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Le chateau d'eu notices historiques

Gaston de France, fils de Henri IV et de Marie de Médicis, naquit à Fontainebleau, le a5 avril 1 608.

Ce prince fut confié, dès sa plus tendre enfance, à M. de Brèves , qui joignait à des lumières politiques une haute probité. Il s'appliqua à faire germer dans le cœur de son illustre élève l'amour de la

vertu et le goût des sciences et des arts. Les proni. 1

grès de Gas to n don n èren t de Y o m brage à Louis XIII : de Brèves fut congédié. On lui substitua le comte de Ludes. Déjà vieux , mais toujours ami des plaisirs, ce seigneur remit à des subalternes les soins de l'éducation dont il était chargé. Leurs peruicieuses complaisances commençaient à corrompre les honorables impressions que l'âme du jeune prince avait reçues, lorsque le colonel Ornano succéda au comte de Ludes. Ornano avait des principes plus sévères, a Se souvenant qu'il avait à élever » un fils de Henri IV, il s'attacha à former le natu- » rel de Gaston à toutes les grandes choses (i). » Mais son ambition l'entraîna à donner à son disciple des conseils indiscrets, qui ne firent qu'irriter la jalousie du roi. Il le pressait surtout de demander l'entrée au conseil. Ornano fut arrêté une première fois. Richelieu , pour complaire au frère du roi, le fit rendre à la liberté; mais Ornano, qui fut fait maréchal , ne se montra pas plus modéré dans ses rêves ambitieux. La cour était alors divisée au sujet du mariage de Gaston. Louis XIII ne redoutait rien tant que de voir une postérité à son frère; Marie de Médicis voulait unir le jeune prince à mademoiselle de Montpensier, la plus belle et la

(1) Mémoires d'un Favori.

plus riche héritière du royaume; la comtesse de Soissons, qui avait désiré cette union pour son fils, cherchait à s'opposer à l'hymen de Gaston. Ornano eût préféré la main d'une princesse étrangère, parce que son alliance eût fait espérer, en cas de besoin, un secours de troupes ou d'argent. Au milieu de ces intrigues, Richelieu, importuné des projets d'Ornano, marchait gravement à son but, qui était le mariage de mademoiselle de Montpensier avec Gaston. Le maréchal fut arrêté une seconde fois à Fontainebleau : Gaston pleura, se répandit en menaces ; le cardinal resta inflexible. Ce fut alors que s'éleva contre Richelieu cet orage qui faillit à lui enlever la puissance et là vie. Une troupe de jeunes gens, ayant à leur tête Chalais, maître de la garde-robe , qui s'autorisait de la faveur du roi et des emportemens de Gaston contie le cardinal, forn^e le complot d'aller assassiner ce prélat à Limours , maison de campagne peu éloignée de Fontainebleau. Le commandeur de Valencé, a qui Chalais avait confié son secret, en avertit Richelieu, qui se rend aussitôt chez Gaston : « J'ai » appris, lui dit-il, que votre altesse royale vou- » lait prendre un divertissement dans ma maison :

» j'aurais été flatté qu'elle m'eût accordé la satisfac-

m lion d'en faire les honneurs; mais, puisqu'elle » veut y être libre, je ia lui cède. » Le cardinal salue, se retire sans attendre la réponse, et laisse Gaston et ses complices tout confus.

La cour se transporte à Nantes : Chalais est arrêté et mis dans les cachots de cette ville. Gaston demanda sa grâce avec toute l'ardeur de son âge; il pria, conjura, menaça. Désespéré de l'attitude inexorable de Richelieu, « il résolut de quitter la » cour; il monta à cheval, lui huitième; s'enfuit » d'une vitesse incroyable; mais, avec trois conser- » ves et deux prunes de Gènes, le cardinal chassa » toute l'amertume de son âme, et S. A. R. revint à » Nantes,' où elle épousa enfin, le 6 août 1626, » Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier(i). » Le lugubre appareil d'un jugement criminel vint attrister lés fêtes de l'hymen : la tête de l'infortuné Chalais roula sur l'échafaud (2). haine de Gas-

(1) Mémoires d'un Favori.

