‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 94 sur 146 · Histoire de Boulogne-Billimcourt. par M. Penel Beauiin · texte numérisé non relu

Histoire de Boulogne-Billimcourt. par M. Penel Beauiin

VENTK DU CHATRAT; PAR LES DOMAINES 197

on y pratiqua des fenêtres. Le pavillon des pages fut simplement restauré pour recevoir les invités.

En même temps lord Hertford modifiait complètement l'aspect des jardins. Il en confia l'exécution à Varé, qui se rendait célèbre par ses travaux dans le bois de Boulogne et qui reçut de Barthélémy ' cette apostrophe :

Déjà les plus beaux noms forment sa clientèle : Fould au château du \'al, d'ijertford à Baj^atelle Sollicitent de lui la faveur d'un coup d'œil

M. Robert Plénard a parfaitement décrit ces transformations ; nous allons lui emprunter quelques lignes - :

Le système d'eaux compliqué qui rendait trojD humide le séjour (le Ba<;atelle fut réduit et la rivière à moitié comblée ; on en conserva deux tronçons : le premier s'arrêta à la sortie du bos(piot du Piiilosoplie, et le second, comprenant le lac situé vis-à-vis du corps de lo<^is primipal et les méandres qui venaient après, linit au delà de Tlsle des Tombeaux ; le cours d'eau qui arrosait les pépinières fut par conséquent supprimé''.

11 en advint de même des huttes, des cabanes, des ponts, des campements exotiques, des temples, des mausolées qui disparurent remplacés sur ces mamelons et les roches qui leur servaient de base ou de piédestal par des barres, des volières et des belvédères. Car, tout en condamnant ce décor de fantaisie, en renonçant aux lacets des sentiers dont il rectifia en maints endroits les « feintes irrégularités », lord Seymoui- sacrifia au pittoresque à sa manière. \'aré dessina dans le terrain annexé une immense pelouse qu il entoura d'allées sag^ement sinueuses et é<;aya d'un lac avec ruisseaux tributaires, grottes et cascades. Au milieu de la pelouse, on transporta l'un des pavillons des bains chinois expropriés du boulevard des Italiens ; on dissémina dans les massifs, au bord des plates-bandes, des moulages pris sur les vases de Versailles, des vases authentiques du château de Vaux, des statues provenant du château de Nicolaï, à Bercy. La Pompadoiir de Pigalle y lit pendant à l'Amour bri.saul .son arc et à une réplique de la Frileuse.

1. Harlhélemy. le liois de Bonlofine, poi'mc eu 2 oliaiils. p. 11.

'2. La Grnnde Iteviie, 11) mai l'.IOT. p. 4.j9.

o. I/îlc recul la \'(muis de IIoikIou en bronze.

lîlH iiisKur.i; ni ciiAiiiAi di; r.AfiA'ri;r,[j;

Le jardin IVanrais, sinipliliô, perdit Ifs découpures de SCS houlinj^rins, roii^inalilé de sa salle de vfM'diire. sa salle couverte, ses (juineoiices. il est vrai qu'on en orna l'entrée en la flanquant de deux *;i"ou[)es du dix-huitième siècle.

Sur la droite des bâtiments, derrière la Tour des Paladins conservée par é^ard sans doute à son caractère romantique, derrière la roule de pourtoui* de rancien parc, lord Seymour augmenta éj^alement son domaine dans des proportions presque éf^ales au côté opposé. L'r)ran^'^erie, quelques chalets rustiques s'élevèrent sur dillerents points de cette dépendance, à proximité du ver^'^er et du potager.

Egalement, la Maison hollandaise, demeure du portier (lu comte d'Artois, disparaît, ainsi que l'impénétrable taillis (( où l'on avait laissé à dessein le temps et la végétation accomplir leur œuvre ». Le pavillon ne reçut que peu de modifications.

Le boudoir de droite reçut pour décoration les originaux des vues de Bagatelle, petites peintures à Thuile et à la gouache de Moreau le jeune, et dans le fond de lalcôve, au-dessus d'un divan, on admirait un charmant portrait du comte d'Artois enfant, en habit de soie bleue chamarré d'or, en bas de soie blancs, donnant à man- «•er aux CA^o-nes, heureuse collaboration de Boucher et d'Oudrv.

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Les réparations générales furent faites par M. Augustin et les frères Adam. A son retour d'exil, le comte d'Artois avait fait badigeonner les nudités : Les peintui-es de Dusseaux, les noces de Psyché, le temple des Grâces, la baigneuse soutenue par des naïades, furent rendus au jour où lord Richard retrouva sous la colle les sujets intacts.

Lord Richard ne recevait que de rares amis : le baron d'Yvry, célèbre collectionneur; le comte Lionel de Bonneval, qui lui contait les mondanités ; le duc d'Albuféra, qui lui parlait finances, et le major Fraser.

Après avoir reçu la visite de la reine Victoria, il établit dans son parc un manège où le prince impérial vint prendre ses leçons d'équitations, et souvent il reçut à Bagatelle l'Empereur, l'impératrice et ses dames d'honneur. Il avait connu Napoléon III en Angleterre chez

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