‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 93 sur 146 · Voir appendices, n · texte numérisé non relu

Voir appendices, n

G. Con-svay, pair d'Anj;ieterre et d" Irlande, chevalier de l'ordre de la Jarretière, commandeur de la Lésion dhonneur. décédé à Baj^'atellc

11)1 iiisioiiti; i)i; (;iiaii;ai; i>i: wu.awaaa:

.'iOO.100 IraïK's. Daprcs les conventions, la somme ne fut j)ayéc ([u'(în (juatrc; ans; c'csi-à-dire que; le 10 s(;ptenihie 18i(), la mainlevée dt; rinscription prise d'ollice le 29 octobre 183.') fut donnée.

En voici la teneur principale ' :

Arrêté de mainlevée au {)roliL de M. le comte de Varmouth.

Nous pair de France, préfet de la Seine,

Vu la pétition par laquelle M. le comte de Varmouth, propriétaire du château de liiig^atelle, aux termes de la déclaration de commande qui lui a été couseulie le H octobre 1835 par M. Moulineuf, avoué, qui s'en était rendu adjudicataire le môme jour moyennant la somme de 313.000 francs expose qu'il a entièrement payé cette somme et demande mainlevée de l'inscription prise d'office le 29 dudit mois au bureau des hypothèques de Saint-Denis, volume 175, n° 185, pour sûreté du paiement de la somme sus-énoncée ;

Arrêtons,

Mainlevée pur et simple est faite

10 septembre 1840.

Il y avait déjà plusieurs années que la famille llertford habitait Paris, et Francis Seymour, celui que le populaire de Londres appelait Lordone, le gros Lord, partageait son temps entre son pays d'origine et la France. Lors du blocus continental, il avait été retenu comme otage, et avait épousé une Italienne connue par sa beauté.

(( Homme de fantaisie violente et peu soucieux du qu'en dira-t-on », il avait de l'esprit, des arts, des lettres, et s'était lié intimement avec le célèbre Rossini, qu'il coucha sur son testament pour quelques tableaux jorécieux. xVu demeurant, il aimait à remplir le rôle de la Providence envers les artistes en détresse.

On raconte qu'ayant lu le gracieux roman de Balzac la Fille aux yeux (For, il crut y retrouver une aventure personnelle, et se mit aussitôt en campagne pour

le 24 août 1870 ù 11 lieupes du soir, îv^c de 70 ans. Fils aîné de Francis- Charles Seymour, troisième marquis dllertfoi'd, 1. Arch. de la Seine 13Gd, nou\el ordre 1269.

VENTE Di: CHATKAU 1>AU t. ES DOMAINES 195

causer avec le célèbre écrivain. Balzac était à une de ces époques de sa vie où, traqué, il fuyait devant la meute

De tous ses créanciers suivis de leurs petits,

cachant son adresse et refusant toutes lettres. Celles-ci s'amoncelaient dans les bureaux, au désespoir des facteurs et des amis de l'écrivain. Lord Seymour, cependant, finit par rencontrer Jules Lacroix, l'éditeur bien connu, qui avait épousé la propre sœur de Balzac, la comtesse Rzewuska. Rendez-vous fut pris au Café Ang-lais, où Jules Lacroix devait amener Balzac. Celui-ci accepta le rendezvous pour se débarrasser de son beau-frère, mais ne vint pas. Furieux lord Seymour annonça à Jules Lacroix qu'il offrait de payer les dettes de l'écrivain. Jules Lacroix prit un nouveau rendez-vous et courut après son beau- frère. Ce fut peine perdue : Balzac refusa obstinément de venir au Café Anglais.

Lord Francis Seymour faisait partie du fameux cercle de l'Union où il jouait la grosse partie avec le baron Grefï'ullie et le baron James de Rothschild. 11 mourut en 1842.

Il laissait deux fils : Tun, Henri, qui fonda le Jockey- Clul) dans une allée du bois de Boulogne, que Ton nommait à l'anglaise « le Mille de Dreck », et qui célèbre par ses fantaisies ruineuses, fit le désespoir d'un certain Labattre qui faisait tout ce qu'il pouvait pour dépasser inutilement les excentricités du célèl^re lord. Il ne put y parvenir et en mourut de chagrin. Lord Seymour mourut en 18(10, léguant toute sa fortune aux hôpitaux de Londres. Son autre fils, Richard Seymour, servit dans l'infanterie, puis dans la cavalerie comme lieutenant de hussards. Sa correspondance fran(,'aise avec son frère dénote {[u il connaissait au mieux notre langue. U fit partie de la Chambre des Communes, et quand il vint en France, il se prit de goût [)our notre pays, y voyagea beaucoup ; il s'y fixa, n'allant plus à Londres qu'à de rares intervalles.

De 18.SiJ à 1848, il vint peu à Bagatelle, continuant à habiter son hôtel à l'angle de la rue Laflitte.

lîlO iiisroiin. nr ciiaii.ai ni. iîA(i.\i i.t.u:

Loi'd IIcrLford liouv.i ;i ]>;i;^a((ll(; le, ^ardc ,];ic(jUc.s. qui avait remplacé Mauni<'i- cl (jui se redira dès son arrivée ^ En mars I 8-')."), le, jai'dinicr eu cIk^F do IJag-atclh;. M. Hi;inchai'd, avait l'ondé à Hillaiicoiirl une scu-lioii de lAssociation de prévoyance el de secours, avec caisse cl maison de retraite des jardiniers de Vvnnca, dont M. Auguste Coutel fut nommé })rési(lent '-.

Dès 1840, lord Ilerttord fit remettre toute la propriété en état par son architecte M. Sylveira, mais n on fît son séjour de prédilection qu'apri'S 1818. On sacrifia les surprises de Blaikie, on construisit la nouvelle entrée sur le bois de Boulogne, et on disposa dans les jardins de grands vases, dépouilles monumentales du château de Vaux de Fouquet.

Lorsque, le 13 juillet 1852, la ville de Paris, autorisée par le Corps législatif, eut accjuis le bois de Boulogne elle engloba une partie des terrains du château de Madrid, et les plaines dites aujourd hui d'entraînement et de Longchamp. Elle se réservait, en outre, la faculté, de faire bâtir des maisons de plaisance entre le saut de loup de Neuilly et les jardins de Bagatelle. C'était perpétuer le souvenir du Petit-Madrid.

Aussi, afin d'éloigner le plus possible de chez lui ces nouvelles constructions, lord Hertford acquit par d'habiles transactions plusieurs hectares qu'il lit boiser à sa guise et enclore de murs. La propriété avait 47 arpents ou 150.000 mètres carrés. Mais, à la tin de l'empire, grâce à ces transactions faites avec MM. Doumerc, Behic et Cave, directeurs des Beaux-Arts, qui possédaient une partie du Petit-Madrid, le domaine avait doublé.

On construisit la vaste oranererie. I^es nouvelles écuries purent contenir 30 chevaux, et il y eut deux vastes remises. On logea les forges, les piqueurs, les jockeys et les valets. Le pavillon principal n'avait que deux chambres k coucher, éclairées sur la façade intérieure par deux petites lucarnes demi-circulaires. On éleva l'attiquè et

1, On lui donna le 8 août 1830 une indemnité de 454 ir. 45.

Page 1