(2) * L'exécuteur du grand-prévôt s'était évadé. ()n n'a pas eu la patience d'en envoyer quérir uu autre à Hennés. On â tiré deux hommes destinés au çibet des prisons de celte ville, dont l'un a fait I xéculeur, et l'autre lui a assisté pour le servir : mais ça a été avec si peu d'adresse, qu'outre les deux premiers coups d'une épée suisse qu'on a achetée sur-le-champ , il lui en a donné trente-quatre d'une doloire dont se servent les tonneliers, et a été contraint de le retourner de l'autre côle pour l'achever de couper. Impatient criait jusqu'au vingtième coup: Jésus, Maria ctregina cœli!»

{Mémoires d'un Favori, page 142.)

aftr

ton contre Richelieu, à qui il attribuait la froideur qu'avait pour lui le roi , détermina ce prince à prendre une attitude hostile; mais il manquait de force et de dignité dans le caractère, et son inimitié s'exhalait en vaines bravades. Il quitta la cour, et se retira d'abord à Orléans, où il fut rejoint par tous les jeunes seigneurs mécontens de la tyrannie austère du cardinal. Louis XIII marcha vers cette ville avec une escorte qui pouvait passer pour une armée; Gaston s'enfuit en Lorraine, où bientôt, à la sollicitation de son favori Puylaurens , il épousa secrètement la princesse Marguerite. Louis XIII, informé de cette union, fit prondneer, par arrêt du Parlement du %(\ mars i634, « ajournement » personnel contre la princesse Marguerite , le duc » Charles François de Lorraine et la princesse de » Phalsbourg, et déclarer, par arrêt du 5 septem- » bre 16S4, le mariage non valablement contracté; » le duc Charles criminel de lèse-majesté ; les biens » féodaux de la Lorraine réunis à la couronne de » France; et qu'il serait érigé, pour mémoire, une » pyramide dans la principale ville de Bar, pour » éterniser ledit arrêt sur cuivre ou sur marbre. »

Précédé de ces foudres parlementaires, le monarque marcha sur la Lorraine, s'empara du duché

fi

de Bar, et obligea Gaston à se retirer à Bruxelles. Là, entouré de tous les disgraciés, il songea à rassembler une armée pour rentrer en France. « Un » fils de France est toujours fort, disait le président » Le Coigneux, quand il peut attirer la pitié. » Ce n'est pas assez; il faut encore , lorsqu'on accepte le rôle de chef de parti, et qu'on ose lutter avec son roi, montrer quelques-unes de ces qualités solides qui commandent la confiance. Gaston, prince aimable, mais sans constance et sans fermeté, ne put réunir que quelques troupes indisciplinées, avec lesquelles sa présomption se flattait de contraindre son frère à renverser Richelieu. Il rentra en France, traversa la Bourgogne , et pénétra dans le Languedoc, où le maréchal de Montmorency, gouverneur de cette province, lui avait promis son appui. La bataille de Castelnaudary, où Schomberg commandait pour le roi, et où Montmorency fut blessé et fait prisonnier en i632, réduisit Gaston au désespoir; il implora sa grâce, et reçut avec reconnaissance l'ordre de se retirer à Tours , tandisque le dernier rejeton de la branche aînée des Montmorency tombait à Toulouse sous la hache du bourreau.

La rigueur de Richelieu servit de prétexte à la nouvelle évasion du duc d'Orléans. « Mais, dit

» Montrésor, le véritable motif fut le désir de re- » joindre la princesse Marguerite. Monsieur partit » donc de Tours, traversa la,Beauce, fut à Monte- » reau-sur- Yonne, duquel lieu il écrivit au roi, par » l'un de ses gardes, une lettre qui contenait les » raisons de son éloignement (i); de là à Dun-sur- » Meuse, Namur, Bruxelles, où il fut reçu par Pio- » fante Isabelle. »

Ceux qui n'avaient pas craint de déshonorer Gaston en souffrant qu'il abandonnât Montmorency furent les premiers à le presser de venger sa mort; mais Richelieu, dont la politique faisait tour à tour servir à la conservation de sa graUdeur» et les échafauds et les faveurs de la cour, gagna Puylaurens en lui donnant en mariage mademoiselle de Pontchâteau, une de ses cousines , ^vec six cent mille écus de rente et la duché-pairie. Le favori de Gaston, tout-puissant sur l'esprit de son maître, le décida à déposer .ses ressentimens et à revenir à la cour. Ce prince arriva à Saint-Germain le 27 octobre i634. Le roi le reçut avec une extrême bonté. Il lui dit en lui présentant Richelieu : « Mon frère, » je vous prie d'aimer M. le cardinal. — Je l'aimerai » comme moi-même, répondit le facile Gaston , et

1) Voir celle lettre, Mémoires d'un Favori, page 238.

