‹ Le chateau d'eu notices historiquesChapitre 32 sur 76 · III · texte numérisé non relu

III

de ce zèle aventureux dans une autre circonstance. Gaston venait d'avoir avec la régente une vive alter- - cation au sujet des sceaux, qu'on avait étés à M. de Châteauneuf , en 1 65 1 , pour les remettre au premier président Molé. Il assemblaau Luxembourg le prince de Condé , le prince de Conti, M. de Beaufort, M. de Nemours, le duc de Brissac, Mon trésor et le coadjuteur. On ouvrit l'avis d'aller redemander les sceaux au premier président. L'indécision de Monsieur fit traîner la délibération. Il passa dans la chambre de Madame, où madame de Chevreuse et sa fille l'attendaient. La duchesse cFOrléans, qui pleurait de colère, et qui voulait qu'on se rendît maître de la personne des princes, dit : « Si nous prenons cette » résolution , il faut les arrêter tout à l'heure, et mon » neveu de Beaufort. — Ils sont allés dans le cabinet » des livres, répondit mademoiselle de Chevreuse, » attendre votre altesse royale. Il n'y a qu'à donner » un tour de clef pour les y enfermer. J'envie cet » honneur au vicomte d'Autel. Ce sera une belle » chose qu'une fille arrête un gagneur de batailles. » Et elle fit un saut en disant cela pour y aller. La grandeur de la proposition étonna Monsieur; il se mit à siffler, ce qui n'était jamais un bon signe, passa dans le cabinet des livres, et donna congé à

la compagnie. Les princes sortirent du palais en se moquant publiquement de la guerre des pots de chambre (i).

Mademoiselle de Chevreuse mourut en i65a d'une fièvre maligne qui l'emporta en vingt-quatre heures. « Cette princesse , s'il faut en croire le car- » dinal de Retz, n'avait que de la beauté, dont on » se rassasie lorsqu'elle n'est pas accompagnée. Elle » n'avait de l'esprit que pour celui qu'elle aimait; » mais, comme elle n'aimait jamais long-temps , on » ne trouvait pas long-temps qu'elle eût de l'esprit. » Elle s'indignait contre ses amans comme contre » ses bardes. Les autres femmes s'en lassent; elle » les brûlait. Je crois que, si elle eût pu mettre an » feu ses amans, elle l'eût fait du meilleur de son » cœur. » '

(1) Mémoires du cardinal de Relz, tome 11, page 307.

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