, le i& août i52o.
Elle était d’une grande vertu, d’une beauté et d’un esprit remarquables. Sa réputation fit beaucoup désirer sa main à Jacques Y, roi d’Ecosse, qui était un des princes les plus accomplis de son temps. Dans le but de mériter les bonnes grâces de François I, lorsque le roi de France craignait un envahissement de l’empereur Charles -Quint, il avait armé une flotte pour venir le secourir avec 16,000 hommes. La tempête la dispersa, mais Jacques aborda à Dieppe, et vint demander à François I sa fille Magdeleine. François la lui accorda , et Magdeleine, malgré les avis qui la détournaient
d’aller habiter une contrée sauvage, consentit à cette union \ répondant : « Pour le moins tant que » je vivrai, je serai reine, ce que j’ai toujours dé- » siré. » Le mariage se fit à Paris le ier janvier 1537.
« Mais quand Magdeleine. fut en Ecosse, dit Bran-
» *tôme, elle en trouva le pays tout ainsi qu’on luy
» aVoit dict et bien différent de la douce France. » Toutesfois , sans autre semblant de sa repentance/ » êlle ne disoit autre chose , sinon ; « Hélas ! j’ay r » voulu estre reyne ; « couvrant sa tristesse et le feu » de son ambition d’une cendre * de patience le » mieux qu’elle pouvoit, »
Elle y mourut de la fièvre, dès le 7 juillet suivant. Ronsard lui avait été donné^omme page par le duc d’Orléans, et l’avait suivie en Écosse. Ce
poète a consacré ces vers à sa mémoire :
« La belle Magdeleine, honneur de chasteté,
» Une grâce en beauté , Junon en majesté ,
» A peine de l’Ecosse avait touché le bord ,
» Quand, au lieu d’un royaume, elle y trouva la mort. » Ni larmes du mari, ni beauté, ni jeunesse,
»> Ni vœu, ni oraison ne fléchit la rudesse « De la parque ! ô cruel et pitoyable sort ! »
MARGUERITE DE FRANCE