CHAPITRE IV
Création de G>iiutét de salut pablic. — > ArriTée de Parmëe rérolntionnaire à BeanTais. — Troubles dans la ville. — Mission donnée par la CouTenlion à Joseph Lebon. * Leyasseur (de la Sarthe) le remplace. — Rapport de ce dernier sur Beautais. — > Ou lui adjoint André Dnmont.
Pour se bien rendre compte de l'inquiétude que devaient éprouver chaque jour les détenus qu'on avait transférés ainsi dans le château de Chantilly^ il est indispensable de connaître quel était à cette époque l'état des esprits dans le département de roise et quels événements en furent la conséquence. Sans entrer a cet égard dans des détails qui compor* teraient de longs développements^ nous allons essayer de présenter une esquisse dans laquelle viendront successivement s'encadrer des documents dont l'authenticité ne saurait être mise en doutée
Une quinzaine de jours environ après leur arrivée
1. Voir en outre saxx pièces justificatives deitxinïi$ du Puhliciste (journal àm Marat)| conoemant Noyon et Chantilly.
dans le département, Collot-d'Herbois et Isoré avaient songé à créer dans chaque ville un Comité de salut public. Us commencèrent par Beauvais et prirent dans cette ville, le 22 août 1 793, c'est-à-dire deux ou trois jours avant les arrestations des suspects, l'arrêté suivant :
a AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
« L'an n de la République française,
« Les représentants du peuple envoyés dans le département de FOise par décret du 1 *' août, présent mois,
(( Considérant que les mesures de salut public qu'ils ont jugées nécessaires ne peuvent avoir une exécution aussi prompte que l'exigent les circonstances, si les administrations et municipalités ne sont directement et efficacement secondées par le zèle de plusieurs bons citoyens ; que cela est d'autant plus urgent que les Comités de surveillance nommés j>ar les diflférentes sections de Beauvais ont été privées de la force réprimante et nécessaire pour arrêter les conspirateurs ;
« Avertis que le moindre retard dans l'exécution de l'arrêté, relatif aux gens suspects, peut devenir fatal puisque ces êtres dangereux étant déjà frappés de Vanathème social dans plusieurs départements, reflueraient dans celui de l'Oise, et pourraient y
établir de funestes intelligences avec les ennemis de l'extérieur, avec d'autant plus de facilité que plusieurs des gens désignés suspects par l'arrêté des représentants du peuple, ont été souvent dénoncés par la voix publique, comme fauteurs de ces criminelles intelligences et même comme trésoriers ou agents des émigrés ;
« Pénétrés, avec tous les vrais républicains, de cette vérité que le courage du peuple français trouve les plus grands obstacles qu'il ait à vaincre dans les trahisons et les perfidies des ennemis de l'intérieur, ont reconnu la nécessité d'établir provisoirement dans la ville de Beauvais un Comité de salut public, composé de vrais patriotes, lequel puisse rompre facilement le fil de tous les complots liberticides et désigner à coup sûr, à la faveur de lumières acquises par l'expérience et l'observation, tous les hommes pervers qu'on a vus dans cette ville, tantôt afficher une joie parricide sur des événements désastreux et sourire avec férocité aux cris de la patrie souffrante et déchirée ; tantôt pénétrés d'une douleur impie lorsqu'on publiait les nombreux et éclatants succès qui ont favorisé la cause de la liberté,
« Et ont en conséquence arrêté ce qui suit :
« Article 1*'. •— Il est formé provisoirement dans la ville de Beauvais un Comité de salut public, composé des cinq commissaires nommés par les assemblées
primaires^ pour l'acceptation de l'acte constitutionnel^ de deux ofiBciers municipaux et de neuf autres citoyens, dont les noms suivent*....
« Article 2. — Ce Comité sera permanent, il tiendra ses séances dans un lieu qui lui sera indiqué par la direction du département et pourra se diviser en deux sections.
HL Article 3. — Il s'occupera de tous les objets confiés au Comité de survedlance par la loi. Il surveillera l'exécution de toutes les mesures prescrites dans les arrêtés des représentants du peuple. Il proposera toutes celles qu'il croira nécessaires poui* le salut public et la sûreté générale. Il en requerrera la prompte exécution des administrations avec lesquelles il se concertera à cet égard. Tout ce dont il requerrera l'exécution devra être Teffet d'une délibération consignée dans ses registres.
ce Article 4. — S'il arrive que des circonstances imminentes forcent le Comité d'agir sans communiquer avec les administrations, il devra charger de l'exécution un des officiers municipaux et un des commissaires des assemblées primaires qui signeront les ordres; il devra rendre compte dans les vingtquatre heures aux administi^ations de ce qui aura été opéré, pour que lesdites administrations en délibèrent définitivement.