CHAPITRE I
qu’elle parût au sacre de Marie deMédicis, le i3 mai 1610. 11 était temps que cette cérémonie, à laquelle Henri avait consenti bien à contre-cœur, eût enfin lieu, car, le lendemain même, le crime de Ravaillac privait la France d’un de ses plus glorieux souverains.
Marguerite survécut cinq années à Henri IV ; elle mourut à Paris, le 27 avril 1613. Elle avait fait construire un grand couvent, sur un terrain détaché de son parc et ses derniers moments furent plus édifiants que le reste de sa vie. On ne peut cependant s’empêcher de trouver fort extraordinaire l’oraison funèbre qui fut alors prononcée : « Qu’il me soit permis d’espendre sur son tombeau les fleurs que les Muses, par mes mains, lui présentent, d’offrir des lys à sa pureté, des roses à sa vertu, l’ombrager de palmes, le couvrir de lauriers, que le seul parterre de ses vertus me fournira avec plus d’abondance que ne feront toutes les princesses des siècles passés. »
Le cardinal de Richelieu, sans aller aussi loin dans l’éloge, a fait ressortir les nobles qualités de la dernière des Valois^ : « Elle se vit la plus grande princesse de son temps, fille, sœur et femme de grands rois et, nonobstant cet avantage, elle fut depuis le jouet de la fortune, le mépris des peuples qui lui devaient être soumis et vit une autre tenir la place qui lui était destinée.... Ses trois frères meurent l’un après l’autre, son mari succède à la couronne, mais, comme elle n’a point de part en son amitié, il ne lui en donne point en son bonheur.... L’abaissement de sa condition était si relevé par la bonté