Archives nationales
2. Dont la maison fut pillée, trois mois avant la prise de la Bastille, le 28 avril, par une foule qui l’accusait d’être hostile aux réformes.
LOUIS XVI ET MARIE-ANTOINETTE
deux jours après, tout étant prêt, les deux ascensionnistes s’élevèrent. « J’étais surpris, écrivit d’Arlandes à son ami Faujas de Saint-Fond, du silence et du peu de mouvement que notre départ avait occasionnés sur les spectateurs; je crus qu’étonnés et peut-être effrayés de ce nouveau spectacle, ils avaient besoin d’être rassurés. Ayant tiré mon mouchoir, je l’agitai et je m’aperçus alors d’un grand mouvement dans le jardin de la Muette.... C’est dans ce moment que M. Pilâtre me dit : « Vous ne faites rien, et « nous ne montons guère ». « Pardon », lui dis-je. Je mis une botte de paille, je remuai un peu le feu et je me retournai bien vite; mais je ne pus retrouver la Muette. Étonné, je jette un regard sur le cours de la rivière, je la suis de l’œil, enfin j’aperçois le confluent de l’Oise. Voilà donc Conflans ! Et nommant les autres principaux coudes de la rivière, je dis : Poissy, Saint-Germain, Saint-Denis, Sèvres! Donc je suis encore à Passy ou à Chaillot! En effet, je regardai par l’intérieur de la machine, et j’aperçus sous moi la Visitation de Chaillot. M. Pilâtre me dit, en ce moment : « Voilà la rivière et nous baissons ». « Eh c( bien, mon cher ami, du feu! » Et nous travaillâmes. Mais au lieu de traverser la rivière, comme semblait l’indiquer la direction qui nous portait sur les Invalides, nous longeâmes l’île des Cygnes, rentrâmes sur le lit principal de la rivière, et nous la remontâmes jusqu’au-dessus de la barrière de la Conférence ^ »
Après cette ascension un peu mouvementée, les deux vo}^ageurs mirent pied à terre, à la Butte aux Cailles, près
1. Faujas de Saint Fond. Description des expériences de la machine aéroslatique de MM. Montgoljier. Paris, 1784; t. II, p. 24.