DocymenU particuliers
près domiciles; ils avaient alors pour surveillants des ouvriers sans ouvrage auxquels on les forçait de payer cinq livres par jour en assignats; les autres étaient enfermés dans la prison commune de chaque ville ou dans les bâtiments de quelque couvent supprimé : mais bientôt le nombre des détenus s'accrut dans de telles proportions qu'il fallut songer à les mettre ailleurs. C'est alors que CoUot-d'Herbois eut l'idée de transformer en maison de détention l'ancien grand château de Chantilly.
 cette époque, du reste^ l'aspect du beau domaine des Condé était bien changé. Pendant l'année 1792 on l'avait à peu près maintenu dans son état primitif^ mais il n'en fut plus de même l'année suivante. Le 13 juin 1792, François-Auguste Mandron, président du district de Senlis, assisté de quatre administrateurs du directoire, avait procédé à l'inventaire de ce domaine dont rien ne fut diverti si ce n'est le poisson qu'on vendit du 18 au 30 septembre 1792 et dans le courant du mois de février 1793. Le 18 du même mois un procès-verbal de récolement fut dressé par Jean-François Duchauffbur, vice-président du directoire du district de Senlis, et Charles-Antoine Quint, procureur-syndic du même district, accompagnés de Nicolas-Armand Brunet, tapissier à Senlis qui avait été choisi comme expert. Ce procèsverbal de récolement ne comporte pas moins de
cent douze rôles ; l'expert Brunet consacra cent quarante-deux jours à faire son estimation et il lui fut alloué 21 3U francs à titre d'honoraires pour ce travail. Un nommé Perdrix (Jean-François), qui, avant 1 789^ était peintre des chasses de la maison de Condé et dont nous retrouverons le nom plus loin , fit l'estimation des tableaux.
Le 29 avril 1793 le ministre de l'intérieur avait^ conformément aux lois des 1 5 et 1 6 septembre 1 792, donné conmiission à MM. Moreau et Puthod, membres de la commission des monuments, de se rendre à Chantilly à l'effet de rechercher et d'examiner les choses remarquables ou précieuses relatives aux sciences, lettres et arts qui pouvaient s'y trouver. MM. Moreau et Puthod arrivèrent à Chantilly le 1*' mai 1793, assistés de MM. Bernardin de Saint- Pierre , Tillustre auteur des Études de la nature^ Delamarche , Valenciennes et Gaillard , et procédèrent à leur mission en présence de Grégoire et d'Orgobast envoyés par la Convention. Ils mirent de côté un grand nombre d'objets tels que dessins, gouaches, porcelaines, meubles de Boule, tableaux, statues, médailles, cartes, antiquités égyptiennes et romaines, etc., en donnèrent récépissé aux administrateurs du district de Senlis et firent emballer le tout pour Paris, à l'adresse du musée de la République.
Une mission analogue avait été donnée le 26 mars
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précédent à Lamarck et à Geoffroy^ professeurs au jardin des Plantes^ à l'effet de transporter dans cet établissement le cabinet d'histoire naturelle qui existait au château de Chantilly.
D'un autre côté, la Convention, par décret daté du 23 mai 1793, avait prescrit l'enlèvement des plombs, cuivres, fourneaux et chaudières qui furent expédiés à l'hôtel des Monnaies à Paris '.
Quant au mobilier restant au château, il fut vendu à un nommé Gaudiveau, et le 13 août 1793, la Convention rendait un nouveau décret par lequel : <( attendu que l'entretien des bâtiments et jardins du château de Chantilly était un objet de luxe, et que la République ne pouvait continuer une pareille dépense, )» elle déclarait supprimer cet entretien à partir du 1" dudit mois d'août. On vit alors ces jardins et ces bosquets si pleins de poétiques souvenirs^ livrés à une foule désordonnée qui les rendit chaque jour témoins des scènes les plus scandaleuses.
C'est dans cette situation que l'ordre fut transmis à Chantilly, de faire dans le grand château les préparatifs nécessaires pour recevoir les suspects arrêtés dans le département de l'Oise, et aussitôt l'architecte Leroy se mit à l'œuvre, sous la surveillance d'un commissaire du département, nonmié Notté (Charles-