AMIRAL DE FRANCE
( Peint d'après un portrait qui est au Musée Royal. )
Philippe Chabot, seigneur de Brion , d'une famille illustre, originaire du Poitou, amiral de France, chevalier de l'ordre de Saint-Michel et de la Jarretière, gouverneur de Bourgogne et de Normandie , naquit en 1489.
Il était fort avant dans les bonnes grâces de François I; il l'accompagna à la bataille de Marignan ; il fut fait prisonnier avec lui à la bataille de Pavie. Quelques années plus tard, il fut chargé de soumettre le Piémont. Déjà les villes de la Bresse , de la Savoie, lui avaient ouvert leurs portes, il marchait en vainqueur sur Turin , lorsque le connétable de Montmorency, jaloux sans doute de sa gloire, se ligua avec le cardinal de Lorraine pour l'accuser hautement de malversations. François 1
chercha à le soustraire à cette accusation ; niais, dans un entretien qu'il eut avec l'amiral, celui-ci mit tant de hauteur dans sa réponse , il repoussa avec tant de dédain et les reproches qu'on lui adressait , et les offres de bienveillance que lui faisait le roi, qu'une commission fut nommée pour le juger; elle était présidée par le chancelier Poyet. Chabot fut condamné à perdre ses charges, à payer une amende de 70,000 écus, et à être banni pour toujours. Heureusement pour lui, la duchesse d'Étampes était dans ses intérêts : quelques-unes de ses belles larmes attendrirent le roi, et Chabot fut rappelé.
« Me vanterez-vous encore votre innocence ? lui » dit le roi. — Sire, répondit-il, j'ai trop appris » que nul n'est innocent devant son Dieu et devant » son roi; mais j'ai du moins cette consolation, que » toute la malice de mes ennemis n'a pu me trou- » ver coupable d'aucune infidélité envers votre » majesté. » François I l'embrassa devant toute sa cour , mais il ne lui rendit pas cette première affection qui l'avait fait passer pour son favori.
Philippe Chabot mourut en i543. Sa postérité masculine s'éteignit avec son fils, qui ne laissa que des filles.
l\\H^1'\\'\\%'\^\\^/\l\,\\tVl\\'V\\'\iV\ViVt\\^l