COMTESSE DE TOULOUSE
»co«
Marie-Victoire-Sophie de Noailles, fille d’ Anne- Jules, duc de Noailles, et de Marie-Françoise de
Bournonville, née le 6 mars 1688, mariée en pre-
mières noces à Louis de Pardaillan d’Anlin, marquis de Gondrin, et en secondes noces, le 22 février 1723, à Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse; morte le 23 septembre 1766.
La marquise de Gondrin était charmante; devenue veuve, elle séduisit par ses grâces et son amabilité le comte de Toulouse, qui d’abord l’épousa
secrètement, mais qui déclara ensuite son mariage. Elle faisait à merveille les honneurs de sa maison , et Louis XV appréciait infiniment les agrémens de sa société. Aussi allait-il souvent chasser â Ram-
bouillet, afin d’y passer la soirée. Là, content parce qu’il était libre, le jeune roi, dans des soupers délicieux dont mademoiselle de Clermont, mademoiselle de Sens, mademoiselle de Charolois et la comtesse de Toulouse faisaient le charme et l’ornement, se livrait avec abandon aux jouissances de l’esprit et aux plaisirs d’une conversation vive et enjouée. C’est au milieu de ces fêtes et de cette douce intimité qu’on prétend que la comtesse de Toulouse obtenait de sa majesté toutes les grâces qu’elle sollicitait. C’est là qu’elle prépara la fortune du duc d’Antin, enfant de son premier lit; c’est là qu’elle ménagea pour le duc de Penthièvre, fils du comte de Toulouse, encore enfant, la survivance de la charge de grand-amiral et des gouvernemens de son père.
Elle était fidèle en amitié : lorsque madame de Mailly (i), première maîtresse de Louis XV, fut exilée pour faire place à sa sœur, madame de Château roux, la comtesse de Toulouse ne cessa pas de l’accueillir, et même elle la logea dans son palais pendant plus d’une année.
(1) Un jour la comtesse de Mailly, étant arrivée trop tard à un sermon , occasiona quelque dérangement. Un homme de mauvaise humeur s’écria : « Voilà bien du tapage pour une ! — Puisque vous la connais-
» sez , répondit la comtesse de Mailly, priez Dieu pour elle. »
Elle conserva jusqu’à lage avancétKe soixantedix-huit ans la bienveillance et l’amitié de Louis XV, et mourut entourée de l’estime et de la considération publiques.
292 bis .
LA MÊME