» je suis résolu à suivre ses conseils. » Le lendemain, Richelieu lui donna une fête magnifique à Ruel (i).

Cette réconciliation n'était qu'une trêve aux intrigues dont le but secret était toujours la ruine du cardinal. Le comte de Soissons et Gaston avaient autorisé la conspiration formée à Amiens en i636 par Montrésor et Saint-Ibal , deux gentilshommes attachés au comte; mais, à l'instant où Saint-Ibal allait frapper Richelieu , Gaston, troublé, détourna la tête, et n'osa pas donner le signal convenu. Des deux princes , l'un se retira à Sedan , l'autre à Blois, non sans s*être promis de se défaire de leur ennemi commun par des moyens plus nobles qu'un assassinat. Le comte de Soissons publia- à Sédan son manifeste pour la justice des armes des princes de la paix (2). La bataille- de Marfée, livrée le 6 juillet 1641 , coûté la vie à ce prince victorieux : Richelieu respire, et de nouvelles rigueurs vont ensanglanter son triomphe. L'imprudent et fastueux Cinq^Mars avait osé concevoir le projet de renverser le cardinal. Gaston, qui avait enhardi le grandécuyer dans son complot , Gaston, qui avait conclu

(1) Jay, tome 1

(2) Voir ce manifeste très-remarquable dans Montrésor , page 373.

un traité avec les Espagnols, par lequel « S. M. s'en- » gageait â lui fournir douze mille hommes de pied » et cinq mille chevaux, et une pension de douze » mille écuspar mois (i); » Gaston , voyant arrêter Cinq-Mars, n'eut pas la force de résister aux menaces de Richelieu, et, trahissant à la fois l'amitié et l'honneur, il livra l'original-du traité au juge de ses complices, et lui révéla* leurs noms. Cinq-Mars fut exécuté à Lyon le ^septembre 1642. Le duc de Bouillon racheta sa vie par la cession de sa principauté de Sédan, et Gaston eut la permission^d'aller cacher sa honte à Blois. Richelieu ne borna pas sa vengeance à cet exil; il fit rendre par le roi, le 1" décembre 1642, une déclaration par laquelle Louis X1IÎ, après nVie longue énumération des trahisons de son frère, « ordonnait qu'à l'avenir Gaston » ne pourrait avoir aucune administration dans le » royaume, ni être régent (a). » Mais, le a3 avril i643, après la mort du cardinal, le roi révoqua cette déclaration flétrissante, et le créa, par son testament, lieutenant-général dii royaume.

Sous la régepce d'Anne d'Autriche, on aime à

(t) Voir ce traité, en vingt articles , fait entre le comte-duc pour le roi •l'Espagne et M. de Fontrailles pour et au nom de Monsieur, A Madrid , le 13 mai 1642. ( Mémoires de Montrrsor.)

(2) Voir celle déclaration dans Montrcsor, page 156, tome h. *

voir ce prince, chargé du commandement des armées du roi , se distinguer par la prise de Gravelines , de Courtray, de Mardick. On le retrouve dans toutes les intrigues des princes, de la cour et des Parlemens : il y conserve son caractère incertain, vacillant; mais du moins sa faiblesse ne descend plus jusqu'à la lâcheté; son opposition ne traîne pas à Téchafaud ses trop crédules partisans. Il n'a plus à lutter contre l'impitoyable* Richelieu ; il ruse avec l'artificieux Mazarin (i). Tantôt du parti delà cour, tantôt .opposé à la régente; tantôt ami de Condé, tantôt son adversaire; toujours envieux de la première autorité, sans avoir jamais le courage de s'en saisir; on sent qu'il se complaisait dans ce grand commérage politique qu'on a «nommé la Fronde. Enfin, lorsqu'en i65a Paris redemanda impérieusement son roi, Gaston se retira à Blois. Là ce prince vécut tranquille et dans des sentirqens de piété « que » lui avaient inspirés, dit mademoiselle de Mont-

(1) Le coadjuteur le pressait de faire marcher ses troupes contre Mazarin.... « Si vous étiez, lui répondit-il , né fils de France, infant d'Espagne, » roi de Hongrie ou prince de Galles, vous ne me parleriez pas comme vous » faites. Sachez que, nous autres princes, nous comptons les paroles pour

• rien , mais, que nous n'oublions jamais les actions. La reine ne se ressou- » viendrait pas demain à midi de mes déclamations contre le cardinal si je

• le voulais souffrir demain au matin. Si mes troupes tirent un coup de » mousquet , elle ne me le pardonnera pas , quoi que je puisse faire , d'ici » à deux mille ans. » (Retz, tome m , page 82.)

