Buvat, Journal de la Régence, I, p
LA DUCHESSE DE BERRY
redoublèrent, au point que j’eus peur qu’il ne suffoquât. Je le suppliai de s’en retourner à Paris; à la fin, il se rendit et s’en alla.
« Sur les cinq heures du matin, c’est-à-dire cinq heures après la mort, La Vrillière arriva, à la Muette, où il mit le scellé^ en présence de Mme de Saint Simon. Dès que cela fut fait, elle monta dans son carrosse avec lui et s’en allèrent en faire autant à Meudon, puis au Luxembourg, après quoi Mme de Saint-Simon revint à la Muette, où une plus cruelle nuit l’attendait, par l’horreur de ses fonctions, à l’ouverture du corps.
« Le corps fut déposé ensuite dans la chapelle de la Muette, sans être gardé, où les messes basses furent continuelles, tous les matins.
« Je m’établis à Passy, chez M. de Lauzun, pour être plus près de la Muette ... Il ne se trouva pas de testament et Mme la duchesse de Berry ne donna rien à personne : elle jouissait de sept cent mille livres de rente, sans ce que, depuis la Régence, elle tirait de M. le duc d’Orléans.
« Le soir du samedi 22, l’abbé de Gastries porta le cœur au Val-de-Grâce. Le dimanche 23 juillet, sur les dix heures du soir, le corps de Mme la duchesse de Berry fut mis dans un carrosse, dont les huit chevaux étaient caparaçonnés. Il n’y eut aucune tenture à la Muette. L’abbé de Gastries et les prêtres suivaient, dans un autre carrosse et les dames de Mme la duchesse de Berry, dans un autre. Il n’y eut qu’une quarantaine de flambeaux portés par des pages et des gardes. Le convoi passa par le bois de Boulogne et
1. Le procès-verbal d’apposition des scellés a été publié par Buvat, Journal de la Régence^ vol. I, p. 415.