‹ Le Chateau de Chantilly pendant la Révolution: arrestations dans le Département de l'Oise enChapitre 47 sur 75 · I^s Prisons en 1793, p · texte numérisé non relu

I^s Prisons en 1793, p

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livre et demie par détenu^ présentait chaque jour un déScit de plus du quart et encore la plupart du temps ce pain n'était-il pas mangeable : souvent méme^ il manquait tout à la fois. Aussi plus d'une fois arrivat-il que des malheureux prisonniers tombèrent en défaillance^ et que des familles entières se couchèrent sans souper*.

Martin^ suivi de quelques officiers de l'armée révolutionnaire et de Perdrix qui avait composé pour la circonstance un chant patriotique^ se promenait constamment le long des tables. Des factionnaires étaient placés à l'entrée de la salle et dans l'embrasure de chaque croisée.

A tant de rigueur et de vexations^ les détenus opposaient une soumission et une douceur qui auraient dû désarmer leurs ennemis. Us donnèrent même en plusieurs circonstances l'exemple d'une générosité dont leurs farouches geôliers n'eussent point été capables. Le 21 mars 1794 notamment, vers 10 heures du soir, un soldai de la huitième compagnie du détachement de l'armée révolutionnaire, nommé Dieudonné, dit la Garenne, rentrant au château, probablement en état d'ivresse, tomba dans l'un des fossés remplis d'eau et poussa des cris de détresse. Aussitôt un jeune

1 . Voyez i cet égard aux pièces jastiiîcatiTet le rapport fait par la muiiicipalité de Scnlit, au sujet des réclamations de Finnin Sorel.

détenu voulut se jeter à la nage pour le secourir, mais les gardes persuadés que c'était un prisonnier qui se débattait ainsi contre la mort, s'opposèrent à cet acte de dévouement, et ce ne fut que le lenaemain matin qu'ils s'aperçurent^ mais trop tard^ que la victime de cet accident était un des leurs. Quant aux détenus^ ils firent entre eux, en faveur de la veuve de Dieudonné, une quête qui produisit environ six cents livres*.

£n partant pour Chantilly^ Martin et Maisonçelle avaient^ comme on l'a vu plus haut^ reçu du Comité de sûreté générale les instructions nécessaires pour faire conduire à Paris un certain nombre de détenus destinés d'avance à servir de proie au tribunal révolutionnaire.

Une première liste fut dressée de concert avec Perdrix le 25 pluviôse (14 février 1794) et affichée dans le réfectoire commun. Elle comprenait 27 personnes, parmi lesquelles furent désignés M^IVf . Regnonval de Rochy, de Nully d'Hécourt et treize ecclésiastiques du diocèse que Ton conduisit à Saint-Lazare.

Le 4 avril suivant^ Martin dressa pour le couvent des Carmes, transformé également en prison^ une seconde liste de 29 détenus de Chantilly. Dans cette liste figuraient MM. de Reguac^ de Corberon, père,

1. Méeii ohrégé dt im détemiion à CkMtilijr^ par M. Bac<{uet«

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La Roghe-Lambeht^ Lapon d-Desessart, Ran don de la TouB, MicHEL-GoussAiN VILLE, père et fils, et GouJOn, avocat, à Beauvaisy qui furent presque tous traduits devant le tribunal révolutionnaire de Paris, condamnés à mort et exécutés.

Pour partir de Chantilly, ce convoi en attendit un troisième qui devait quitter cette localité trois jours après. Otte nouvelle fournée^ suivant l'expression alors usitée, se composait de 25 femmes à la plupart desquelles Perdrix et Martin avaient offert la liberté à condition qu'elles consentiraient à épouser des soldats de l'armée révolutionnaire. Inutile de dire que pas une des détenues n'accepta un pareil sacrifice. Parmi elles prirent place Mme la duchesse de Duras, Mme de Bohm et Mlle de Pons.

