‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 52 sur 146 · Arthur Dinaux, 1 vol. iii · texte numérisé non relu

Arthur Dinaux, 1 vol. iii

2. Voir les Mémoires de Mme de Genlis et les prétendus sou\ cnirs de Mme de Créqui, ainsi que Hulhièrc, Œuvres.

:•). Bacliaumont, Kdit. de M.DCG.LXXX, t. IV, p. 265 à la date du 10 juillet 1700.

ii'onl pus rendu à cette dame les politesses d'usage envers les femmes présentées, ce (jui leur a procuré la dis<j;râce dont on parle et cpii l'ail l<i matière de l'estampe. On les a représentées sous l'emblème des trois i^ràces, avec leurs attributs, éplorées, elFrayées, semblant fuir à l'aspect d'une beauté d'un autre j^enre, dont la ii<;ure en désordre, les attitudes lascives les ell'arouchaient, et caractérisent ce nom, anagramme du mot Grâce, et qui ne se donne qu'à des l'emmcs perdues, sans front et sans pudeur.

La belle et gracieuse comtesse d'E^mont disparut en 1773, elle même Bachaumont prétend que le goût des plaisirs amoureux dont elle avait hérité de son père nV fut pas étrang"er '.

« Les Grâces, les Amours et les muses pleurent également la mort de Mme la comtesse d'Egmont, lille du maréchal duc de Richelieu et qui à ce titre ait droit de prétendre à figurer parmi toutes ces divinités. Il paraît ({u\in attrait invincible pour le plaisir a abrég"é les jours de C(;tte femme très voluptueuse. »

Parmi les autres intimes de Mme de Monconseil figurent ses deux nièces, Mme de Polig-nac et Mme de Rlot.

Mme de Polignac, née de (^urzé, remplaça Mme de Sabran auprès de Mme la duchesse d'Orléans. C'est la duchesse elle-même qui la présenta à la cour et lui fît avoir un lo^-ement à Versailles et un autre à Marlv.

Mme de Blot, née d'Ennery (Marie-Gécile-Pauline Charpentier d'), avait épousé par contrat, le 18 novembre 174Î)-, Gilbert de Chauvis^nv, baron de Blot-le-Chàteau et de Blot-l'Eglise, dit le comte de Blot '. Son frère

1. Bacliauiuonl. L. Ml, p. 7:i, à la claU* du 1!) ocL 1773. Dans sa Icltre sur les peintures, sculptures et irravures de messieurs de TAcadéniie royale exposées au Salon du Louvre du :2o août i7<i!), Bachaumont (t. Xlll. p. (il) signale un hustc en marbre di' Mme la comtesse d'Eiimonl, par M. Le Movne.

-1. De Luynes, t. X, j). i'7 : M. le clie\aliei' d'Apcliier présenta M. le comte de Blot, homme de condition d'AuveriJrne dont le roi a sii;né le contrat de mariai;e aujourd'hui (dimanche i* novembre 1741)) et non le 18 novembre.

3. Ci-devant ijuidon de j;endarmerie, nonniié en 17."):i capitaine des 1,'ardcs du l'eu duc d'Orléans, a eu en 175(i le ré.uiment de Chartresinfanterie, a pass.; à celui d'3rléans en 17o8. a été l'ait bri^atlier le 7 juillet 1758 et maréchal île camp le 20 t'évi'ier I7(il.

loo iiisroiiii-; 1)1 (;iiaii;ai; di; i-.ac.a ii.imj:

(charpentier d Kniicrv deviuL coinli; d l']m[)ire en J;hivier \1()T). .

Petite-lille de Mme de Curzé et nièce de Mme de Monconseil, Mme de IMot fut présentée à la cour Ic^ 2.) iifjvend)re I74Î). « VAhi est petite, dit M. 1(; duc de Luvnes, mais elle n'a que quinze ans. On prétend qu (die ressemble un peu à Mme Adélaïde ' ; ce qui est certain, c est qu'elle a un assez joli visag-e. Les conditions du mariage sont qu'elle sera actuellement auprès de la duchesse de Chartres -. »

Malg-ré le monde élégant et frivole quelle voyait, Mme de Blot sut résister aux tentations. Lord Chesterlield, en envoyant son fils à Paris, voyait en Mme de Blot une agréable maîtresse et lui conseillait d'en faire la conquête : (c On m'assure que Mme de Blot, sans avoir de traits, est cependant jolie comme un cœur, et que, nonobstant cela, elle s'en est tenue jusqu'ici scrupuleusement à son mari, quoiqu'il y ait déjà plus d'un an qu elle est mariée. Elle n'y pense pas. 11 faut décrotter cette femme-là ; décrottez-vous donc tous deux réciproquement. Force assiduités, attentions, regards tendres et déclarations passionnées de votre côté produiront au moins quelques velléités du sien, et quand une fois la velléité y est, les œuvres ne sont pas loin ^ »

Mais Mme de Blot résista tant aux attaques du jeune homme qu'à d'autres et en 1757 on pouvait lui dire dans une des fêtes de Bagatelle :

Fraîche comme une Heur qui vient d'épanouir, Elle tente les yeux sans se laisser cueillir.

(^)uand, au mois d'avril 1754, ses nièces furent rétablies de la petite vérole, Mme de Monconseil fêta leur guérison par une fête qui attira à Bagatelle l'intimité et quelques privilégiés.

Citons encore ses cousines germaines, Mmes de Prie

1. Maric-Adclaïdc de France, G* enfant de Louis XV, appelée Madame Adélaïde de Fi'ancc. née à Versailles le 20 mars 1732 et ondoyéc le jour même par le cardinal de Rohan, ^rand aumônier de France.

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