‹ Le Chateau de Chantilly pendant la Révolution: arrestations dans le Département de l'Oise enChapitre 33 sur 75 · Moniteur du 9 noYembre · texte numérisé non relu

Moniteur du 9 noYembre

PENDAOT LA RÉVOLUTION. 77

« Des caisses remplies d^or et d'arçent entrent avec elle.

« L'orateur de la députation : Liberté j Égalité, Fraternité.

« Citoyens représentants j satisfaits de leur conduite^ de vrais républicains se présentent dans le sanctuaire des lois pour vous apporter le fruit de leurs recherches et de leurs efforts.

« Arrivés à Beauvais, chacun pour y exercer sa mission respective, Mazuel et Girard se sont aperçus que le modérantisme y faisait encore des menées sourdes, mais actives. Aussitôt nous avons voulu substituer le républicanisme au monstre de l'aristocratie. Ce qui a rendu nos opérations plus Êiciles, c'est la présence successive des députés Montagnards, André Dumont et Levasseur. Aidés de leur énergie, nous sommes parvenus à faire des habitants de Beauvais un peuple de bons républicains; mais, pour opérer un si grand bien , nous ne vous dissimulons pas que des actes de rigueur ont été et sont encore nécessaires. Déjà l'un des conspirateurs arrêtés par nos soins a été frappé du glaive de la loi; d'autres vont subir la même peine. Un autre obstacle que nous avons rencontré, c'est l'égoïsme ; mais il n'a pu résister à l'impulsion que nous avons donnée. Nous venons déposer sur l'autel de la patrie les amas corrupteurs que Élisait l'aristocratie du commerce* C'est

dans des caves que nous avons trouvé l'or et l'argent que nous apportons : dix-sept mille deux cent huit livres en or^ tant en doubles louis qu'en quadruples; quarante-cinq mille cinq cent cinquanteneuf livres quatre sous en argent y dix-huit vieilles médailles en or^ cent vingt-quatre marcs d'argent ; vingt croix qui servaient à décorer les ci-devant Chevaliers du Poignard. (On applaudit.) Si la cavalerie révolutionnaire^ dont le zèle nous a parfaitement secondés^ eût fait un plus long séjour à Beauvais^ nos recherches eussent été plus fructueuses encore^ mais vos ordres les ont appelés ailleurs. Nous sommes accompagnés d'un membre du Comité de surveillance de Beauvais et de quatre officiers de la cavalerie révolutionnaire, dont le patriotisme veille pour le bien de la République. Nous demandons à être entendus au Comité de salut pubUc pour lui donner de plus amples détails sur nos opérations. » (On applaudit.)

Cette demande convertie en motion est décrétée.

Pendant que ces fidts se passaient à Paris, le conseil de surveillance de Beauvais prenait à son tour un arrêté ainsi conçu :

« Le Comité de surveillance de Beauvais intimement convaincu que rien ne s'oppose tant à la marche rapide d*une révolution qui doit tous ses succès à la force irrésistible de la vérité^ que l'ignorance et l'er-

reur^ et qu'aucune cause n'a plus propagé Farreur et le mensonge que les préjugés religieux ;

« Ck>nsidérant qu'il est temps enfin que des hommes qui veulent être libres ne se dégradent plus^ sachant conserver leur relation avec l'Être suprême qui ne peut agréer l'hommage de farces dites religieuses, de cérémonies puériles et ridicules inventées par les prêtres^ étemels imposteurs , toujours d'intelligence avec les rois, pour perpétuer l'abrutissement et l'esclavage de l'espèce humaine ;

« Que l'unique moyen de plaire à l'Être suprême , qui n'a jamais institué ni fêtes ni dimanches, ni pratiques presby térales , est d'observer religieusement les lois de toute société légitime au sein de laquelle nous existons, et d'être juste, humain, bienfaisant;

« Que les hommes réunis en société se doivent les secours réciproques de leurs bras, de leurs travaux et de leur industrie, et doivent toujours être prêts à oflfrir ce secours quand la loi leur commande , qu'il serait injuste et antisocial d'exiger des services de nos concitoyens si nous leur refusions ceux qui sont en notre pouvoir;

« Arrête :

« j4ri. 1 •'. — Les jours ci-devant connus sous la dénomination de fêtes et dimanches inventés par l'avarice, l'orgueil et la superstition sacerdotale , aucun

citoyen ne pourra se refuser de tenir ses magasins, boutiques et ateliers ouverts^ et ne pourra suspendre le métier ou la profession qu'il exerce.

« Jrt. 2. — Il ne sera permis aux citoyens de fermer leurs boutiques^ magasins ou ateliers, et de suspendre leurs travaux que les derniers jours de décade.

« ^ri. 3. — Les hommes connus ci-devant sous le nom de prêtres, sont invités, au nom de l'éternelle raison, de substituer à leurs fêtes et cérémonies insisignifiantes, des fêtes civiques; de convertir leurs noms de prêtres en celui de prédicateurs de la morale, et d'être enfin de vrais républicains.

fL Signé : Diot, i^ice^résideni ;

Floury, secrétaire, membre du comité^. »

Cet arrêté , transmis à .Compiègne , à Senlis et à Clermont, y reçut l'accueil le plus favorable.

Le conseil du district de Noyon, notamment dans sa séance du 26 brumaire (16 novembre 1793) décida que cette délibération serait lue et publiée solennellement dans toutes les communes du district, et que les officiers municipaux seraient tenus d'en maintenir sévèrement la juste et nécessaire exécution.

De telles excitations ne pouvaient manquer de

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