‹ Le château de la MuetteChapitre 101 sur 181 · Mémoires de Luynes, XI, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Luynes, XI, p

LE UÈGNE DE LA POMPADOUR

A gauche du salon, est le cabinet d’assemblée, derrière lequel est un autre cabinet, donnant sur le jardin. Le cabinet d’assemblée est meublé d’une tapisserie de gros de Tours blanc, sur lequel on a peint à l’huile des fleurs qui font un effet admirable. Les portières et les rideaux de fenêtres, sont assortis à ce meuble; il ne manquerait rien à sa perfection, si toutes les couleurs étaient du même ton, mais cette parfaite égalité est fort difficile. Il n’y eut point de jeux, avant le souper ni après. Le Roi se mit à table, dans la salle à manger, avant dix heures. Les princes du sang qui avaient accompagné le Roi jusqu’à la Muette, s’en allèrent immédiatement après. M. le prince des Bombes et 31. le duc de Penthiëvre ne vinrent point à la Muette. Le Roi, la Reine, M. le Dauphin et 31esdames occupaient en entier l’un des grands cotés de la table; les cinq princesses du sang ensuite, suivant leur rang; Mme de Luynes et 31me de Villars ensuite à droite et à gauche. Il y avait vingt dames, sans compter la Reine et Mesdames.

« Dans le second salon, comme j’ai dit, il y avait une table de trente couverts. On avait cru d’abord qu’elle était pour les dames. Comme il y avait beaucoup de places de vacantes, M. de Gontaut vint, qui se mit à cette table, et il fit fort bien, car elle était pour les hommes et pour les femmes. Mme de Montauban, qui avait la migraine, ne voulut point se mettre à cette table; elle et Mme de Flavacourt vinrent se mettre à la nôtre, où nous n’étions, en les comptant, que vingt et un. Outre ces trois tables, il y en avait deux, chez 31. le Premier; elles furent servies, toutes les cinq en même temps, avec beaucoup d’ordre et de promptitude. Il y avait encore une table, pour

GHAPITIIE V.

les officiers des gardes du corps. Tous les soupers furent finis avant minuit.

(( 18 septembre 1731. En arrivant de la Muette, j’ai l'honneur de vous rendre compte qu’il y a des préparatifs prodigieux, le Roy ayant demandé une table de quarantecinq couverts, pour y être trente étant à Taise, deux autres de trente et une de quinze, sans les tables des officiers, des gardes du corps et des pages, de façon qu’il nous a fallu mettre en ordre ces tables, de plus faire des paillasses et réchauffoirs... et faire des feux d’enfer qui, dès ce soir, étaient bien allumés. »

Au mois de février 1753, le Roi s’avisa que la Muette était trop petite et il résolut de la faire reconstruire, dans des proportions plus vastes et plus régulières, la façade tournée vers le pavillon de Bellevue, qui appartenait à la Pompadour. « Le Roi, dit d’ArgensoiiL a ordonné de nouveaux bâtiments, à Choisy et à la Muette; M. de Machault a dit qu’il ne savait plus où prendre de l’argent; Sa Majesté lui a répondu qu’il fallait lui en trouver et a tourné le dos. Il s’agissait de faire abattre le château de la Muette, pour en construire un nouveau et beaucoup plus grand, leauel doit regarder Rellevue et S3^métriser absolument; quelle folie! »... « T^e bâtiment de la Muette coûtera deux millions. Le Roi veut y pouvoir loger sa famille, quand il y va. Cette paternité, cette bonté du Roi pour les siens, dit d’Argenson, cause des dépenses excessives, car la facilité le livre à toutes les dépenses qu’on lui suggère : voilà comment les vertus se

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