Voici en quels termes cette dernière raconte la façon dont lui fut annoncé son départ de Chantilly :

« Le 3 avril, à huit heures du matin, entre chez nous le concierge qui me prie de le suivre chez le commissaire. Je suis cet homme, qui d'un air triste, me fait entrer dans la chambre où jamais les détenus n'avaient l'honneur d'être admis. (Depuis deux mois on ne parlait au commissaire que par une ouverture pratiquée dans le mur.) Là, je me trouve entre Perdrix, premier concierge^ un greffier, deux gen-

darmes et Martin qui se promenait dans la chambre, et qui se retournant de mon côté :

« Tu t'appelles Pons. — Oui. — Donne tes noms de baptême. — Vous voulez sûrement parler à ma mère, je vais la chercher? — Non, non, je te demande tes prénoms. — Les voici; puis-je savoir à quoi vous les destinez? — Tu partiras demain pour une maison d'arrêt de Paris avec d'autres détenus. — Sans maman^ ah I Dieu ! quel sort m*est donc réservé? — Sors à l'instant, ou je te ferai emmener. » Mes jambes pouvaient à peine me soutenir^ j'eus cependant assez de force pour gagner ma chambre : maman n'y était plus; inquiète des bruits de départ qui se répandaient dans la maison, elle descendit aussitôt pour savoir le motif de mon absence . Elle ne l'apprit que trop tôt, et se hâta d'employer tous les moyens de fléchir le barbare commissaire. Ne pouvant le voir, elle lui écrivit à plusieurs reprises, offrit tout son bien à la République, se borna enfin à demander un délai. « Ta fille partira, voilà ma réponse ; » ce fut effectivement celle qu'il fit au bas de la dernière lettre*.

Mme de Bohm ne fut pas plus heureuse. On la sépara aussi de son jeune fils; c*était la un de ces raffinements dont se réjouissaient d'avance les agents

l, l/n épisode Ju temps de ta Terreur^ p. 12.

révolutionnaires : a Je fus appelée^ dit Mme de Bohm^ chez le commissaire : il était assis dans son antre grillé ; Martin lisait^ deux soldats faisaient faction. Après une assez longue attente l'agent dit à Perdrix, en lui rendant des papiers : « Ce sont des bêtises. » — ce U ne faut rien négliger, » reprit le dernier, et mettant ses lunettes, il lut à haute voix : Marie, blanchisseuse, dépose que la femme ici présente lui a dit : a Si les Parisiens avaient une soupe à l'eau pour toute nourriture, ils ne seraient pas contents. » — « Eh bien, me dit-il, qu'as-tu à répondre? — Rien, » répliquaije? D interpella Martin en ces termes : a C'est un fait très-grave, majeur; il compromet la République, prouve le mécontentement, cherche à l'exciter, c'est une tendance. ...» Un des soldats l'interrompit avec fureur : a Les prisonniers, dit-il, en jurant, croient que notre armée veut les massacrer ; nous ne l'avons jamais demandé, tu le sais, si nos supérieurs donnaient l'ordre.... — • La force armée, répliqua Martin, doit, suivant la loi, être essentiellement obéissante.... — Oui, ajouta le soldat, la dépouille nous reviendrait de droit ; on nous la promet tous les jours.... — Assez, assez, » dit l'agent, et par un geste animé il imposa silence; ensuite après avoir estropié mon nom, si facile à prononcer^, il ajouta : « Tu

1. Mme de Bohm aTait été incarcérée toua le nom de aon premier mari qai a'appeUit de Vait^.

partiras demain pour Paris. — Pourrai-je emmener mon fik, lui demandai-je? — Non, reprit Perdrix, je le ferai conduire chez son grand-père ou à Phôpital. » Je tombai évanouie, et quelques heures après cette scène, recouvrant l'usage de mes sens, j'appris de ma bonne Thérèse que, m'ayant trouvée sur le pavé de la cour, un détenu et elle me transportèrent dans ma chambre; le soldat de l'armée révolutionnaire m'avait jetée contre la muraille : j'étais baignée de sang 1 »

C'est Martin lui-même qui se mit à la tête de ces deux convois, et nous empruntons encore à Mme de Bohm le récit des péripéties de ce triste voyage.

