SCENE PREMIERE
FiFINE, seule, elle est en train de savonner. Allons, v'ià la demie de huit heures qui vient de sonner à St-Paul, quittons not' ouvrage et mettons d' sus le feu la soupe de mon bon oncle Pichard. .. [Tout en faisant ses préparatifs*.) Ben sûr M. Jérôme va venir, c'est à ce matin qui doit lui demander ma main en mariage... (Sautant.) Quel bonheur! il est si aimable! il a un si heureux caractère!., c'est absolument le second tome de mon oncle... (Sy arrangeant devant un miroir.) Ah! comme je suis pâle! arrangeons-nous ben vite., il verrait que tout ça m'a tant trotté dans la tête, que v'Ià plus de troii nuits que je n'ai pas fermé l'œil.
Air : Un soir dans ta forci voisine, (de Zoé.)
Ben souvent je m' suis moqué d' cellrs Qui, V jour d' leu noc' baissaient les yeux ; Et j' me disais : j* s'rais plus gai' qu'elles, Si , le sort exauçant mes vœux , Am'nait pour moi c' moment heureux.
Eh ben ! maint'nant qu' la chos' va s' faire , Si mon oncl' donn' son consent'ment ; Malgré que j' sois dans 1' content'meut , Ici , j' peux 1' dire sans mystère :
L' fait est qu' ça fait )
Un singulier effet. >
Quand j' pens' que mon beau titre d' fille . ©ans quéqu' jours, je n' l'aurai p' t'ôtr* plu»; Qu' dans un an , j' s'rai mèr' de famille , Car, j' crois que j' peux compter là d'sus, Les mioch' vienn' plutôt qu' les écus.
Je n' sais pas si quéque avantage Com pens' ces p'Uts d' sagrémens-là; P' t'êtr* que mon mari m' l'apprendra.
Mais rien qu'à c' mot de mariage,
L' fait est qu' ça fait }
Un singulier effet. $
[Entendant frapprr.) Ah ! si c'était lui... ouvrez... justement*