‹ Le chateau d'euChapitre 5 sur 87 · ANNE-MARIE MARTINOZZI · texte numérisé non relu

ANNE-MARIE MARTINOZZI

PRINCESSE DE CONTI

(Peint d’après un portrait qui fait partie de la collection de Condé, appartenant à S. A. K. le duc d’Àumale.)

Anne-Marie Martinozzi, fille puînée du comte Jérôme Martinozzi, gentilhomme romain, et de - Laura-Marguerite Mazarini, sœur aînée du cardinal Jules Mazarin, naquit à Rome en 1637. Elle fut mariée à Paris, le 22 février i 654 > au prince de Conti. La mort de son époux la laissa veuve en 1666. Pleine de tendresse pour ses enfans, elle se livra tout entière à leur éducation. Le savant Lancelot fut choisi par elle pour leur précepteur. Elle fit examiner avec scrupule la fortune qu’elle tenait du cardinal, et restitua, de la manière qui lui parut la plus équitable, jusqu’à 800,000 livres qui lui avaient semblé avoir été mal acquises. Dès lage de dix-neuf ans elle avait pris en dégoût les grandeurs, et s’était retirée du monde, ne trouvant le bonheur que dans la pratique des vertus chrétiennes. Elle mit dans sa

maison la règle austère d’un couvent. Elle fut d’une charité admirable pour les pauvres, et, dans des momens de famine , elle se priva de tout pour les secourir. Elle contracta une intime liaison avec les solitaires de Port-Royal, et s’intéressa vivement à eux.

Elle mourut à Paris, dans son hôtel, le 4 février . 1672 , âgée seulement de trente-cinq ans. Son corps fut porté dans l’église de Saint-André, sa paroisse, son cœur aux Carmélites de la rue Saint-Jacques, et ses entrailles à Port-Roy al-des-Champs.

Voici comme madame de Motte ville parle d’Anne- Marie Martinozzi dans ses Mémoires : « Avec de la » beauté, elle avait beaucoup d’esprit et de raison.

» Ces qualités , si agréables à un mari , ont été per- » fectionnées par sa piété, qui a été si grande qu elle » a eu l’honneur de suivre le sien dans le chemin » austère de la plus sévère dévotion ; mais elle a eu » cet avantage sur lui qu’elle a donné à Dieu une » âme toute pure, et dont l’innocence a servi de » fondement à sa vertu, à l’amour qu’elle a eu pour » lui, à l’estime qu’elle a faite de ses bonnes qua- » lités, et à la reconnaissance qu’elle a eue de l’hon- » neur qu’il lui avait fait. »

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