‹ Le château de la MuetteChapitre 106 sur 181 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Aucun document n’indique ce qui a pu se passer, à la Muette, pendant les dernières années du règne de Mme de Pompadour.

La honteuse paix de 1763 déchaîna, contre la favorite, une exaspération générale. Accablée du mépris public, rongée d’ennuis et de soucis, elle tomba dans une maladie de langueur qui l’emporta en quelques semaines. Elle mourut, le 15 avril 1764, à l’age de quarante-deux ans. Elle avait su conserver, jusqu’à son dernier jour, sa fortune et son empire sur le Uoi; elle s’éteignit, à Versailles, dans le château même où l’étiquette voulait qu’on ne laissât mourir que les Princes b Le général de Fontenay, ambassadeur du roi de Pologne, a laissé le récit des derniers moments de la favorite : « Cette dame n’a pas eu le plus petit mouvement d’humeur ou d’impatience, pendant sa maladie. Deux heures avant d’expirer, ses femmes de chambre voulurent la changer; elle leur dit : Je sais que vous êtes très adroites, mais je suis si faible que vous ne pourriez vous empêcher de me faire souffrir et ce n’est pas la peine pour le peu de temps qui me reste à vivre. Elle dicta à son intendant un écrit de quatre pages, qu’on dit très bien conçu; s’apercevant du trouble avec lequel il écrivait, elle l’exhorta à ne point s'affliger. »

Suivant les uns, Louis XV se montra plus soulagé qu’affligé, par la disparition de celle qui l’avait si complètement dominé et, voyant de sa fenêtre passer le cercueil que l’on transportait à Paris, comme il faisait un temps affreux, il aurait dit ces seuls mots : c< La Marquise n’aura

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