Ui Prisons §n 1793, p
médecins, chirurgiens et apothicaires, comme parties les plus intéressées à tous ses puissants motifs ne cessent de s^intéresser pour tous ses honnettes genses et, en conséquence de ce, lâche des certificats à pleinne niain. »
t 27 septembre 1793*. »
L'auteur de cette note se donne également le plaisir brutal d'apostiller à sa façon, d'autres requêtes adressées par des détenus, notamment celle que Mme de Pons avait formulée en ces termes :
« Aux citoyens administrateurs du département de roise :
a Les citoyennes Lannion femme Pons et sa fille, vous représentent qu'elles viennent d'être arrêtées par simple mesure de sûreté générale à Senlis et de là transférées à Chantilly.
a La citoyenne Pons mère est dans un état absolument impotent et voisin de la mort ; elle est
1 . Plnsieurs de ces certificats sont cependant revêtus de la signature de Haoquard alors officier de santé à Chantilly, et chirurgien major du 2« bataillon de la garde nationale du canton de Chantilly. Il éuit chargé du service de la maison de détention moyennant 600 livret par an. Dans un de ces certificats Hacquard est le premier à déclarer que Ton ne pouvait respirer un air pur dans la prison de Chantilly.
paralysée ; un rhumatisme goutteux lui a ôté depuis 1 à 1 2 ans l'usage de ses membres.
« La citoyenne Pons sa fille a à peine atteint 4 8 ans^ son âge dépose assez de son innocence ;
c( Les infirmités de la mère déposent aussi de la sienne. En cet état^ les citoyennes Pons demandent leur liberté. Elle peut seule prolonger les jours de la mère qui n'a jamais eu rien à se reprocher non plus que sa fille.
a Si vous veniez à leur refuser, ce qui serait bien malheureux pour elles, elles attendent au moins de votre humanité que vous les fassiez réintégrer dans leur domicile, à Sentis, ou dans leur maison, à Bras* seuse qui se trouve dans le voisinage où elles seraient gardées si besoin est, indépendamment de leur soumission de se représenter quand on l'exigera.
oc L'état de la mère et Tâge de la fille sont des titres également puissants à votre sensibilité.
« Elles en attendent l'effet avec confiance.
t Chantilly, septembre 1793. i
A cette requête était jointe une pétition signée d'un grand nombre d'habitants de la commune de Brasseuse qui réclamaient aussi la mise en liberté de Mme de Pons et de sa fille. I^ tout fut renvoyé au district de Senlis avec l'annotation suivante :
klà LE CHATEAU DE CHANTILLY
« La citoyenne de Pons est (dit-elle) dans un état impotent et voisin de la mort, etc., etc. — Ceci est de toute fausseté. La citoyenne de Pons est une de ces malades imaginaires voyageant sen cesse parce qu'ils ne ce trouvent bien qu'où elles ne sont pas. En 90 et 91 je l'ai vue à Madrid en Espagne chez le célèbre La Vauguyon son frère ou beau-frère; celte même année 91 elle revint à Paris et repartit sur champ pour Baniere et quelques mois après revint à Brasseuse. Elle n'a jamais été paralysée, je l'ai toujours vu bien marchant.
<( Elle n'a, ajoute-t-elle, rien eu à se reprocher. — Elle a à se reprocher d'avoir retiré chez elle le ci-devant curé de Villers-Saint-Frambourg, lui avoir fait une pension, ce qui doit avoir contribué à ce que le dit curé a refusé son serment. Elle est de plus sœur ou belle-sœur de l'insigne scélérat, émigré et ci-devant ambassadeur Lavauguyon en Espagne chez qui elle était en 1790 et 1791 *. »
Inutile de dire qu'avec une telle recommandation, l'infortunée dame de Pons n'avait rien à attendre: elle demeura donc sous les verrous, ainsi que sa fîUe.