‹ Le château de la MuetteChapitre 17 sur 181 · Mémoires de Richelieu^ I, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Richelieu^ I, p

CHARLES IX ET MARGUERITE DE VALOIS

et les vertus royales qui étaient en elle, qu’elle n’en n’était point en mépris. Vraie héritière de la maison de Valois, elle ne fît jamais don à personne sans s’excuser de donner si peu et le présent ne fut jamais si grand qu’il ne lui restât un désir de donner davantage, et il semblait quelquefois qu’elle départît ses libéralités sans beaucoup de discernement: c’était qu’elle aimait mieux donner à une personne indigne que manquer de donner à quelqu’un qui l’ait mérité. Elle était le refuge des hommes de lettres, aimait à les entendre parler... Enfin, comme la charité est la reine des vertus, cette grande reine couronnait les siennes par celle de l’aumône qu’elle départit si abondamment à tous les nécessiteux qu’il n’y avait maison religieuse dans Paris qui ne s’en sentit, ni pauvre qui eut recours à elle sans en tirer assistance. Aussi Dieu récompensa avec usure, par sa miséricorde, celle qu’elle exerçait envers les siens, lui donnant la grâce de faire une fin si chrétienne que, si elle eut sujet de porter envie à d’autres durant sa vie, on en eut davantage de lui en porter, à sa mort. ))

Page 1