‹ Le château de la MuetteChapitre 142 sur 181 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

maison dépendant du domaine national et qu’il était naturel qu’une servante de Cour, une amie d’Antoinette, à qui le comte d’Artois avait donné la main, fut aussi une contre-révolutionnaire, qu’on voyait, en effet, dans une partie de ses correspondances, son attachement bien prononcé pour la royauté. Comme conclusion, le tribunal la condamnait à la peine de mort et à la confiscation de tous ses biens. La sentence était à peine rendue que Mme Filleul et Mme Chalgrin furent conduites à la fatale charrette, qui se dirigea vers la barrière du Trône, où la guillotine était en permanence, et le couteau trancha la tête des deux charmantes amies. Trois jours de plus et elles auraient été sauvées !

Ce fut le 2 juillet 1792, que la Muette fut définitivement mise en adjudication devant le directoire du district de l’arrondissement de Saint-Denis L Le premier lot comprenait : 1® le château, qui, d’après le cahier des charges, était élevé d’un rez-de-chaussée au-dessus de l’étage souterrain, dans lequel se trouvaient les cuisines et offices, d’un premier étage carré et d’un second étage en mansarde ; 2° un autre corps de bâtiment, à droite, comprenant les petits appartements; 3° un grand parc clos de murs, de terrasse et saut de loup et de grilles avec fossés extérieurs au long de la terrasse. Le tout était estimé 390 000 livres « eu égard à sa situation, à la proximité de la capitale et du bois de Boulogne, au nombre, à la beauté, à la bonne construction des bâtiments, à la décoration intérieure des lambris, chambranles, parquets, etc. ». L’adjudication fut

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