Description du déportemeru de tOise^ t. ii, p
dor an XI (l*"" septembre 1803) un arrêté du préfet de l'Oise nomma le sieur Godde à l'effet d'estimer les dégradations commises au château de Chantilly par Boulée et Damoye. Un second arrêté, en date du 22 prairial an XII (11 juin 1804) confia au même expert le soin de déterminer la valeur du petit château et des restes de l'ancien. Le 6 frimaire suivant, Godde déposa son rapport par lequel il portait à cinquante-cinq mille quatre cents francs les dégradations comn^ises par les adjudicataires. Ce rapport fut homologué le 1*' pluviôse an XIII; Boulée et Damoye furent déclarés déchus du bénéfice de leur adjudication, et des ordres furent transmis au directeur des domaines pour prendre les mesures nécessaires à à l'effet de faire rentrer au gouvernement les cinquante-cinq mille quatre cents francs dont il vient d'être parlé.
A partir de ce moment, le petit château, les bâtiments connus sous le nom de château d'Enghein et leurs dépendances rentrèrent dans le domaine de l'État. Quant au grand château il n'en restait plus que les fondations telles qu'on les voit encore aujourd'hui. Il ne devait pas survivre à la révolution qui en avait fait un séjour d'amertume et de douleur. Inutile d'ajouter qu'en 1815, après les désastres de la France, le prince de Condé revint à Chantilly et qu'il fut remis en possession du foyer de ses pères;
mais quantum mutatus ab illo /. . . Le jour où le czar Alexandre alla visiter Chantilly^ la pluie pénétrait à travers la galerie du petit château; il Êdlut apporter des parapluies ^
En 1 832^ le domaine de Chantilly devint la pro« priété du duc d'Aumale^ le digne héritier des Condé^ et jamais prince ne fut mieux placé que lui pour rendre à ce domaine son antique splendeur; seulement les événements politiques mirent un obstacle insurmontable aux projets qu'il avait pu rêver à cet égard ; mais aujourd'hui que^ grâce à Dieu^ un douloureux exil a cessée les beaux jours de Chantilly vont pouvoir renaître.