CHAPITRE IL
cent cinquante mille livres et le Roi lui donna un breve t de retenue de cent mille livres. La veuve de Beauvais ne mourut que le 13 février 1733.
Théophile Catelan, seigneur de Sablonnières, appartenait à une famille de traitants aussi riche que décriée, qui se fît faire une fausse généalogie bretonne, dans le Mercure d’août 1706. Par sa mère, il tenait à Mme de Saint-Simon. Son père, qui remplissait les fonctions de secrétaire du conseil, mourut en 1666. Les Mazarinades le représentent comme « une engeance venue de Dauphiné après avoir été laquais. Ce fut une des victimes de la Chambre de justice, en 1662 et 1663, comme intéressé en diverses affaires de gages d’officiers, dont les dossiers se trouvèrent raturés ou surchargés de sa main. » M. de Jonzac, dont le fils épousa une fille de Catelan, écrivait à Colbert cette variante du mot de Mme de Sévigné, à propos de M. de Grignan : « On ne fait ces mariages-là que pour mieux servir le Roi ».
Catelan avait épousé, en 1673, Geneviève Le Coigneux, veuve du président de Thoré. Une partie du bois de Boulogne porte le nom de Pré Catelan, en son souvenir et non, comme on l’a dit, en celui d’un troubadour, qui aurait été assassiné en ce lieu. C’était, paraît-il, un habile chasseur. Dangeau note, à la date du 27 mars 1703 : c( Le Roi loua fort Catelan, disant qu’il n’y avait jamais eu tant de gibier ».
Catelan mourut, le 24 juillet 1721, ayant, dès 1705, cédé sa charge à Joseph-Jean-Baptiste Fleuriau d’Armenonville.
Le nouveau gouverneur appartenait à une famille de Touraine, enrichie dans le commerce. Son père, venu à
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DE LOUIS XIII A LA RÉGENCE. 45
Paris en 1634, avait épousé la fille du président Lambert de Thorigny.
En 1701 « Chamillart ne pouvant, dit Saint-Simon*, suffire au travail des finances et à celui de la guerre, à la fois, eut l’idée de se faire soulager et, pour y réussir, il en fit une affaire de finances, qui valut au Roi un million cinquante mille livres d’argent comptant. Pour cela, on fit deux charges nouvelles, qu’on appela c< directeurs des finances », qui payèrent huit cent mille livres chacune et eurent quatre-vingt mille livres de rente », l’une d’elles fut donnée à Armenonville. C’était, au dire de Saint-Simon, « un homme léger, gracieux, respectueux, quoique familier, toujours ouvert, toujours accessible, qu’on voyait peiné d’être obligé de refuser et ravi de pouvoir accorder, aimant le monde, la dépense et surtout la bonne compagnie, qui était toujours nombreuse chez lui. Il était frère de la femme de Pelletier, le ministre d’Etat, et il avait, auprès du Roi le crédit des jésuites, à cause du P. Fleuriau, son frère, qui l’était. »
Saint-Simon et Dangeau racontent que, le 6 septembre 1707, « Mme la duchesse de Bourgogne, fit avec M. le duc de Bourgogne et beaucoup de dames, une grande cavalcade au bois de Boulogne, où il se trouva une infinité de carrosses de Paris, pour la voir. A la nuit, elle mit pied à terre à la Muette. » Le Mercure de France raconte comme il suit la fête qui eut lieu : « M. d’ Armenonville ayant fait de grands embellissements au bois de Boulogne, depuis qu’il en est capitaine et ayant aussi rendu le château de la Muette, qui lui sert de logement en cette qua-