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Boularic, Correspondance secrète, t. I

LE RÈGNE DE LA POMPADOUR

pas beau temps pour son voyage ». Dufort de Gheverny fait un autre récit : « Le Roi prend Champfort (son premier valet de chambre) par le bras, arrive à la porte du cabinet donnant sur le balcon, lui fait fermer la porte et se met avec lui sur le balcon. Il garde un silence religieux, voit le convoi enfiler l’avenue, le suit des yeux jusqu’à ce qu’il perde tout l’enterrement des yeux, malgré le mauvais temps et l’injure de l’air où il avait paru insensible, rentre dans l’appartement : deux grosses larmes coulaient encore, le long de ses joues et il ne dit à Champfort que ce peu de paroles : « Voilà les seuls devoirs que j’ai pu lui rendre. »

Mme de Latour-Franqueville , témoin peu suspect, écrivait, le 6 mai, à J. -J. Rousseau: « Le temps a été si affreux que Mme de Pompadour en a dû avoir moins de peine à quitter la vie. Elle a prouvé, dans ses derniers moments, que son âme était un composé de force et de faiblesse.... Je ne suis pas surpris, delà voir aussi généralement regrettée qu’elle a été généralement méprisée ou haïe. Les Français sont les premiers hommes du monde, pour tout; il est tout simple qu’ils le soient pour l’inconséquence. »

Le capucin qui, au moment de l’inhumation, prononça l’oraison funèbre, s’en tira spirituellement : « Je reçois le corps de très haute et très puissante dame, la marquise de Pompadour, dame du palais de la Reine; elle était à l’école de toutes les vertus : car la Reine, modèle de bonté, de piété, de modestie et d’indulgence.... »

On fit à la Pompadour des épitaphes satiriques; le public supputa les millions dont héritait son frère, qu’elle

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