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DU PLESSIS-PRASLIN

( Peint d'après le portrait qui se trouve au palais de Versailles.)

César, duc de Choiseul, comte du Plessis-Praslin, pair et maréchal de France, chevalier des ordres du roi , gouverneur de Toul, premier gentilhomme de la chambre de Philippe de France, duc d'Orléans, était fils de Ferry de Choiseul, deuxième du nom, et neveu du maréchal Charles de Choiseul.

Il naquit, à Paris, le 12 février i5g8, et eut pour parrain César, duc de Vendôme, qui lui donna son prénom. Henri IV, trouvant en lui une foule de qualités qui le charmaient , voulut qu'il fût élevé à la cour comme enfant d'honneur du dauphin.

A peine âgé de quatorze ans, le jeune Choiseul eut le commandement d'un régiment. Sa modestie et sa constance à endurer les fatigues lui firent pardonner par les soldats sa jeunesse. Son oncle

fut le général sous lequel il serv it d'abord en Champagne. La paix étant rétablie après la mort du maréchal d'Ancre, il revint à Paris. Les duels y étaient alors en honneur : du Plessis en eut plusieurs, entre autres celui du bois de Boulogne contre l'abbé de Gondi. 11 aervit en 1617 contre les huguenots comme simple volontaire. Mestre de camp d'un régiment d'infanterie , il se distingua au siège de Saint-Jean-d'Angely, et dans plusieurs autres occasions. Puis il défit les Anglais à l'île de Rhé, et donna une haute idée de son habileté au siège de La Rochelle, en 1628. De là il alla en Italie, et se trouva à l'attaque du Pas-de-Suze. Rappelé en France, il servit aux sièges de Privas et de Montauban, en 1629. Renvoyé en Italie avec son régiment, il aida beaucoup à la prise de Pignerol, et prouva sa bravoure aux affaires de Veillane et de Carignan. Richelieu l'avait apprécié: il fut envoyé bientôt en ambassade auprès des princes italiens. 11 s'acquitta avec succès de sa mission difficile; son habileté politique ajouta encore à la réputation qu'il avait comme homme de guerre. 11 commandait en qualité de maréchal de camp, en i636, au combat du Tésin, en 1637 à la bataille de Montaibon, en 1639 au siège de Chivas. L'année suivante

il remporta la victoire de Casai, et enleva Turin, dont il fut nommé gouverneur. Bientôt lieutenantgénéral de l'armée d'Italie , il s'empara de Nice , deïortone, et de plusieurs autres villes. En 1646, il reçut Tordre de passer en Catalogne: Roses était une place si forte, qu'on l'avait crue jusqu'alors inexpugnable: du Plessis s'en rendit maître après plus d'un mois de tranchée ouverte , malgré la plus énergique résistance de la part des assiégés. Le roi le récompensa par le bâton de maréchal de France. .

que le joug espagnol avait lassés, le saluèrent partout avec des signes de joie et des cris d'enthousiasme. Lorsque la France eût; Ja guerre avec Innocent X, il rentra en Italie avec le maréchal de La Meilleraye , prit Porto-Longone et Piombiuo, et força le pupe à en venir à un traité. Deux ans après , le 3o juin v 648, il tailla en pièces à Trancheron les troupes du marquis deCaracène, et rejeta les fuyards dans Crémone.

A son retour en France, il trouva Paris en proie aux troubles de la Fronde, et vit Louis XIV obligé d'abandonner la capitale. U le suivit à Saint-Germain, et reçut le commandement de Saint-Denis. Chargé d'empêcher les vivres d'entrer à Paris, il défit les Parisiens à Charenton; il prit Brie-Comte-

Robert, et, envoyé contre l'archiduc Léopold, il le repoussa jusqu'à la frontière. Le roi le choisit au mois de mai 1649 pour gouverneur de son frère, le duc d'Anjou, et l'envoya bientôt à Bordeaux pour traiter avec les révoltés de la Guienne. Les Espagnols, à la faveur de la guerre civile qui désolait le royaume, faisaient diverses conquêtes, et s'avançaient au nombre de quarante mille sous les ordres du maréchal de Turenne : du Plessis fut chargé de le combattre; c'était le seul qui semblât capable de se mesurer avec lui, et il fit bien voir qu'on avait eu raison de compter sur sa valeur et sur son expérience. Il gagna contre Turenne la bataille de Sommepy, dite de Rethel, au mois de décembre i65o, reprit Chàteau-Porcien et les autres villes situées entre la Meuse et la Loire. Il soutint sa haute renommée les années suivantes. La prise de Sainte- Menehould fut sa dernière gloire militaire: il fut bien encore aux sièges de Montmédy et de Dunkerque, mais seulement pour y donner des conseils. Le roi le fit cordon-bleu en 1662, puis duc et pair en i663. Il eut, l'année d'après, le commandement de l'armée qu'on allait envoyer en Italie, quand le pape accorda satisfaction à la France. Le maréchal du Plessis- Praslin accompagna , en 1670,

Henriette en Angleterre, et ce fut lui, en iÔ7i,que Monsieur chargea d'épouser en son nom la princesse Elisabeth-Charlotte de Bavière. Le maréchal, déjà très-vieux, ne fut point employé dans la campagne de 1672; il témoigna son regret de ne pouvoir plus servir; le roi lui répondit en l'embrassant: « Monsieur le maréchal , on ne travaille que pour » approcher de la réputation que vous avez acquise. » Il est agréable de se reposer après tant de vic- » toires. »

Du Plessis-Praslin mourut à Paris, le a3 décembre 1675, dans sa soixante-dix-huitième année, et fut enterré aux Feuillans de la rue Saint-Honoré. 11 laissa la réputation d'un grand guerrier, d'un politique habile, d'un homme de cœur, aussi modeste

que désintéressé. Il était adoré de ses soldats, qu'il appelait toujours par leurs noms, et qu'il payait de ses propres deniers quand la solde manquait. Il savait mettre à profit tout ce que l'expérience lui avait appris, et rien n'égalait sa persévérance, si ce n'est sa loyauté et son dévouement. Il était honoré de la cour et estimé de tout le monde. On admirait partout ses hautes qualités; mais on craignait sa conversation, qui était on ne peut plus ennuyeuse. La saillie de Ninon en fait foi. Dans une

longue visite du maréchal, elle se mit à bâiller, le regarda et lui dit ce vers de Corneille :

« O ci 1 1 ! qu e de vertus vous me faites haïr î

Il est probable que le maréchal du Plessis n'a pas rédigé lui-même ses mémoires , qu'il a seulement laissé des matériaux qu'aura mis au net Segrais et qu'aura revus son frère Gilbert de Choiseul, évêque deComminges.

El avait épousé Colombe Le Charron , première dame d'honneur de madame la duchesse d'Orléans. » • * '

11 eut avant de mourir trois de ses fils tués au champ d'honneur. :

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