CHAPITRE VII
On voitS qu’en cette année 1782, il a été dépensé, en dehors des dépenses ordinaires et de celles des gages du personnel, une somme de 264 298 livres. En 1784, autre dépense extraordinaire de 241418 livres, à la suite de la lettre adressée par la Duchesse de Polignac à M. le Comte d’Angiviller, au sujet de la future habitation du Dauphin à la Muette ^
La fin de l’année 1783 fut marquée par un événement mémorable. A cette époque, les montgolfières, appelées aussi globes aérostatiques, à cause de leur forme sphérique, ne se composaient que d’une enveloppe de toile doublée de papier. A la partie inférieure, se trouvait l’ouverture surmontant un réchaud à feu de paille qui fournissait Tair chaud.
Après quelques expériences heureuses, mais toujours avec un ballon captif ou non monté, le marquis d’Arlandes et le physicien Pilâtre de Rozier décidèrent d’en faire une plus sérieuse, qui eut lieu dans les jardins de la Muette, sous les yeux de Franklin qui habitait alors Passy. C’était la première ascension d’un ballon libre et monté, qui consacra définitivement le succès de la nouvelle invention : il est aisé d’imaginer à quel point les esprits, à la Cour et dans le public, étaient en suspens, et avec quelle ardeur ils attendaient le résultat de l’expérience. L’aérostat, construit sous la surveillance de Montgolfier, chez le fabricant de papiers peints Réveillon^, au faubourg Saint-Antoine, fut transporté, le 19 novembre 1783, au château. Le 21,