‹ Le château de la MuetteChapitre 39 sur 181 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

teau de la Muette, et une pension de douze mille livres ^ Ce n’en était pas moins une disgrâce : Armenonville fut privé de son entrée au conseil des finances et le Roi refusa de le nommer conseiller ordinaire^, lors de la vacance qui se produisit peu après. c< Ce pauvre homme, si entêté du monde et de la Cour vit disparaître, en un moment, celle qui remplissait ses antichambres, congédia ses bureaux et nettoya son cabinet des papiers de finances, pour y faire place aux factums des plaideurs. Tout étourdi qu’il fut de sa disgrâce, il la supporta en galant homme et il fut regretté. »

En 1716, grâce à l’influence de Saint-Simon auprès du Régent, Armenonville fut nommé Secrétaire d’Etat des Affaires étrangères. C’était « une carcasse inanimée de charge, mais qui pouvait se relever et passer à son fils ». Il dut payer quatre cent mille livres à Voysin « qui fut enragé encore, parce qu’il avait trouvé à la vendre le double. C’était, d'ailleurs, une sinécure, à laquelle n’était attachée aucune sorte de fonction ^ Cette affaire fit naître une ridicule prétention. Armenonville était si avancé dans le conseil qu’il touchait presque au décanat, ce qui emporte honneur et profit. 11 était d’âge et de santé d’en jouir longtemps et ce n’était pas l’intérêt de ceux qui avaient envie d’y parvenir. Les anciens conseillers d’Etat imaginèrent une incompatibilité dans les deux places dont il était revêtu et

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