« Au point du jour trois mauvaises charrettes arrivèrent dans la cour de notre prison; la garde nationale les escortait; la ville les avait fournies; Martin fit monter sur la plus élevée, comme en triomphe, toutes les jeunes personnes du convoi. La duchesse de Duras, femme sans égale par son noble caractère, ses vertus, sa dignité, s'y plaça sans que Martin osât s'y opposer. Les malheureuses mères, auxquelles on enlevait ainsi leurs fîlles, fondaient en larmes : c'étaient des cris, des gémissements tels que l'on dut en entendre au massacre des Innocents. Tous les détenus se pressaient auprès des voitures, nous prodi-

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guaient les soins les plus recherchés. Le commandant du détachement s'en indigna^ les fit consigner....

«c Martin ayant achevé l'appel nominal des partants^ nous fit jeter, pour ainsi dire, dans les autres voitures destinées aux femmes, tandis que lui-même, accompagné de son scribe, montait dans une antique berline dorée, attelée de quatre chevaux de luxe, équipage somptueux enlevé à cet effet au château de Liancourt. U nous précédait, vingt hommes de la garde nationale de Chantilly nous escortaient; nous traversâmes ainsi la ville, où nous recueillîmes autant d'injures que l'on y comptait d'habitants....

« Martin nous compta de nouveau à Yauderlan, nous poussa et nous fit entrer dans une misérable auberge, où l'on nous servit de la soupe grasse, des légumes, de la viande fi:*aiche, du pain blanc; il arriva que les prisonniers privés depuis plus de six mois de bonne nourriture, mangèrent pour la plupart avec avidité.

c Le repas était à peine terminé, lorsque le commandant de l'escorte nous exhiba le décompte des frais de conduite se montant à trois mille francs; les assignats dans la dépense courante étaient encore au pair. Plusieurs d'entre nous qui, à dé&ut des nonpayantes, devaient solder le tout, se récrièrent vivement. Le commandant jura qu'il ne lui en revenait pas un denier pour sa part- : que les gardes natio-

naux s'acquittaient de cette corvée par patriotisme; ma quote part fut de six cents livres; nous fûmes taxées €ui libitum^.

(c Martin prenait l'avance à chaque village que nous traversions ; son secrétaire mettait pied à terre, ameutait les habitants, venait à leur tète nous insulter, nous couvrir de boue, nous jeter des pierres; c'était, suivant eux, remplir un vrai devoir civique!

« Nous entrâmes à Paris vers dix heures du soir et nous arrêtâmes à la maison d'arrêt de Saintliazare '. »

Enfin un dernier départ eut lieu le 2 mai 1794; seize hommes et douze femmes furent, sur la réqui sition de Martin, transférés à Tancièn collège Duple&«is (depuis lycée Louis-le-Grand) comme agitateurs et récalcitrants sur le régime de la maison darrét.

De ce convoi firent partie M. J.-B. Titon de Villotran, ex-conseiller au Parlement de Paris, Mme Titon, M. François Siry, sa femme et ses cinq filles.

Nous ne pouvons retracer ici le nom de M. Titon de Yillotran sans rappeler un fait qui se rattache à son incarcération, et qui montre quelle était la na-

1. MUe de Pont donna, pour sa part, 192 livres. S. Uê Prisons m 179^, p. 59*

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ture de quelques-uns des citoyens investis alors de l'autorité souveraine à Beauvais.

On sait qu'en tout temps les révolutionnaires ont eu un grand faible pour l'eau-de-vîe, et qu'ils n'ont jamais négligé la moindre occasion de s'emparer et surtout de consommer celle qu'ils trouvaient sous leurs mains. Les perquisitions arbitraires cliez les présumés suspects, devenaient à cet égard une bonne fortune pour eux. C'est ainsi qu'au mois de janvier 1794, lorsqu'on apprit qu'il y avait une certaine quantité de liqueurs au cliâteau de Villotran* d'où M. Titon et sa famille avaient été arrachés au mois de novembre 1793 pour être conduits à Chantilly, l'agent national de Beauvais s'empressa de transmettre au Comité de surveillance la requête suivante :

