‹ Le chateau de la Chevrette et madame d'EpinayChapitre 5 sur 30 · S2 LE CHATEAU DE LA CHEVRETTE · texte numérisé non relu

S2 LE CHATEAU DE LA CHEVRETTE

aussi les notes triomphantes, dans la Gazette (1) :

Le 24 août 1647, — Hier, le sieur d'Hémery, surintendant des finances, eut Thonneur de recevoir le Roi en sa maison de la Chevrette, où il donna à dîner à toute la cour, avec sa magnificence ordinaire.

Le 11 septembre 1647 [même journal (2)], Leurs Majestés, accompag^nées de Mademoiselle et d'autres princesses et grands de la cour, allèrent diner à la Chevrette, en la maison du sieur d'Hémery, où elles furent splendidement traitées.

Entre temps, une note de d'Ormesson (3) :

• Le soir [17 février 1648], j'appris de M. Pichotel que M. Cenamy lui avait dit que le père de M. d'Hémery était d'auprès de Lucques, et qu'il avait pris le nom de son village, qui s'appelle Particelle, et que la république de Lucques l'avait fait, depuis sa surintendance, {gentilhomme lucquois; qu'il obligerait M. le Cardinal à faire la paix, et puis prendrait sa place, ayant plus de conduite que lui...

Nous avons la nouvelle de sa disgrâce, sous la date du 9 juillet 1648, dans le Journal de Dubuis' son-Aubenay (4) :

Congé est donné, sur les onze heures, par M. Le Tellier, secrétaire d'État, envoyé au surintendant des finances, le sieur d'Hémery, et lui est ordonné de s'en aller sur-le-champ à sa maison de la Chevrette sous

(1) Recueil des Gazettes nouvelles ^ ordinaires et extraordi^ naires, Paris, 1647, in-4«, p. 732.

(2) Ibid., p. 792.

(3) Journal, I, 447.

(4) Gustave Saige, Journal des guerres civiles de Dubuisson» iu6enax (1648-1652), Paris, 1883-1885, 2 vol. in-8% I, 34.

Et MADAME D'ÊPINAt " 23

Saint-Denis, pour y faire son paquet, et de se retirer en son autre maison de Ghâteauneuf, à côté de la Loire et de la forêt d'Orléans, qu'il a par en^gement du Roi, en la place de la duchesse d'Aiguillon. Il est aussi ordonné à ses commis de se retirer, chacun en quelque lieu désigné (1).

Mais les gens d'affaires désirent vivement son rappel; il promet beaucoup d'argent :

[3 décembre 1648 (2).] Bruit que le sieur d'Hémery, ci-devant surintendant des finances, a permission de venir demeurer à la Chevrette, sienne maison près de Deuil, deux lieues de Paris.

Un des passages précités touche à Torigine de d'Hémery : Lucquois? Siennois? — On ne sut trop le démêler. Fils d'un pauvre paysan qui vint commercera Lyon, disent les uns; noble homme, disent les autres. Le point fut encore débattu en 1694; les commissaires chargés de le trancher^ à propos de la réception de son petit-fils dans Tordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, achevèrent de se convaincre en un sens favorable, par une visite qu'ils firent à l'église des Pères Minimes de la place Royale et à celle de Saint-Eustache. On leur y montra les armes de Particelli, peintes aux vitres de deux chapelles, et, à Saint-Eustache, où il était inhumé, une épitaphe constatant qu'une messe quotidienne avait été fondée « pour le

(1) Sur sa disgrâce^ Mme de Mottevîlle a des lignes amusantes, où elle le traite de « gros pourceau spirituel et vicieux ». (II, 85.)

(2) Journal des guerres civiles, J« Itti*

Page 1