‹ Le Château d'Eu (volume 5)Chapitre 16 sur 90 · JEAN I · texte numérisé non relu

JEAN I

DUC DE BOURBON

Jean I, duc de Bourbon, comte de Clermont, de Montpensier et de Forez, seigneur de Beaujolais, Donibes et du pays de Combrailles, pair et chambrier de France , fils aîné de Louis II , duc de Bourbon, et d'Anne, daupbine d'Auvergne, né en mars i38o, marié le il\ juin i4oo à Marie de Berri, fdle de Jean de France duc de Berri, et de Jeanne d'Armagnac, laquelle Marie de Berri était veuve de Louis III de Châtillon, comte de Dunois, et de Philippe d'Artois, comte d'Eu.

En 1 4T4 ? au siège de Soissons, défendu par Enguerrand de Bournon ville , le plus ardent capitaine de la faction bourguignonne , Hector de Bourbon , fils naturel de Louis II de Bourbon, avait été assassiné par un archer du gouverneur. Jean, qui ai-

niait beaucoup son frère, prince accompli, vengea sa mort en faisant livrer au pillage la ville dont son courage l'avait rendu maître : il poursuivit l'armée bourguignonne et les Anglais jusqu'en Flandre, et en fit un horrible carnage.

Tl se trouva au siège d'Arras , dont Jean de Luxembourg était gouverneur. Plus tard, il acbeva de délivrer les provinces méridionales des brigands à qui la misère mettait sans cesse les armes à la main.

A la cour, il partageait la faveur d'Isabelle de Bavière et la puissance du duc d'Orléans. Il était galant et magnifique, et donnait à la reine les plus brillantes fêtes.

Un enthousiasme romanesque pour la chevalerie lui fit former le vœu de passer en Angleterre et de combattre tous les chevaliers qui se présenteraient avec la lance, l'épée, la dague et la hache d'armes. Il fit publier ses lettres de défi dans toute l'Europe : « Désirant (disait-il) échiver oisiveté, et » explecter notre personne, en avançant notre hon- » neur par le métier des armes, pensant y acquérir )> bonne renommée et la grâce très-belle de qui » nous sommes serviteurs. »

Il fut fait prisonnier par les Anglais, en i4i5, à la bataille d'Azincourt, où il commandait favanl-

garde-française. Le roi Henri V le fit enfermer au château de Pomfret pour se venger du peu de succès de la mission dont il l'avait chargé auprès du roi de France : il mourut dans les fers, en i433, à l'âge de cinquante-trois ans. Ses cendres, d'abord inhumées dans l'église des Carmes de Londres, furent, dix-huit ans après, transportées au prieuré de Souvigny en Bourbonnais.

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LOUIS DE BOURBON

COMTE DE VENDOME

Louis de Bourbon, comte de Vendôme et de Chartres, seigneur de Mondoubleau, etc., grandchambellan et grand-maître de France, second fils de Jean de Bourbon I , comte de la Marche , et de Catherine , comtesse de Vendôme ; marié le i i décembre \l\\l\ en premières noces à Blanche de Boucy, dont il n'eut point d'enfans,et en secondes noces, le il\ août 1 4^4 ? à Jeanne de Laval, fille aînée de Jean de Montfort et d'Anne, dame et héritière de Laval et de Vitré.

Il fut fait chevalier, en i4o6, lorsque, avec son frère , le comte de la Marche, il enleva sept vaisseaux aux Anglais, prit et pilla Plymouth.

En 1 4*3, ce même frère, jaloux des avantages que Catherine de Vendôme, comtesse douairière

delà Marche, avait faits en mourant au comte (Je Vendôme, fondit sur lui avec un corps de troupes , le surprit et le renferma dans une affreuse prison ; mais, au cri de la nature et du remords, il lui rendit sa liberté et ses biens.

Pendant sa captivité, le comte de Vendôme avait fait vœu de pèlerinage aux églises de Chartres et de Saint-Denis : libre , il s'y rendit nu-pieds et en chemise, portant un cierge de cinquante livres, suivi de cent officiers ou domestiques dans le même état d'humiliation; il se reconnut vassal de la sainte Vierge et redevable d'une rente de 7 3 livres d'or.

En i4i 5, il fut envoyé à Londres, auprès du roi Henri V, pour détourner la guerre ; mais cette ambassade, malgré sa magnificence, demeura sans succès. Fait prisonnier à la bataille d'Azincourt en i4i5,il s'échappa d'Angleterre en i4a3, et vint offrir à Charles VII, qu'on n'appelait plus que le petit roi de Bourges , sa vie et ses biens.

Il s'acquitta d'un nouveau vœu à Vendôme ; car ce siècle était à la fois celui de la guerre, de la dévotion et de la galanterie.

Il se trouva à la levée du siège d'Orléans en 14^9; au sacre du roi à Reims, où il représentait le duc

de Guienne. En i43o, il fit vivement la guerre aux Anglais , s'efforçant de venger Jeanne d'Arc. Il commandait l'armée royale au siège de Montereau, en i439.

Il entra dans la révolte dite la praguerie , et, comme les autres princes qui y avaient pris part , il obtint sa grâce du roi.

En i44°? il avait été chargé de négocier la paix avec les Anglais , à Saint-Omer ; il s'attendait à traiter avec des princes; mais, voyant arriver au congrès l'évêque de Rochester et lord Fanhope, il refusa d'entrer en conférence avec des ministres d'un rang si inférieur au sien , et il quitta brusquement Saint-Omer. La cour de France approuva sa fierté ; cette négociation fut reprise en i445. Le comte de Vendôme, à l'âge de soixante-dix ans, se rendit à Londres en ambassade; mais la mort le surprit avant d'avoir vu couronner ses vœux pour la paix générale : les fatigues du voyage achevèrent de détruire sa santé : il mourut à Tours, le i\ décembre i446.

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