» pensier, sa mauvaise santé, beaucoup d'exils, mille » désagrémens , et l'honnête passion qu'il avait pour » madame de Soyon (i). » Sa vie était exemplaire; il faisait beaucoup d'aumônes : il aimait à répéter qu'il ne retournerait jamais à la cour. « Si on m'ôte » mes revenus, ajoutait-il. si on veut me prendre » par famine, je camperai à Chambord avec tout » mon train : il y a assez de gibier pour me nourrir » long-temps ; j'y manger ai jusqu'au dernier cerf. » Mais ce repos sans honneurs n'avait pas contribué à sa santé : il avait rapidement vieilli , el la mort le frappa le i février 1660, LL la. vit venir sans frayeur et sans faiblesse (2), et, dans ses derniers momens, il ne s'attendrit que sur l'avenir de mesdemoiselles d'Orléans, d'Alencon et de Valois^ ses filles; il témoigna moins de regrets pour mademoiselle de Montpensier : ses longs procès avec cette princesse avaient altéré leur mutuelle affection.

(1) Le duc d'Orléans avait tendrement aimé Soyon, fille d'honneur de Madame. Cette. fille, touchée de dévotion ou de quelque chagrin, s'était jetée dans letouvent des Carmélites à dessein de se faire religieuse. Monsieur, ne pouvant souffrir son absence, se servit de l'autorité royale, de celle du Parlement , de la sienne propre et des conseils de toutes les amies de Soyon, pour l'en faire sortir.... Elle revint à la cour avec espérance de devenir bientôt dame d'atour de Madame.

(Mémoires de madame de Motteville, tome vu.)

(2) On raconte que l'abbé de Rancé , son aumônier, qui ne put l'assister dans ses derniers momens, fut tellement louché du récit de sa mort , qu'il entreprit aussitôt la réforme de la Trappe.

« Le duc d'Orléans, dit madame de Motteville, » était aimable de sa personne; il avait le teint et » les traits du visage beaux; sa physionomie était «agréable; ses yeux étaient bleus, ses cheveux » noirs. 11 ressemblait à un fils de roi, mais mal » nourri, k son inquiétude naturelle et à ses gri- » maces , il était aisé de voir en sa personne et sa » naissance et sa grande**. H était bon et de facile » accès; il avait de l'esprit, parlait bien et raillait » agréablement II avait beaucoup lu ; il savait Khis- » toire parfaitement, avec beaucoup d*au très scien- » ces curieuses : rien ne manquait à ce prince pour » la société, sinon qu'il était un peu trop glorieux » de garder IsGn rang. J*ai vu des femmes de qua- » lité se tenir debout dans le lied où il était, sans » qu'il eût l'honnêteté de*kur ordonner dé s'as- • » seoir. On l'accusait d'être timide et paresseux. » J'ai oui dire qu'il allait quelquefois dans les en- » droits les plus périlleux, aussi avant que les sim- » pies soldats; mais l'abbé de La Rivière le retenait » tant qu'il pouvait. Un jour que ce prince avait p jtien fait de sa personne, le maréchal de Gassion » lui dit quil avait été plus vite, parce que sa » remorque n'y était pas.... Sa piété serait entière- » ment estimable, si la paresse n'avait point eu

» quelque petite parlait vertu, et m son tempérament, ennemi de l'embarras, n'avait pas été » comme le sauvageon , sur lequel Dieu, avait enté » son amour et sa grâce. L'intrigue et l'ambition » de ses favoris l'avaient souvent, embarqué dans » la révolte et dans les conspirations ; mais on » peut dire que personne n'a plus aimé que lur le » repos; » * • .. , . . f ,