« L'agent national informé qu'il existe chez Titon de Villotran une provision d'eau-de vie qui reste sans emploi et prive ainsi la consommation d'un secours nécessaire et indispensable, requiert le Comité de surveillance de rendre ce comestible de première nécessité à la consommation publique : à l'effet de quoi Feau-de-vie trouvée chez Titon sera remise aux débitants, conformément à l'arrêt du Comité du département de l'Oise, et le prix à en provenir sera versé

1. Villotmi est une petite oommaoe da canton d'Aoneuil, dans FarrondiiMiiicnt de Beaurab.

dans la caisse du district à la conservation du séquestre apposé sur les biens dudit Titon.

« Beantais, le 8 playiôse, an II de la République.

« Signé : Rigault. »

Aussitôt le Comité statua en ces termes :

« Le Comité révolutionnaire de Beauvais autorise le citoyen Prieur, Fun de ses membres, de mettre l'eau-de-vie dont est question d'autre part pour la consommation des citoyens de Beauvais. »

Le 8 phiriôtei denzième année de la République.

{Suivent les signatures.)

Ce Prieur qui se trouvait investi de cette haute mission 9 était un ancien perruquier, qui se fît plus tard charcutier, ce qui lui a valu le surnom de Prieur randouille. Il se rendit immédiatement au château de \iUotran, y resta quelques jours^ et ne manqua probablement pas de se constituer à plusieurs reprises le dégustateur de Teau-de-vie qu'il devait rapporter. Toujours est-il que le 1 6 pluviôse (4 février 1 794), alors qu'il était de retour à Beauvais, il reçut du nommé Imbault la lettre suivante :

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De Vilotran le 16 playiâie.

« Citoyen, je Vem^oient cinquante bouteilles d^eaude-vie, tousse de Cognac. Tu m'enverras le reçu à mon non. Tu me feras dire s'il faut continuer de t'envoyer le reste.

« Salut et fraternité.

a Imbault.

c Une de cassée. »

Le 22 messidor de la même année^ nouvel envoi en ces termes : .

De Vilotran oe 22 messidor Tan H.

« Citoyen tu recevras cinquante bouteilles dWde^ie, il m'en reste encore environ trente-huit bouteilles^ je suis dcwie d'en gardé deux bouteille pour l'usage des administrateurs qui pouroient ifenir en mission^ si toutefoit tu ni trouve point d'inconvénient. Tu peut en prévenir le C. Girard pour savoir si il ni trouvera pas ardire si non je te les enveray avec les autres ; la citoyenne Rozalie m*a chargé de te dire quel tembrasàe de tout son cœur insi que ta tendre épouse^ elle prie ton épouse de lui acheter deux livre de castonade pour le segond voyage d'eaude-vie elle lui en tiendra conte lorsquel nous fera le

J 3t LE CHÂTEAU DE CHANTILLY

plaisir de venir nous voir comme nous espérons que cela ne sera pas long.

•c Salut et fraternité.

« Signé : Imbault.

a Au citoyen Prieur ^ aux Jacobins^ à Beauçals. »

Plus tard quand on voulut faire le dénombrement des bouteilles^ on trouva un déficit assez important. Prieur s'empressa d'écrire alors aux membres du district de Beauvais.

c BeanTftifl, 6 frimaira troitième année de la République.

If Fraire et amy,

« Daprais l'ordre du citoyen Rigost agent national et le Comité de surveillance et le citoyen Girard agent national a qui j'ay rendu conte de la distribution de Vo-de-i^ie de ché Titon de Vilotran lors de l'arrivée de set o-de-çie il s*et trouvé par le transport plusieurs bouteille qui ont fuy par les bouchons et trois de cassée; des prose t verbal constate set fait. Je vous prie de me dire ce que je feré de 20 bouteille qui ont servie à remplir les autre qui sont vide; maintenant je vous invite à mescrire un mot sur ce que je doit ûdre à ce sujet.

