DUCHESSE DE SAVOIE
( Représentée avec; ses deux sœurs. )
Cm M.
Françoise-Madeleine d'Orléans, mademoiselle de Valois, fille de Gaston, duc d'Orléans, et de Marguerite de Lorraine, naquit le i3 octobre 1648.
Marguerite de Lorraine, occupée du soin d'établir sa fille, songea au duc de Savoie : elle se servit pour arriver à son but de l'entremise de la comtesse de Cavours, qui avait de l'influence sur le cœur de ce prince, et le mariage fut aussitôt arrêté. Charles-Emmanuel II écrivit cette lettre à mademoiselle de Valois :
« Mademoiselle ma cousine,
» Puisqu'il faut que la plume fasse l'office de la
» langue , qu'elle exprime les. sentimens de mon » cœur, je ne doute point que je n'aie beaucoup » de désavantage. Elle ne saurait les exprimer au » point qu'ils sont, ni persuader à mon gré qu'a- » près m'ètre donné tout à vous, il ne me reste » rien à vous offrir ou bien à désirer, que de trou- » ver en vous cette agréable correspondance de » votre affection, que je vous conjure de ne pas » refuser à la mienne, et à l'ardente prière que je » vous en fais par ces lignes, qui vous portent les » premières marques de ce feu que votre mérite et » tant d'autres belles qualités qui sont en vous ont » allumé dans mon âme. Elles me laissent dans une » impatience inconcevable de voir de plus près ce » que j'admire de loin, et de vous faire connaître » par toutes sortes de preuves que je suis avec une » fidélité et une passsion sans pareilles , mademoi- » selle ma cousine, votre très-humble esclave et » serviteur. »
Le style de cette lettre étonna un peu la délicatesse de la cour de France. Madame d'Armagnac fut nommée par le roi pour accompagner mademoiselle de Valois à la cour de Savoie. « Lorsqu'elle » passa auprès de Saint-Fargeau , raconte made- » moiselle de Montpensier, elle envoya un gentil-
» homme me faire ses complimens : je lui en en- » voyai un autre pour lui faire les miens. Lorsqu'elle » était petite, je l'aimais extrêmement, et j'avais » même prié souvent Madame de me la donner :
» elle m'appelait toujours sa maman. Madame de » Langeron , sa gouvernante , avait contribué à dé- » ranger sa santé, par la complaisance qu'elle avait » eue pour elle de lui laisser manger ce qu'elle » voulait: les pâles couleurs l'avaient prise, et elle » était verte lorsqu'elle partit. Madame de Lange- » ron avait aussi contribué à lui gâter la taille; à » force de vouloir lui raccommoder une petite in- » commodité, elle l'avait rendue bossue : aussi j'ai » ouï dire que M. de Savoie fut très-surpris lorsqu'il » la vit. II la trouva bien différente du portrait » qu'on lui avait envoyé. Comme cette cour, du » temps de ma tante (Christine de France, épouse » de Victor- Amédée I), était magnifique et un peu » romanesque, les ballets, les carrousels et les co- » médies furent dansés ou joués sur ce pied-là. »
Elle vécut trop peu pour jouir du bonheur qu'il lui était permis d'espérer dans une cour où Charles-Emmanuel II prit soin de rassembler tous les plaisirs : cette destinée devait appartenir à Jeanne- Baptiste de Savoie-Nemours , seconde femme de ce
prince. Françoise-Madeleine d'Orléans mourut le 1 4 janvier i664: elle s'était mariée le 4 mars i663.
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LA MEME
(Avec ses deux sœurs.)
(Avec ses deux sœurs.)
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