Ce portrait offre un grand caractère de vérité , quoique adouci à certains égards. La plume qui l'a tracé n'a pas craint cependant d'écrire que la mort de Mon tmorency adsJwnore Gaston. Il est trop certain que le supplice de cet illustre guerrier et la fin tragique de Chalais et de Cinq-Mars ont laissé sur le nom de ce prince des taches que ne peuvent effacer ni le* qualités aimables dont il était doué uLles talens militaires dont il donna plus d'une fois de brillantes preuves. Son éducation influa sur toute sa vie. Si on eût laissé à ses côtés le premier gouverneur, sous les auspices duquel il avait donné d'honorables espérances, peut-être que Gaston , à l'abri des mauvais conseils, des exemples subalternes, des faiblesses où ils entraînent, n'eût vécu que pour l'honneur et la gloire de la France ; mais, de bonne heure corrompu, il s'abandonna à de

faciles plaisirs, qui énervèrent son âme; et son caractère perdit dans la débauche (i) cette force et cette loyauté que réclamèrent plus tard, mais vainement, les circonstances politiques, où il essaya de jouer un rôle dont il ne pouvait atteindre la hauteur. L'inquiète jalousie de Louis XIII devait sans doute irriter son impatience ; majs , s'il n'était pas en lui d'opposer aux tracasseries du trône du calme et de la dignité ; si sa destinée malheureuse le poussait à la révolte, il fallait savoir tirer l'épée comme Guise, ne pas la remettre dans le fourreau au moment du danger, et périr les armes à la main , plutôt que de laisser rougir les échafauds du sang de ses amis. Mais il ne devait jamais être qu'un illustre brouillon. « Il pensait tout, dit Retz, et » il ne voulait rien ; et, quand par hasard il vou- » lait quelque chose, il fallait l'y pousser en même » temps , où plutôt l'y jeter, pour le lui faire exé- » cuter. »

Gaston se faisait d'ailleurs distinguer par les grâces de son esprit et le charme de son éloquence. On cite de lui des bons mots qui attestent qu'il

(1) 41 était joueur; souvent aussi la nuit il courait les bals et les mauvais lieux; il aimait à recueillir les anecdotes scandaleuses, pour en amuser ensuite le cercle de la cour.

avait hérité de la gaîté de Henri IV, son père (i). Il avait dès sa jeunesse aimé les lettres. Voiture et Vaugelas, qui lui avaient été attachés, avaient contribué à faire naître en lui ce goût. On doit citer à sa gloire que , lorsqu'en i658 , Molière, après avoir parcouru les provinces , vint à Paris Solliciter la permission de s'y établir avec sa troupe de comédiens, ce fut Gaston qui, le présentant au roi et à la reine-mère, lui fit accorder cette faveur. Il joua d'abord dans la salle desGardes duvieux Louvre (2). Ce prince aimait les plaisirs de la conversation. « Il faisait venir une ou deux fois par semaine » quelques-uns de ses principaux officiers et gen- » lilshomme.s dans'son cabinet: on agitait quelques » questions de morale ou de politique. Il y avait » une autre assemblée à certains jours, où il se » traitait des choses plus libres, et pour cela on

(1) Soubise étant allé à La Rochelle faire une visite à «a mère le jour du combat livré aux Anglais à l'île de Ré, Gaston dit : « Soubise vivra long-

• temps : il observe le précepte du décalogue : Tes père et mère hono-

• reras afin que vives longuement. • Lorsqu'il apprit la détention des princes de Condé, de Conti et du duc de Longueville : « Voilà, dit-il, un » beau coup de filet : on vient de prendre un lion, un singe et un renard.» Pendant un voyage du roi à Paris, Monsieur ayant rencontré la reine Anne d'Autriche qui venait de Taire une neuvaine pour avoir des enfans, Gaston lui dit en souriant : « Madame, vous venez de solliciter vos juges contre - moi : je consens que vous gagniez votre procès si le roi a assez de crédit

• pour cela. »

(2^ Moréri.

*> l'appelait le Conseil de la Vauriennerie. 11 était » fort curieux de tableaux , d'antiques, de médailv les;, il en avait fait un beau cabinet. Il aimait les » fleurs, allait herboriser lui-même, faisait repré- » setter au naturel les simples, par Jules Dona » Bella, son^peintre, avec leurs noms, qu'il con- » naissait comme le plus habile médecin de la fa- » culte. C'était un effet merveilleux de sa mémoire , » que de le voir parler des choses les plus remar- » quables de l'antiquité avec autant de facilité que » si elles se fussent passées en son temps (i). »

Le corps de Gaston, duc d'Orléans, fut porté à Saint-Denis « avec quelques gardes et quelques au- » môniers, sans le faire suivre que par très-peu de » ses autres officiers : cela se fit sans pompe ni dé- » pense (2). »

(1) Ces détails sont extraits des Mémoires du duc d'Orléans , attribués par les uns à Gaston, par les autres à Àlgay de Martigirac.

(2) Mémoires àejmadenioiselle de Monlpensîer.

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(Équestre sur marbre.)

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