« Salue et fraternité^ courage^ énergie force et courage.

a Signé : Prieur.

c Nota : Le montant des o-de-çie a été versé chez le citoyen Guédon. »

<r j4u citoyen sans-culotte composant le district

à Beaui^ais. »

Mais cette explication ne parut pas autrement sincère^ et Prieur fut hautement soupçonné d'avoir pré* levé une part beaucoup trop grande sur le liquide en question.

Sa probité, du reste, n'était pas à toute épreuve ; on l'accusa aussi d'avoir abusé d'une perquisition qu'il avait &ite à Beauvais vers la fin du mois d'octobre 1793, dans une maison de la rue Saint-Jean, occupée par la famille Michel- Wallon. Cette perquisition avait eu pour objet surtout de rechercher M. Michel-Wallon fils. Quant à Mme Michel- Wallon mère et à sa fille, elles avaient été arrêtées et enfermées au couvent de Saint-François le 28 octobre, d'où elles furent conduites à Chantilly, le 20 décembre suivant.

Prieur se rendit, en sa qualité de membre du Conseil de surveillance, au domicile de Mme Michel- Wallon , y prit tout ce qui lui convint, puis, apprenant que dans une grange donnant sur la rue de

l'Écu-<lc-Fery et appartenant à la même dame^ on avait caché des objets de valeur, il s'y transporta avec deux de ses collègues et un maçon, et fît pratiquer des fouilles dont le procès-verbal daté du neuvième jour de la première décade du deuxième mois (30 octobre 1 793) rendit compte en ces termes :

<( Après avoir déplacé diflPérentes pièces de bois et notamment un pressoir à vinaigre, nous avons par le même maçon, fait creuser et fouiller la terre, et à quatre pieds de profondeur avons aperçu d'abord un plat d'argent qui aurait indiqué un dépôt ; creusant plus profondément nous avons découvert un amas d'argenterie enveloppée par pièce dans des morceaux de' linge pourri, ce qui nous fit présumer qu'il y avait déjà un certain espace de temps que ces objets étaient enterrés.

« En conséquence, nous avons fait tirer et extraire les différentes pièces d'argenterie trouvées et que nous avons déposées dans une corbeille que nous a prêtée le citoyen Cantrel, un des proches voisins présents à la fouille, et ne s'étant plus rien trouvé dans le trou, nous avons fait porter les dits effets dans le lieu des séances de la municipalité, etc., etc.

« Signé : Pbieub^ Legraud, Girard. »

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Mais ce que ce procès-verbal ne dit pas et ce qui fut plus tard établi^ c'est que Prieur s'appropria bien des ciioses. Du reste il procéda de même chez M. LecuyerMival^ autre détenu de Chantilly^ et dans le château de Troissereux où il s'empara d'une forte quantité de vin et de poisson.

Ces &its motivèrent contre lui une instruction judiciaire qui se termina par un renvoi devant le jury criminel sous Taccusation d'avoir appliqué à son profit partie de l'eau-de-vie trouvée chez M. Titon, et d'avoir dilapida dans la mabon Wallon sous prétexte d'y remplir une mission.

Prieur était accusé en outre d'avoir : a attenté à « la liberté individuelle de plusieurs citoyens ; d'aft voir commis des actes de barbarie et de cruauté^ « soit envers les détenus^ soit envers leurs domes- « tiques ou représentants; d'avoir menacé d'incen- « dier la maison du citoyen Lecuyer'Mival et d'avoir a tenu des propos sales et grossiers aux citoyens déc tenus en la maison de surveillance. »

L'acte d'accusation ajoutait que Prieur avait « mea nacé de couper 300 têtes à Beauvais^ et avait dit « qu'il nourrissait ses chiens de chair de prêtres et fc de nobles^ et que^ pour qu'ils ne se dégoûtassent ce pas^ il leur donnait de la chair de prêtres et de la fc chair de nobles alternativement. »

Convaincu de culpabilité par le jury^ sur les faits d'arrestations arbitraires , Prieur Fandouilte fiit con* damné le 29 fructidor an m (17 août 1794) à six ans de géne^. Mais ce jugement fut annulé pour vice de forme par la Convention, le 22 vendémiaire an IV, et Fex-perruquier - charcutier n'encourut ainsi que la réprobation des honnêtes gens.

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