CHAPITRE III
la plaine de Saint-Denis, avec beaucoup de simplicité et fut reçu de même dans l’église de l’abbaye K
« On ne put trouver aucun prélat qui voulût officier, ni même assister à ses funérailles. .\Ime la duchesse d’Orléans, à qui on ne disait pas grand’chose et qui ne devinait pas le reste, trouva fort mauvais et fort indécent qu’on ne se fût pas conformé à l’usage et qu’on n’eùt pas fait proférer une oraison funèbre, mais le Régent qui n’ignorait de rien, n’avait pas cette prétention-là pour sa fille et il se trouva bien heureux que les moines de Saint-Denis ne lui avaient pas refusé l’entrée du caveau royal-. »
c< De cette mort, M. le duc d’Orléans fut seul touché ^ Quelques perdants s’affligèrent, mais qui d’entre eux eut de quoi subsister ne parut pas même regretter sa perte. » Nulla cujusdam misericordia, quia flagiiiorum deformitas prœvalebat, a dit Tacite en parlant de la mort de Messaline.
1. Lettre de Louis XV au prieur et aux religieux de Saint-Denis :
« Chers et bien amés, Dieu ayant disposé de notre très chère et très aimée tante, la duchesse de Berry, notre intention est que son corps soit inhumé dans l’église de l’abbaye royale de Saint-Denis en France et vous mandons de l’avis de notre très cher et très aîné oncle le duc d’Orléans, régent, de la recevoir avec les marques d’honneur et de piété accoutumées en pareille occasion et d’ouvrir le tombeau où reposent les princes de notre sang de la branche de Bourbon pour y être inhumée, le jour que nous avons destiné pour faire célébrer le service solennel que nous voulons être fait dans votre église, pour le repos de son âme le jour que le grand maître ou le maître des cérémonies vous dira plus particulièrement de notre part. Si n’y faites faute, car tel est notre plaisir. Donné à Paris, le 22 juillet 1719. »