De Sourches, Journal, I
DE LOUIS XIII A LA RÉGENCE
éviter toute nouvelle saisie, puis, en 1686, il facilita le rachat de l’hotel du faubourg Saint-Antoine, où Mme de Beauvais se réinstalla avec son fils.
Louis de Beauvais mourut assez jeune; il avait eu une première attaque d’apoplexie en 1691, il fit alors son testament : « Je remercie la bonté divine de m’avoir fait élever, par mes père et mère, dans la Cour, auprès de la plus grande Heine qui ait jamais été.... J’ai cru que je ne pouvais pas mieux faire que de suivre le testament de ma mère, après l’avertissement que Dieu a eu la bonté de me donner, à mon attaque d’apoplexie, le 22 juillet 1691, étant une mère que j’ai, toute ma vie, chérie et aimée et qui a demandé, sur la fin de ses jours, pardon à Dieu de toutes ses fautes et à qui j’ai remarqué un grand déplaisir de l’avoir offensé. »
Il mourut, à la Muette, le 11 août 1697, à la suite d’une longue journée de chasse, et fut enterré à Gentilly. Le Roi, dit Saint-Simon, exprima son regret de cette perte.
A la mort de Beauvais, Louis XIV, par un édit du 13 août 1691, chargea Catelan d’avoir soin de la capitainerie « en attendant que la veuve ait vendu la charge ou que le fils soit en âge de l’exercer^ ». En fait, Catelan finit par s’en rendre acquéreur, le 17 janvier 1698, au prix de
1 . Le fils de Beauvais avait eu la capitainerie de Grenelle, Montrouge, etc., mais le Roi l’en avait fait défaire en faveur de Bonlcmps, par une noire malice de Benoist, contrôleur de la bouche, gros brutal, fils d’un cuisinier de Louis XIII qui s’était rendu familier avec le Roi par son assiduité et son attention à ses mets. Il traita fort mal le petit Beauvais sur du gibier, assez mal à propos, qui se rébéqua. Benoist fit languir le gibier, vanta les autres capitaines des chasses qui en envoyaient de bonne heure en quantité, se plaignit qu’il n’en pouvait tirer de celui-ci, l’accusa de le vendre et fit si bien que le Roi se mit en colère et qu’il le perdit {Saint-Simon, IX, 31).