‹ Le Chateau de Chantilly pendant la Révolution: arrestations dans le Département de l'Oise enChapitre 34 sur 75 · Arckum tU la préfeeture tU POisê · texte numérisé non relu

Arckum tU la préfeeture tU POisê

PENDANT LA RÉVOLUTION. Hi

porter leurs fruits. Aussi vit-on bientôt des membres du clergé renier leur passé, et, soit par crainte, soit par entraînement, donner l'exemple de ces faiblesses coupables qu'engendrent toujours les grandes secousses. C'est ainsi que le 23 brumaire (13 novembre \793)y \e cîioj-en Loranger, curé d'Attichy, se présenta à la séance publique où étaient réunis' le maire, les officiers municipaux et les membres du conseil de la commune, et après avoir « réclamé l'attention de l'assemblée, fit la déclaration suivante :

ce Je dépose tout caractère ecclésiastique; je renonce pour jamais aux pratiques du culte catholique^ que je regarde comme autant de cérémonies inventées par le mensonge et la cupidité; aussi plus de messes, plus de vêpres, plus de confession; n'attendez plus de moi aucuns actes semblables, dans ce moment où le voile de l'imposture se déchire, où la r'érité paraît de toutes parts, j'ai honte de vous tromper encore, je ne veux plus être prêtre, je donnerais la moitié de mon sang pour ne l'avoir jamais été, je n'en reste pas moins attaché à la véritable religion, à cette religion qui dit à cha(|ue homme : sois juste, sois bienfaisant, fais ton bonheur en faisant celui de tes semblables; je serai toujours l'ami et l'apôtre de cette religion, mais aussi je ne veux plus en connaître d'autre.

82 LE CHATEAU DE CHAimLLY

ce Je demande que l'assemblée municipale veuille bien faire consigner dans son registre la présente déclaration et en envoyer copie aux administrateurs de ce district et du département. »

Cet extrait fut^ en efiet^ transmis au district et lecture en fut faite le 24 brumaire^ an 11^ au Conseil qui, après avoir applaudi au sentiment du citoyen Loranger^ « le premier parmi les prêtres du district qui se soit élevé au-dessus des opinions destructives de l'ordre social et opposées aux lois de la nature en choisissant une compagne vertueuse, et en venant déclarer qu'il renonçait à tout culte superstitieux et trompeur pour n'embrasser que celui de la raison et de la vérité^ » arrêta que mention civique de la déclaration du citoyen Loranger serait faite au procès- verbal de la séance du jour et que cette déclaration serait transcrite en entier sur le registre ^

Le même jour la Société populaire de Clermontsur-Oise se rendait à Paris et présentait à la Convention un ci-devant prêtre et une ci-devant religieuse, unis par les liens du mariage.

Le prêtre prit alors la parole et entretint l'as-

1. Malgré cette manifettation, Loranger fut mis en arrestation le 23 frimaire sniTant (par ordre de Bollet, représentant du peuple piés Tannée du Nord« passant à Noyon ponr se rendra à Compiègna), sons raeoosation de manoBUTres contre-réyolutionnaires.

semblée de son mariage avec la citoyenne qui l'accompagnait et qui, par son civisme^ avait mérité rhonneur de représenter la liberté dans une cérémonie publique; puis il sollicita pour elle Tautorid'ajouter à son nom celui de Liberté.

Mais Merlin s'opposa à ce que l'on pût prendre des noms semblables, a La liberté^ l'égalité^ dit*il^ « appartiennent à toute la République : tous les France çais doivent les aimer et personne n'en doit prendre ff le nom. )> Il demanda donc qu'on passât à l'ordre du jour sur la pétition; ce que fît l'assemblée ^ »

Cependant André Dumont avait quitté un instant le département de l'Oise pour faire sa tournée dans celui de la Somme où la Commission révolutionnaire l'avait surnommé \ Attila de tous les aristocrates et des modérés^. C'est de ce département qu'il écrivait le 1 1 Mmaire an II (i " décembre i 793) :

« Le charlatanisme religieux fait naufrage. La dé* prétrisation est à Tordre du jour. Les lettres de prêtrise pleuvent autour de moi partout où je vais et elles sont toujours accompagnées des lettres les plus originales; les uns conviennent honteusement du rôle

1. Xéimpress. du Monit.j 26 brumaire an II (16 norembre 1793)|

t. XVm, p. 430.

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